Cahiers de fare N° 3-4 : Intégration économique et gouvernance européenne depuis les années cinquant
Schirmann Sylvain
L'HARMATTAN
28,01 €
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EAN :9782343020938
Les acteurs économiques ont un poids très important dans la plupart des grandes décisions prises en ce domaine par les instances européennes. Mais ces dernières ont aussi la volonté de construire un cadre auquel les entreprises et les secteurs concernés doivent s'adapter. C'est cette double démarche que la troisième livraison des Cahiers de Fare ("Frontières, acteurs, représentations de l'Europe") essaie d'analyser au travers d'une douzaine d'articles tirés d'autant d'interventions présentées lors d'un colloque tenu à Strasbourg sur les rapports entre intégration économique et gouvernante européenne depuis les années 1950. Au fil de la démonstration, nous voyons s'esquisser un dépassement progressif des modèles nationaux dans lequel interviennent non seulement les responsables et les fonctionnaires européens, mais les diverses forces socio-économiques engagées dans ce processus. Ce mouvement général n'est toutefois pas uniforme. Il s'appuie sur les stratégies multiples qu'utilisent les acteurs en fonction des sollicitations qu'ils rencontrent, des rapports de force existants et des conjonctures qu'ils traversent. Il s'agit donc d'un phénomène complexe qu'il convient de ne pas simplifier à l'excès, quand bien même on pourrait en lire les grandes lignes.
Nombre de pages
259
Date de parution
11/03/2014
Poids
330g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343020938
Titre
Cahiers de fare N° 3-4 : Intégration économique et gouvernance européenne depuis les années cinquant
Auteur
Schirmann Sylvain
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
330
Date de parution
20140311
Nombre de pages
259,00 €
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A la fin de la Première Guerre mondiale, l'Europe est dans l'obligation de gagner la paix. Celle-ci pouvait-elle être garantie par les moyens classiques des politiques hégémoniques ? La période 1919-1945 apporte par les faits une réponse les tentatives britannique, française et allemande de mainmise sur l'Europe se soldent par des échecs, et le projet allemand de domination continentale laisse un champ de ruines en 1945. Cette voie était-elle inéluctable ? Le premier après-guerre nous livre un lot important de réflexions, de projets et de tentatives d'organisation de l'Europe. Ce premier débat " moderne " sur l'architecture du continent européen porte sur bien des aspects de la construction européenne actuelle. Faut-il donner la priorité à l'économie ou au politique ? Faut-il s'appuyer sur des entités régionales, des noyaux constitués de quelques Etats ou envisager une construction avec l'ensemble des nations ? Quelles seraient les frontières de cette entité européenne ? Quelle doit être la place - particulière ou non - de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, voire de l'Europe centrale et orientale dans ce processus ? Les perspectives évoquées au cours de la période frappent ainsi par leur originalité et leur modernité. A l'heure d'une " relative panne européenne ", cet ouvrage invite à lire le projet européen dans la durée, sans se priver de l'expérience de l'entre-deux-guerres.
La tension entre le supranational et la coopération entre Etats rythme le processus de la construction européenne. Du traité de Versailles (1919) au traité de Maastricht (1992), le pôle national a été plus que présent face au pôle communautaire. Au cours de l'entre-deux-guerres, il n'y a pas de projet européen qui remette fondamentalement en cause la souveraineté des Etats. C'est là une ligne à ne pas franchir pour les différentes opinions publiques. Dès lors, la construction " d'un lien " entre les peuples européens est souvent instrumentalisée par les nations à des fins hégémoniques. A la faveur de la Seconde Guerre mondiale, les partisans de la construction européenne pensent l'Etat-nation suffisamment affaibli pour entrer dans l'ère du communautaire, du supranational. Pourtant, un demi-siècle de construction européenne n'a pas levé les ambiguïtés que les opinions publiques et les nations entretiennent avec le processus d'intégration européenne, ni parfois leurs réticences face à cette construction.
Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une "européanisation des consciences" ? L'amorce d'un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s'est nourrie d'un narratif mettant en valeur l'apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l'enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l'ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des Etats membres de l'UE. En panne aujourd'hui, il mérite d'être interrogé. Ne favorise-t-il pas des "mémoires concurrentes" , rendent difficile l'émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d'Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d'Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l'Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces "guerres civiles européennes"), les victimes, et les processus de pacification. Ce volume se veut un hommage rendu à l'oeuvre de l'homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.
Quel regard jettent les autres Etats européens sur 50 ans de coopération franco-allemande (traité de l'Elysée de 1963) ? Ne sont-ils pas les mieux placés pour jauger de l'intensité de leurs relations, de leurs dysfonctionnements, de leurs apports aux relations interétatiques et de la construction européenne ? Les autres Etats sont un excellent miroir pour la relation franco-allemande et nous apprennent autant sur la coopération entre les deux riverains du Rhin qu'une investigation centrée sur le seul tandem franco-allemand.