Réveiller l'archive d'une guerre coloniale. Photographies et écrits de Gaston Cherau, correspondant
Schill Pierre ; Recher Caroline ; Olcèse Smaranda
CREAPHIS
35,00 €
Epuisé
EAN :9782354281410
L'historien Pierre Schill analyse ici les documents produits par Gaston Chérau, écrivain, engagé comme correspondant par LeMatin lors de la guerre italo-turque en Libye (1911-1912) : 250 photographies, articles de presse, correspondance privée et écrit littéraire. Le livre a pour origine la découverte fortuite par l'historien Pierre Schill, d'une trentaine de photographies dans les archives départementales de l'Hérault : soldats sous des palmiers, désert africain et scènes d'exécution collective en place publique, quatorze corps pendent au gibet. Images " égarées " et retrouvées mais sans aucune indication de date, de lieu ni de nom du ou des photographes. C'est le point de départ de la passionnante enquête historique de Pierre Schill. En identifiant Gaston Chérau, écrivain, comme ce correspondant du Matin lors de la guerre italo-turque en Libye (1911-1912), il propose une analyse historique de ces documents et une réflexion oiriginale sur le statut d'observateur correspondant de guerre à partir d'un corpus important de photographies, d'articles de presse, de lettres et d'écrit littéraire. Mais il y a plus. Soucieux de partager cette découverte, l'historien sollicite le regard et le geste d'artistes contemporains qui entreprennent un travail de création par appropriation (chorégraphique, plastique et littéraire). Quatre contributeurs analysent ces oeuvres en deuxième partie. Première partie : analyse historique (Pierre Schill) L'écrivain Gaston Chérau (1872-1937) est missionné en 1911 par le quotidien Le Matin , l'un des plus importants de l'époque, pour couvrir la guerre qui vient d'être déclenchée entre l'Italie et l'Empire ottoman à propos du contrôle de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque (actuelle Libye). En affaiblissant l'Empire ottoman, ce conflit a joué un rôle déterminant dans le déclenchement des guerres balkaniques (1912-1913) et consécutivement dans l'embrasement de l'Europe en 1914. Il a alors 39 ans. Plus de 250 photographies, une correspondance privée, des articles publiés et un récit littéraire de 1926 constituent la matière de cet ouvrage. Cette matière abondante, protéiforme - visuelle et textuelle - avec différents registres d'expression - public et privé - permet de suivre et de comprendre la vie quotidienne et le travail d'un correspondant de guerre au temps du télégraphe. Elle constitue un témoignage rare des premiers temps du reportage de guerre et de l'utilisation de la photo dans la presse. L'ouvrage aide à comprendre le rôle du correspondant dans la construction du récit de guerre ; conditionné par le dispositif d'encadrement militaire, le matériau produit lui échappe en partie en raison des multiples médiations éditoriales qui façonnent ses récits. En explorant les coulisses de la fabrique de l'actualité, ce livre restitue la genèse du récit, éclaire le prisme d'un métier tout neuf et permet de mesurer une expérience qui au-delà de l'épreuve personnelle est un engagement dans un espace très contraint. En effet, le reporter se trouve pris entre le contrôle exercé par les belligérants - soucieux de contrôler la narration des événements - et par la rédaction du journal désireuse de captiver son lectorat par une spectacularisation de l'actualité. Le journaliste est tiraillé entre sa fonction de témoin et sa manipulation par les pouvoirs politiques, militaires et médiatiques. L'intérêt historique de ces archives est également de " dépayser " notre regard habituel sur ces conflits prémonitoires de la Grande Guerre. Les documents rassemblés mêlent deux histoires, de niveaux et d'enjeux différents. L'une est collective : c'est celle d'un conflit colonial tardif marqué à la fois par des violences extrêmes et par l'intensité de la répression de masse, mais aussi par des formes de modernité - la plus symbolique étant d'avoir été le théâtre du premier bombardement aérien de l'histoire par aéronefs. L'autre forme d'histoire est individuelle : c'est celle d'un partie de la vie de Gaston Chérau lui-même. à l'écart des figures les plus célèbres de la littérature de reportage - Dorgelès, Leblanc, Leroux, Londres, Naudeau ou Giffard - Chérau est un écrivain-reporter peu connu mais pas inconnu du monde des lettres. Romancier, il a été deux fois finaliste du Prix Goncourt (1906 et 1911) et élu à l'Académie Goncourt en 1926.
