Le Maître-du-Jouir. Suivi de Gauguin dans son dernier décor
Segalen Victor ; Lebrun Adélaïde ; Camelin Colette
2, 3 CHOSES
17,00 €
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EAN :9782493820006
A l'image de son héros, Le Maître-du-Jouir est un livre inclassable dont la beauté sauvage et la modernité stupéfient. Le Maître-du-Jouir, c'est Paul Gauguin. Un Gauguin légendaire, réinventé par Segalen qui nous conte l'aventure géographique et spirituelle de ce superbe "hors-la-loi" fuyant une Europe exsangue, venu chercher en Polynésie un paradis terrestre aux couleurs primitives. Le Maître veut sauver la race maorie et ressusciter les anciens dieux. Sa quête hallucinée dans l'île de Möuna-Roa, terre du Grand-Jouir, se heurte bientôt à l'hostilité de l'administration coloniale... Le narrateur, de plus en plus fasciné, enquêtant dans le dernier décor de son héros, va tenter de reconstituer son épopée en côtoyant ceux qui l'ont bien connu comme le fidèle Tioka ou Sara la belle vahiné, qui ne le laisse pas indifférent. Mais qui était vraiment le Maître-du-Jouir ? Plongée dans la moiteur des tropiques et les ténèbres d'une âme tourmentée, ce roman inachevé de Victor Segalen (1878-1919), publié pour la première fois dans un volume accessible, est ici préfacé et annoté par Colette Camelin, professeur émérite de littérature française à l'université de Poitiers et illustré par Adélaïde Lebrun. Un cahier intérieur inclut des reproductions couleurs des oeuvres de Paul Gauguin.
Nombre de pages
149
Date de parution
25/07/2022
Poids
204g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782493820006
Titre
Le Maître-du-Jouir. Suivi de Gauguin dans son dernier décor
Auteur
Segalen Victor ; Lebrun Adélaïde ; Camelin Colette
Editeur
2, 3 CHOSES
Largeur
120
Poids
204
Date de parution
20220725
Nombre de pages
149,00 €
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De même que, dans Stèles, Victor Segalen décrivait des stèles imaginaires, Peintures invente des peintures chinoises, "de longues et sombres peintures soyeuses, chargées de suie et couleur du temps des premiers âges"."Laissez-vous donc surprendre par ceci qui n'est pas un livre, mais un dit, un appel, une évocation, un spectacle. Et vous conviendrez bientôt que voir, comme il en est question ici, c'est participer au geste dessinant du Peintre ; c'est se mouvoir dans l'espace dépeint ; c'est assumer chacun des actes peints. Vous voilà devenus mes comparses, mes complices. Vous pouvez tout voir, désormais. Regardez donc : je déroule la première de ces Peintures, la Première Magique".
Toute sa vie, Segalen a douloureusement joué à s'inventer un secret. René Leys, c'est l'itinéraire de cette découverte. Dans un lieu clos, Pékin, deux êtres s'affrontent, se défient et finalement, se détruisent à coups d'images qui sont autant de mensonges. Mais la Chine qui est au bout de ce combat est plus vraie que la vraie Chine, celle faite seulement de briques, de tuiles et de poussière: elle est l'image que nous en portons et qui, passée au crible sans pitié de la réalité, seule demeure pourtant. Même si, solidement ancrée dans la terre et les odeurs, cette Chine-là est surtout une métaphore. Roman policier, roman exotique, roman d'apprentissage, René Leys est d'abord un roman initiatique: ce sont les mots et les signes qui créent nos royaumes. Et plus vertigineux sont les mensonges, plus somptueux les palais qu'ils ont élevés. René Leys, le héros de Segalen, a osé en franchir les douves; sa vie, sa mort ne comptent plus guère puisque les mots et les signes sont restés.
L'arrivée des Européens sur les rives de la Polynésie, à la fin du XVIIIème siècle, va précipiter l'anéantissement de la culture maorie. Une intense nostalgie conduit Victor Segalen, non à déplorer, mais à recréer la belle "société antique et forte", ses fêtes, son alliance heureuse avec la nature. Publié en 1907 sous un pseudonyme, ce livre est à la fois un roman exotique mais également une oeuvre de reconstitution très documentée.
