Plus enclins à étudier la production de richesses que ses conséquences pour les hommes, les géographes ont jusqu'à présent peu participé à la production de savoir sur la pauvreté. Après la découverte de L'Autre Amérique en 1963, les géographes américains ont apporté leur contribution à la profusion conceptuelle ambiante pour laisser penser que le milieu et la culture de pauvreté étaient constitutifs des poches de pauvreté rurales et urbaines. Au cours de la décennie suivante, le débat social a surtout porté sur le partage des bénéfices de la croissance et la pauvreté n'a été analysée qu'indirectement à partir des bidonvilles et des taudis ou des rapports entre centres et périphéries. Les pauvres, nouveaux, plus nombreux, plus visibles dans les villes, ont peu à peu imprégné le débat politique avant de laisser place à la relégation puis à l'exclusion. Alors que le pouvoir politique se mobilise pour l'insertion et la cohésion sociale, le territoire n'a jamais été aussi présent qu'aujourd'hui dans les dispositifs d'intervention sociale. La géographie saura-t-elle trouver dans ce contexte l'occasion d'affirmer son utilité sociale ...
Nombre de pages
213
Date de parution
30/10/1996
Poids
400g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782738446381
Titre
Espaces et pauvretés. La géographie interrogée
ISBN
2738446388
Auteur
Séchet Raymonde
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
400
Date de parution
19961030
Nombre de pages
213,00 €
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Comment la géographie sociale est-elle perçue par ceux qui la font ou par ceux qui, sans y adhérer pleinement, lui reconnaissent des spécificités dans le champ de la géographie? Comment peut-elle contribuer à positionner la géographie dans les sciences sociales? Vingt-cinq auteurs de différentes générations donnent leur point de vue dans le premier d'une série de trois ouvrages issus du colloque Espaces et sociétés aujourd'hui qui s'est tenu à Rennes en octobre 2004. Ces contributions qui portent sur les enjeux scientifiques et méthodologiques actuels révèlent la vitalité et les capacités de renouvellement de cette orientation de la géographie qui s'est affirmée au début des années 1980. La géographie sociale a évolué dans ses paradigmes, ses questionnements, ses méthodes. Comme l'anthropologie, la sociologie, l'histoire..., elle est passée des grandes théories explicatives à l'action et l'acteur; elle a renoué avec l'immatériel, l'idéel, le symbolique. Ouverte aux échanges avec d'autres géographies, pleinement investie dans les sciences sociales, la géographie sociale n'en continue pas moins à faire entendre un point de vue original sur le monde et sur la société. La plupart des auteurs réaffirment la nécessité ou le choix de l'implication et de l'engagement du chercheur, renouant ainsi avec des principes affichés par les pionniers de la géographie sociale. En se donnant pour objet la relation à l'autre, telle qu'elle se construit dans l'espace, plutôt que les configurations spatiales (le quartier, la ville, la région...), ces chercheurs sont en mesure d'expliciter des enjeux de pouvoir et des rapports dé domination. C'est dans cette démarche d'approfondissement théorique et épistémologique que les auteurs envisagent des enjeux sociétaux (le vivre ensemble, la démocratie...), se positionnent par rapport à d'autres sciences sociales (géopolitique, sociolinguistique) et au sein de différents champs de recherche (médias, sport, santé, ville, risques). Il en ressort l'image d'une géographie sociale à la fois diverse et cohérente dans sa manière d'appréhender la dimension spatiale des sociétés.
Les usages de l'espace mettent en rapport des groupes sociaux et les contraignent parfois à des tensions. L'un des objectifs de cet ouvrage est d'explorer les dimensions spatiales des situations où différents mondes sociaux se frottent, tentent de dialoguer, de négocier ou entrent en con ? it. Cet ensemble de textes dépasse l'opposi- tion entre les approches qui privilégient soit le con ? it spatial, soit la cohésion sociale, par l'analyse de situations concrètes. Sommaire : Mobilités et capital spatial Ressource territoriale et investissement des lieux De la négociation au conflit : des espaces à partager Visibilité ou invisibilité sociale et marquage spatial
Ce numéro questionne à la fois la dimension spatiale des sexualités et la dimension sexuelle des espaces sous le prisme de l'espace public. L'expression « espace public » employée au singulier et au pluriel permet d'envisager la fabrique des identités individuelles, le déploiement des pratiques spatiales et la construction des territoires dans ce qu'ils ont de sexuel. Trois approches sont ici abordées, la première concerne les rapports sociaux, la deuxième porte un éclairage sur les rapports des acteurs aux normes, aux territorialités et enfin, la dernière mobilise la dimension spatiale des sexualités sous l'angle des revendications politiques et sociales.
L'action politique représente un champ d'investigation particulièrement fécond pour la géographie sociale. Il s'agit moins pour elle de s'attaquer à l'analyse des politiques publiques dans des logiques d'évaluation, sur la base de l'efficacité ou de l'efficience économique et opérationnelle, que de proposer une réflexion sur le sens des actions et des systèmes d'acteurs agissant dans ou sur des territoires, selon qu'ils sont cadres d'intervention de politiques sectorielles ou objets des actions. Analysant le " pour qui " et le " pour quoi faire " sous-jacents à ces politiques territoriales ou territorialisées, dix-sept auteurs donnent ici leur point de vue sur le sens et les modalités d'instrumentation du territoire, les représentations qui traversent les constructions territoriales, tout en accompagnant leur démarche d'une prise en considération attentive des rapports sociaux et des contingences spatiales. La construction politique des territoires, celle qui vise à fabriquer, organiser, ou gouverner des territoires, est un premier champ d'investigation. La deuxième décentralisation en France et des dynamiques équivalentes ailleurs dans le monde ont permis de renouveler cette approche. L'action politique est alors comprise comme l'expression d'intentions et de stratégies prenant souvent appui sur des démarches rétrospectives ou prospectives. Cette action politique territoriale révèle finalement des frictions et des conflits de pouvoir, tout en traduisant une recherche de nouveaux vecteurs de légitimation. Les auteurs sont également attentifs aux impacts territoriaux des politiques sectorielles. Les politiques urbaines et de la ville, les politiques de santé ou ciblant des " publics " spécifiques comme les personnes âgées, les jeunes, les personnes en situation de pauvreté se caractérisent par des dispositifs prenant de plus en plus appui sur des territoires. Cette territorialisation de politiques sectorielles participe à l'inscription dans l'espace de régulations sociales et génère de nouveaux rapports entre groupes sociaux. Basées sur des principes souvent généreux, ces politiques sectorielles produisent parfois des effets non intentionnels assez contradictoires. A travers ces études des politiques publiques territoriales ou territorialisées, en étant attentive à la structuration et à l'évolution des relations entre le politique, les organisations sociales et les individus, la géographie sociale réaffirme son attachement à la dimension critique de la recherche. Ce livre est l'un des trois ouvrages issus du colloque de Rennes, Espaces et sociétés aujourd'hui, tous publiés dans la collection " Géographie sociale " des PUR.