Nombre de pages
478
Date de parution
18/10/2018
Poids
1 220g
Largeur
174mm
Plus d'informations
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EAN
9782354281410
Titre
Réveiller l'archive d'une guerre coloniale. Photographies et écrits de Gaston Cherau, correspondant
Auteur
Schill Pierre ; Recher Caroline ; Olcèse Smaranda
Editeur
CREAPHIS
Largeur
174
Poids
1220
Date de parution
20181018
Nombre de pages
478,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Quand les chars russes déferlent sur l'Ukraine. Quand le Proche-Orient s'enflamme. Quand les putschs ébranlent l'Afrique et que des conflits éclatent aux quatre coins du monde. Comment faire face ? Comment penser l'action militaire à l'heure de l'embrasement planétaire ? Comment commander aux hommes ? Le chef d'état-major de l'armée de Terre prend la plume et répond. Pour mieux appeler au sursaut. Témoin des mutations du monde, acteur engagé au service de la nation, le général Pierre Schill l'affirme : l'armée doit se transformer. À l'heure du retour de la guerre de haute intensité sur le sol européen, alors que l'horizon s'obscurcit et que l'inquiétude monte, il est urgent de repenser notre manière de commander. Sur le terrain comme au plus haut niveau, pour aujourd'hui et pour demain, il faut renouer avec la tradition militaire française. Faire confiance aux échelons inférieurs, encourager l'initiative. Donner plus de liberté pour mieux défendre la liberté. Parce que l'armée est aux avant-postes des évolutions du monde, parce qu'elle est le laboratoire de notre société, parce que les défis de notre temps imposent une nouvelle culture de l'action, cet ouvrage citoyen nous concerne tous. Voici, à la hauteur de l'histoire, la vision qui manquait. Voici le complet panorama des menaces d'aujourd'hui. Voici comment remporter les guerres de demain. Un manifeste décisif à l'heure des conflits planétaires.
Lafaye Christophe ; Schill Pierre ; Valette d'Osia
L'aérocombat est devenu, au XXIe siècle, une nécessité opérationnelle : l'intégration totale de l'hélicoptère à la manoeuvre terrestre est, aujourd'hui, une condition essentielle du succès tactique. Ainsi, l'histoire de la 4e brigade d'aérocombat est particulièrement riche. Héritière de la 4e division aéromobile, de la 4e brigade aéromobile et de la division aéromobilité, elle est engagée dans toutes les opérations extérieures. L'implantation locale de la brigade est très forte, qu'il s'agisse de l'état-major à Clermont-Ferrand ou des régiments : le 1er régiment d'hélicoptères de combat à Phalsbourg, le 3e à Etain et le 5e à Pau. Grâce à plus de 300 photos magnifiques et de très nombreux témoignages, découvrez cette brigade unique et le monde passionnant des hélicoptères de combat de l'armée de Terre.
En 1939, à 19 ans, Guy de Valence s'engage et se retrouve à défendre la Loire, à Saumur avec les cadets de l'Ecole de cavalerie. Il rejoindra ensuite l'armée reconstituée par Leclerc et finira la guerre aux côtés du général à Berchtesgaden, en tant qu'officier d'ordonnance, le 5 mai 1945. Il a perdu un bras dans les combats sur la Sarthe, arraché par un projectile ennemi. Après plusieurs mois de convalescence, il sera affecté à l'état-major auprès de Leclerc, et témoignera de l'horreur du camp de Dachau. Guy de Valence décrit presque toujours ce qu'il voit, sans se mettre en avant, et c'est en cela que réside la valeur documentaire de ses souvenirs militaires, dont la grande histoire est la toile de fond. Guy de Valence (1920-2014) quitte ensuite l'armée active à la mort du général Leclerc et devient administrateur de la France d'outre-mer, puis ministre plénipotentiaire au ministère des Anciens combattants. La 134e promotion du Cours supérieur des officiers spécialistes d'état-major ORSEM (2021-2022) porte son nom.
Dans ce texte écrit à quatre mains, Jérôme Ferrari et Oliver Rohe livrent une réflexion commune sur un thème essentiel de leurs oeuvres respectives : la représentation de la guerre.
