L'anatomie, c'est le destin", tel est le maître mot de la tradition patriarcale dans laquelle s'inscrit Freud, et qui ne retient du masculin que la verticalité, emblème du pouvoir. Or, en réduisant la masculinité à son symbole, on relègue la vulnérabilité, la peau, la chair, le viscéral du côté du féminin. Ce clivage - le sensoriel à la mère, l'esprit au père - traverse la culture occidentale depuis ses origines grecques et chrétiennes, ce qu'éclaire l'anthropologie (C. Lévi-Strauss, F. Héritier, N. Loraux). Captive de cet héritage, notamment en ce qui concerne la définition de la fonction paternelle, la psychanalyse le remet cependant en cause en interrogeant l'érotique masculine, centrée sur un phénomène d'irruption incontrôlable.
Nombre de pages
379
Date de parution
01/02/2006
Poids
260g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080801531
Titre
Généalogie du masculin
Auteur
Schneider Monique
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Poids
260
Date de parution
20060201
Nombre de pages
379,00 €
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La définition ablative du féminin - "sexe auquel manque le morceau estimé par dessus tout" - domine la construction freudienne au point de faire oublier que Freud, à l'origine, faisait sienne la "protestation" émise par des femmes : défendre à la fois leur "espace creux" et leur "liberté" contre la pénétration de tout "corps étranger", la réaction défensive pouvant d'ailleurs se muer en tentative d'"admission". Or Freud s'en est servi comme paradigme pour penser la topique psychique et la dynamique du refoulement. Comment comprendre alors qu'une fois devenue la propriété de tout psychisme, cette ouverture de l'espace interne soit, dans la suite de l'oeuvre, déconnectée de la dynamique féminine ? Faisant retour au Freud des origines et à la figure mythique de Psyché, Monique Schneider invite à pratiquer ouvertures remaniements. Elle ébauche une "symbolisation du sexe de la femme" qui souligne d'autres traits que "ce caractère d'absence, de vide, de trou" que lui attribue Lacan à l'une des étapes de son parcours, et fait droit à ce qui, dans le rapport qu'entretient la femme avec son espace intérieur, met à mal les repères imposés par la logique de la castration.
Résumé : Les rêves offerts par Freud dans L'interprétation des rêves, au-delà de leur dimension auto-analytique, nous confrontent à la face cachée, sombre, de l'opération analytique elle-même. Deux figures privilégiées de l'interprète : le père et le maître. Couple écartelé, interdisant au père la délimitation d'un espace propre : lorsqu'il s'affirme comme détenteur d'un pouvoir absolu, il se confond avec le maître, faisant planer une menace sur l'enfant. Menace que seul l'enfant peut déchiffrer. Pour lire ce qui se joue dans la fonction paternelle, il faudra alors laisser la parole à l'enfant, lui restituant sa bouche blessée. Le titre est extrait d'un rêve cité par Freud : l'enfant mort vient réveiller son père endormi en lui murmurant : "Père, ne vois-tu pas que je brûle ?"