LA FRANCE, LE NORD ET L'EUROPE AU DEBUT DU XVIIIE SIECLE
SCHNAKENBOURG ERIC
CHAMPION
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EAN :9782745316004
Les relations entre la France et l'Europe du Nord à l'époque Moderne ont été peu étudiées. Pourtant, l'espace baltique est important dans la stratégie française, puisque les puissances de la région sont considérées comme des alliés de revers pouvant opérer des diversions en cas de guerre contre l'empereur. Au début du XVIIIe siècle, alors que le Nord est déchiré par une guerre opposant la Suède aux autres pays de la région, les gouvernements de Louis XIV, puis du Régent, multiplient les efforts pour attiser le conflit ou pour restaurer la paix. Ces démarches ne peuvent être comprises que si elles sont replacées dans le contexte de la politique européenne de la France. Au-delà de la reconstitution d'une politique étrangère, ce livre conduit aussi une réflexion sur l'action extérieure de la France, comme les conditions de travail des diplomates et leur culture politique, mais aussi l'influence des facteurs commerciaux dans le rapport d'État à État. Enfin, dans une perspective de temps long, la révélation de la puissance russe permet de s'interroger sur le rôle des représentations dans la politique étrangère. Ce travail, dépassant le seul domaine politique, participe au décloisonnement de l'étude de la politique étrangère et se veut une contribution à l'élaboration de nouvelles perspectives en histoire des Relations Internationales.
Date de parution
30/01/2008
Poids
900g
Largeur
150mm
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EAN
9782745316004
Titre
LA FRANCE, LE NORD ET L'EUROPE AU DEBUT DU XVIIIE SIECLE
Auteur
SCHNAKENBOURG ERIC
Editeur
CHAMPION
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150
Poids
900
Date de parution
20080130
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Alors qu'il constituait jusque-là la limite de l'horizon, l'espace atlantique commença à être décloisonné au cours du XVe siècle par le développement de relations qui, progressivement, relièrent l'Europe, l'Afrique et l'Amérique. Il devint un monde ouvert d'interactions, pacifiques ou violentes, et de circulations, volontaires ou contraintes, d'hommes et de femmes mais aussi d'échanges de marchandises, d'idées, de capitaux, de savoirs, de pratiques et de représentations. L'histoire du monde atlantique du XVe au XVIIe siècle est avant tout celle de millions d'Européens, d'Africains et d'Amérindiens. Pour le meilleur ou pour le pire, leurs existences, leurs activités et leurs perceptions furent marquées par des phénomènes d'une ampleur inédite tels que le colonialisme, les migrations, l'esclavage, la racialisation, l'exploitation économique et la créolité. Leur vigueur fait de l'histoire atlantique une histoire entrelacée de trois continents sur fond d'interconnexions et d'influences réciproques. C'est ce monde polycentrique, espace de production, de domination, d'échanges croisés et de formation d'identités nouvelles, qui est ici révélé dans toute sa fluidité et sa complexité.
A la faveur de la dynamique générale de désenclavement du monde entamée dans les derniers siècles du Moyen Age, les Européens commencent à découvrir les régions septentrionales de leur continent. Le Nord froid, hostile et mystérieux émerge à l'horizon. Sa définition géographique longtemps floue se précise peu à peu au XVllle siècle pour désigner la Scandinavie ainsi que les régions arctiques et subarctiques allant du Groenland à la Sibérie. Entre la fin du Moyen Age et le XVllle siècle, la formulation d'interrogations et la construction de stéréotypes sur le Nord génèrent un discours ambigu sans cesse renouvelé. Il évolue en fonction du degré de connaissance, de l'expérience, de la culture et de l'enjeu que représente le traitement de cette région pour ses observateurs. Ainsi, l'imaginaire entourant le monde nordique se décline au fil des siècles sans perdre en intensité, car le Nord autant qu'un objet propre est aussi une toile sur laquelle se projettent des interrogations sur les confins du monde, de l'imaginaire ou de l'humanité. Les représentations du Nord se nourrissent elles-mêmes de leurs fantasmes pour construire un monde ambivalent dans lequel les rigueurs naturelles et le caractère primitif de ses populations n'abolissent ni le mythe de l'Ultima Thulé hyperboréenne aux habitants proches des dieux, ni celui de l'Arcadie nordique au sein de laquelle règne la douceur et la félicité.
Le présent ouvrage centre son étude sur l'émergence et l'affirmation du concept de neutralité dans les relations internationales au XVIIIe siècle. Il s'insère dans l'histoire diplomatique renouvelée de ces dernières décennies. Celleci est non seulement politique, mais aussi culturelle dans la mesure où ce sont les modalités de la prise de décision et l'environnement mental des acteurs de la décision qui sont analysés. La question de la neutralité, objet du livre, n'est pas réductible à l'absence de belligérance. Il s'agit autant d'un choix politique et stratégique que l'expression d'une nouvelle approche des relations internationales dans le cadre chronologique de la deuxième modernité. Le livre montre comment les formes de neutralité sont mises (ou non en pratiques dans les situations concrètes posées par les rapports de force entre puissances européennes sur le continent mais aussi dans l'espace caraïbe. Si quelques études ont déjà été menées, cet ouvrage vient combler un vide historiographique et ouvre des pistes de recherches essentielles pour l'histoire des relations internationales.