Résumé : A partir de petits carnets oubliés dans une maison abandonnée, Pas vu Maurice raconte la vie quotidienne d'un hameau du Haut-Forez dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, à 900 m d'altitude. Une histoire rurale disparue. Ces carnets, une quinzaine, de 1997 à 2000, ont été retrouvés parmi les matelas éventrés, les empilements de journaux et les bocaux de haricots périmés par le nouveau propriétaire de la maison, Claude Benoit à la Guillaume, photographe. Il les a montrés à sa plus proche voisine qui a bien connu la personne qui les remplissait. En découvrant et ouvrant ces carnets, Laurence Hugues a souhaité donner à entendre cette voix qui s'est tue. Elle a entrepris de transcrire ces textes de listes, très contemporains dans leur style, leur énoncé, leur répétition, sans affect même lorsque des morts surviennent et de les reprendre dans sa propre écriture, au sens de repriser, comme on répare un tissu. Le récit repose sur une part d'histoire de vie. Marie, paysanne, consigne son univers quotidien dans ces petits agendas recyclés en carnet de bord dans une écriture de plus en plus serrée au fil des années qui passent et la solitude qui s'installe chez elle. Elle y inscrit les travaux et les jours, les visites du neveu, Maurice (tel jour "vu", tel autre "pas vu"), le nombre de bocaux de confiture ou de haricots, le temps qu'il fait. Les notes se répètent à chaque saison, presque à l'identique, comme ces tâches répétées tout au long de sa vie et de la vie du hameau. Cette vie rurale disparue, ou presque, a aussi sa noblesse et de nombreuses vertus. Ténacité, frugalité, accord avec les saisons... un sens du travail en commun, de la communauté, même. A la lecture de ces chroniques de la vie ordinaire (infraordinaire aurait dit Georges Perec), Laurence Hugues a puisé dans ses souvenirs les motifs listés de la corvée de patates, la mise à mort du cochon, les slips qui battent au vent. Autour d'extraits des carnets elle propose une écriture à deux voix des moments de la vie de deux femmes, à des années de distance. Le photographe, de son côté, a documenté par l'image les carnets. Son travail, en contrepoint des écritures mêlées, donne à voir de très belles photographies au plus près du matériau même des agendas et des objets de l'univers de Marie. Dans l'imbrication d'une approche intime, documentaire mais aussi littéraire et artistique, se dessinent en creux deux portraits de femmes, au tournant du millénaire, dans un même lieu mais avec des vies bien différentes. C'est aussi une manière très concrète d'évoquer la désertification des villages. Mais ce double témoignage n'a pas seulement caractère d'archive. Il peut faire écho chez celles et ceux qui aujourd'hui sont tentés par une vie plus simple, plus sobre, loin des grands centres urbains.
L'ouvrage est un essai d'histoire sur le photographe allemand August Sander (1876-1964) à travers son oeuvre et à travers sa vie. Essai d'histoire de l'art, d'histoire technique et aussi d'histoire sociale. Daniel Challe entreprend le " portrait dans le portrait " de cet artiste à l'envergure universelle, auteur des Hommes du XXe siècle. L'ouvrage est un essai d'histoire sur le photographe allemand August Sander (1876-1964) à travers son oeuvre et à travers sa vie. Essai d'histoire de l'art, d'histoire technique et aussi d'histoire sociale. C'est bien d'un artiste de son temps et dans son temps, un artiste d'Allemagne mais à l'envergure universelle dont Daniel Challe entreprend le " portrait dans le portrait " : il regarde les Hommes du XXe siècle à travers le regard du photographe. Ce corpus d'images peut être sans cesse réinterprété, réinterrogé, analysé et remonté. August Sander, artiste exceptionnel et à la trajectoire exceptionnelle, a construit une grande oeuvre malheureusement tronquée par la disparition de milliers de négatifs en 1944. Reconnu de son temps, comme lors de cette exposition très importante de 1927 à la Kunstverein de Cologne, il affirme alors, comme la ligne de conduite de toute son entreprise, ce qui sera sa formule la plus célèbre : " Voir, observer, penser. " Il y a dans le " système Sander " une intention encyclopédique à travers une typologie et une topographie (il reste ancré dans sa région de Cologne qu'il arpente avec méthode), une grande leçon de modestie, d'objectivité (que Daniel Challe décrit à travers