1901â?¯: Pierre Loti, officier de marine et écrivain illustre, a rendez-vous avec son enfance au fond des forêts du Siam. Depuis toujours le hante la «â?¯mystérieuseâ?¯» Angkor, hérissée de «â?¯grandes tours étrangesâ?¯», Atlantide enfouie dans la touffeur de la jungle. L'image qu'il en vit jadis dans une revue illustrée l'obsède. Près de quarante ans plus tard, une mission officielle en Indochine lui permet de voir enfin l'ancienne capitale de l'Empire khmer. Une fascination mêlée d'effroi le prend devant ce songe de pierre peuplé de «â?¯dieux-fantômesâ?¯» et de chauves-souris. Rien ici n'est mesuréâ?¯: averses brutales et chaleur suffocante, gigantesques visages de pierre au sourire indéchiffrable gardant le temple du Bayon, serpents rampant dans la jungle comme le Naga sacré des bas-reliefs, racines géantes des «â?¯figuiers des ruinesâ?¯» semblables à des pieuvres étreignant la ville mais il en faut plus pour effaroucher Loti, Indiana Jones mélancolique qui aurait lu Chateaubriand. S'il se défie du tigre rôdant dans la jungle, il sait cependant qu'un prédateur plus féroce se tient aux aguetsâ?¯: le temps. Pierre Loti (1850-1923) l'affronte encore une fois dans ce superbe Pèlerin d'Angkor (1912), récit de voyage doublé d'une méditation sur la fugacité de la vie humaine et des civilisations, qu'éclaire la grâce des belles Apsaras, les nymphes célestes de la mythologie khmère.
Pour Maurice Leblanc (1864-1941), l'illustre père du très illustre Arsène Lupin - on ne présente plus son gentleman cambrioleur - le bonheur est une question de braquet. Paru en 1898, ce petit chef-d'oeuvre nous l'enseigne à grands coups de pédale. Deux couples parisiens férus de bicyclette, dont la mode fait fureur en cette fin de siècle, décident de faire un tour en Normandie et en Bretagne. A la faveur de l'été, ils délaissent donc les allées du Bois pour les routes de campagne. Entre deux tours de roue dans le Bocage, les voilà pris de vitesse par leurs sentiments. La petite reine gouverne leurs coeurs. Elle change en nymphes les jolies sportives, ouvre de nouveaux horizons à Pascal Fauvières, gentleman cycliste dévalisé par l'enthousiasme. Les beautés du paysage et les surprises de l'amour ponctuent ce roman buissonnier dont l'allégresse est la dernière étape. La bicyclette, moyen de transports amoureux, affranchit les corps mais aussi les âmes : voici des ailes. Et voici des anges, telle la tendre Madeleine qui déclare : " Nous n'avons plus le droit de faire attendre le bonheur. " N'attendons plus pour prendre sa roue dans ce texte enchanteur, illustré par Adélaïde Lebrun.
1839 : Léonie d'Aunet n'a que 19 ans et vogue sur l'océan arctique. Seule femme à bord de la corvette La Recherche, elle participe avec son futur mari, le peintre François-Auguste Biard, à une expédition scientifique au Spitzberg, la plus grande île de l'archipel du Svalbard. Sueurs froides et sensations fortes sont au rendez-vous. Intrépide et romantique, Léonie d'Aunet (1820 -1879) n'engendre pas la mélancolie. Son Voyage d'une femme au Spitzberg relate d'une plume alerte son périlleux voyage au-delà du cercle polaire. D'un salon mondain à une réunion de morses, de la description d'un tableau de Rembrandt à la menace d'un hivernage dans les glaces, elle nous fait sourire et trembler - pas seulement de froid. La traversée à cheval des marais de Laponie, la descente de fleuves finlandais impétueux et redoutables sont dignes d'un roman d'aventures. Dès sa parution en 1854, son récit fut un grand succès de librairie. Sa liaison avec Victor Hugo ajouta au frisson polaire un parfum de scandale, qui occulta trop longtemps son talent d'écrivain. Il éclate pourtant à chaque page de son Voyage, ici préfacé par Janicke Stensvaag Kaasa, enseignante à l'université d'Oslo et illustré par Jeb Brown.
Bourdeaux Jean ; Bourdeaux Dominique ; Brown Jeb ;
Le Marité a connu des paquets de mer et des tas d'aventures. Désormais amarré dans le port de Granville, le trois-mâts goélette fécampois ne fait pas ses cent ans. Dernier voilier terre-neuvier français, il nous conte ici sa traversée du siècle toutes voiles dehors. Des histoires de haute mer et une chasse au trésor: la pêche à la morue, l'or blanc des terre-neuvas. De 1924 à 1929, le Marité emmena ces marins usés par leurs terribles campagnes sur les Grands Bancs. Malgré les coups de barre du destin, le Marité a toujours gardé son cap. De Fécamp à Stockholm, du cabotage à la «grande pêche», il défia les icebergs, fendit les brouillards, affronta les tempêtes. Celles de l'histoire aussi: chargé de ravitailler l'Écosse et l'Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale, il brava les mines et les U-boots allemands. Il aurait sans doute fini rongé par la rouille à Tvöröyri, dans les îles Féroé si deux jeunes Suédois rêveurs au long cours ne l'y avaient déniché à la fin des années 70. Battant de nouveau pavillon français depuis 2004, il servit de plateau au magazine Thalassa qui fit de lui une star hexagonale. Deux ans plus tard, les projecteurs n'étaient plus là pour éclairer une nouvelle épopée: sa restauration à Cherbourg puis à Saint-Vaast-la-Hougue. Grâce aux passionnés qui la menèrent à bien contre vents et marées, le Marité peut aujourd'hui encore larguer les amarres. Rendez-vous dans cent ans.