Abolitionnistes de l'esclavage et réformateurs des colonies, 1820-1851. Analyse et documents
Schmidt Nelly
KARTHALA
59,00 €
Epuisé
EAN :9782845861022
Ce livre aborde un demi-siècle d'engagements et de luttes contre l'esclavage en France et dans les colonies françaises. Il ouvre le dossier si mal connu du courant abolitionniste français dans sa période classique, de 1820 à 1848-1851. Prises de position et débats se multiplièrent dans le cadre parlementaire et dans la presse à l'occasion des campagnes d'information qu'animèrent des organismes tels que la Société de la Morale Chrétienne ou la Société Française pour l'Abolition de l'Esclavage. Diverses personnalités, royalistes, républicains, " utopistes " sociaux et autres philanthropes s'exprimèrent sur le sujet de manière parfois inattendue. Des ecclésiastiques, des magistrats rompirent le silence par leurs témoignages sur le système esclavagiste dans les colonies françaises que l'un d'eux put qualifier de " terre classique du crime et de la souffrance ". L'ouvrage souligne l'engagement, dans les colonies, des libres et des esclaves affranchis en faveur de l'émancipation ainsi que l'influence prépondérante des courants antiesclavagistes anglo-saxons sur les initiatives françaises. L'auteur mesure le poids des contraintes locales et des paradoxes du système colonial auxquels les abolitionnistes, à l'?uvre en 1848-1851, eurent à faire face. L'étude historique réalisée ici est étayée de la reproduction de documents pour la plupart inédits, tels que les correspondances de Victor Schoelcher, de Cyrille Bissette ou de Guillaume de Felice, les témoignages des étroites relations qui se tissèrent alors entre les abolitionnistes français et leurs homologues britanniques ou le foisonnement des projets de réforme de l'économie et de la législation sociale des colonies.
Nombre de pages
1196
Date de parution
01/11/2003
Poids
1 860g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782845861022
Auteur
Schmidt Nelly
Editeur
KARTHALA
Largeur
170
Date de parution
20031101
Nombre de pages
1 196,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le nom de ce " philanthrope ", disparu il y a tout juste cent ans, s'identifie à ce point à l'émancipation des esclaves dans les colonies françaises que l'on omet souvent les multiples facettes d'une personnalité aussi riche que discrète. Victor Schoelcher fut pourtant l'un des vrais pères fondateurs de la République et demeura jusqu'à sa mort l'une des grandes consciences du pays pour avoir refusé tout compromis avec le régime de Napoléon III. Ami, confident, correspondant de Liszt, de George Sand, de Hugo et de bien d'autres géants du XIXème siècle, globe-trotter, sociologue, ethnologue, collectionneur d'?uvres d'art et d'objets exotiques, musicologue, mécène, il surprend par l'étendue de ses centres d'intérêt. Il fut un homme d'action -en particulier quand il occupa, quelques semaines durant, le poste de sous-secrétaire d'Etat aux Colonies sous la IIème République -, mais, écrivain et journaliste prolixe, il a en même temps développé une ?uvre tantôt théorique, tantôt de circonstance, qui a connu de son vivant et après lui des applications concrètes : on parle de " modèle schoelcherien " pour caractériser les réformes politiques et socio-économiques introduites dans les anciennes colonies qui sont aujourd'hui des départements d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion). La figure et l'?uvre du politique et de l'intellectuel se dégage de ses actes comme de ses écrits. La grande nouveauté de la présente biographie est de reposer sur de très nombreux documents inédits d'origine étrangère ou privée. Elle modifie sensiblement l'image d'un héros dont la vie se confond avec la lutte pour les droits de l'homme.
Si la traite négrière et le système esclavagiste du XVe au XIXe siècle ont récemment été reconnus par la France et par l'ONU comme des crimes contre l'humanité, ils constituent pourtant l'un des aspects de l'histoire les moins bien transmis. La colonisation, à laquelle ils sont étroitement liés, a très longtemps souffert de silences ou d'interprétations erronées qu'il est encore difficile de surmonter. En finir avec l'esclavage a été l'objectif des premiers concernés,les captifs en provenance d'Afrique, les esclaves des Caraïbes-Amériques: les fuites et les évasions ("marronnage"), les refus d'obéissance, les révoltes ouvertes parsèment l'histoire des îles et du continent quatre siècles durant. Quant aux "abolitionnistes" qui cherchèrent, en Occident, à convaincre leurs gouvernements de mettre un terme à la traite et au modèle économique et social sur lequel elle reposait, souvent impressionnés par la résistance des esclaves, ils ont développé un argumentaire de plus en plus efficace et créé divers mouvements ou groupes de pression. Aujourd'hui, le combat continue, car lesystème esclavagiste n'a pas disparu... C'est la mission que se sont fixée le haut commissariat aux Droits de l'homme de l'ONU et de nombreuses ONG. Le processus d'abolition est encore d'actualité, bien qu'il ne s'applique pas aux mêmes réalités. Il est passionnant de le suivre sur la longue durée...
1848: une nouvelle politique coloniale est mise en oeuvre dans l'euphorie républicaine. La France abolit l'esclavage pour la seconde fois de son histoire et ouvre aux esclaves l'accès à la citoyenneté en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Pourtant, un siècle plus tard, le constat du désastre social et économique jalonne les rapports des observateurs. Le sort des "nouveaux libres" n'a rien à envier à leur statut précédent. Alors que s'est-il passé? Nelly Schmidt fait ici la lumière sur des pans de notre histoire jusqu'alors restés dans l'ombre. Archives à l'appui, elle montre la longue crise que traversèrent ces territoires où les gouverneurs avaient instauré l'état de siège par crainte de révolte. Des colonies sous surveillance, où l'on traque toute velléité indépendantiste des affranchis, fichés avant l'heure. Des colonies où l'économie est restée aux mains des planteurs sous le contrôle de l'Etat. Cet ouvrage porte en lui bien des réponses aux interrogations actuelles sur les discriminations héritées de l'ancien régime esclavagiste. Il devrait enrichir les débats si contradictoires auxquels donnent lieu cette histoire et ses silences. Biographie de l'auteur Nelly Schmidt est directrice de recherche au CNRS (université Paris IV-Sorbonne). Ses travaux portent sur l'esclavage, les abolitions et les politiques coloniales aux Caraïbes-Amériques. Elle a publié notamment une biographie remarquée de Victor Schoelcher.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.