l'évolution d'une sensibilité artistique conduisant l'artiste des premières approches pictorialistes à la Nouvelle Objectivité), une conduite jamais coupée de son époque et des influences artistiques et politiques. Musiciens, écrivains, architectes et acteurs posent pour le photographe qui commence à travailler au grand projet artistique de sa vie. Ce regard " objectiviste " sur la réalité sociale de son époque - à partir d'un inventaire à teneur sociologique des types humains, des différentes classes et catégories socioprofessionnelles - est réuni dans son livre de 1929 Antlitz der Zeit (Visages d'une époque) très bien accueilli à sa sortie. De la même façon et avec la même rigueur technique August Sander observe le paysage qui l'environne dans l'Allemagne de son temps. Sa recherche porte sur les liens existant ou pouvant exister entre les humains et l'environnement de différentes régions de son pays. L'arrivée des nazis marque un très violent et douloureux tournant dans la vie et l'oeuvre du photographe et de sa famille : l'un de ses fils est emprisonné et meurt en 1944 ; la même année une grande partie de ses négatifs est détruite dans un incendie. Malgré cette brisure irréparable il continue son travail qui atteint une nouvelle reconnaissance internationale en Allemagne et aux Etats-Unis. Daniel Challe analyse cette trajectoire avec sous tous ses aspects y compris les moins connus et présente avec la même clarté les contextes d'émergence des portraits, des paysages et des études botaniques en rendant ainsi justice à l'esprit de la démarche du photographe. Il met ainsi en valeur l'universalité du langage photographique. L'auteur convoque toutes sortes de sources et d'éléments comme des extraits des conférences radiophoniques sur la photographie que Sander a donné régulièrement dans les années 1930 mais aussi des auteurs, des historiens, des spécialistes de l'Allemagne contemporaine de Sander et des penseurs de la photographie (comme Simone Veil, Chris Harman, Philippe Artières, Olivier Lugon ou encore John Berger et Roland Barthes). Daniel Challe engage aussi sa propre réflexion sur son temps, soucieux de monter en quoi la " cosmogonie " Sander a laissé une empreinte durable non seulement dans l'histoire de l'art photographique mais aussi dans les pratiques artistiques contemporaines. Cet art documentaire, à mettre en relation avec celui des photographes français (comme Eugène Atget) ou américains (comme Walker Evans), continue d'exercer une influence considérable sur les jeunes générations de photographes. L'approche de Daniel Challe est originale en ce sens qu'il est lui-même photographe et que sa réflexion personnelle est motivée par un retour sensible sur sa propre pratique, sans pour autant développer la moindre référence à son propre travail ni à son métier d'enseignant. Il dit lui-même, en justifiant son désir d'écriture : Le livre de Sander est donc non seulement un document d'histoire, mais aussi une utopie. Utopie d'une autre Europe : celle dont nous sommes nombreux à rêver mais que nous ne voyons pas advenir. [... ] Un photographe, un pays, c'est un beau programme pour écrire l'histoire, pour raconter ce qui me touche dans cette oeuvre photographique plus que dans aucune autre. J'ai essayé de me tenir modestement à ce fil.
Leone Ginzburg (1909-1944) fonde en 1933, avec Giulio Einaudi et Cesare Pavese, les éditions Einaudi. Il meurt de sa radicalité en 1944, assassiné par les nazis. Il a inscrit la culture comme premier front de l'antifascisme. Florence Mauro raconte sa vie tirée comme un trait droit et sans bavure, sans aucune compromission, marquée par l'exigence intellectuelle. A la fin des années 1920 à Turin s'était formé un groupe de jeunes, au lycée d'Azeglio et ensuite à l'université. Leur maître Augusto Monti disait qu'il leur enseignait Dante et la politique. Les élèves se nommaient : Leone Ginzburg, Cesare Pavese, Noberto Bobbio, Massimo Mila, Vittorio Foa, Mario Lévi. Leone Ginzburg (1909-1944) est apparu très vite comme la figure émergeante de ce groupe par son attitude morale exemplaire, tant sur le plan intellectuel que politique. En 1933 il fonde, avec Giulio Einaudi et Cesare Pavese, les éditions Einaudi : en 1937 et 1938, il y installe les grandes collections, historiques, scientifiques, et les traductions de la littérature européenne : lui-même, d'origine russe et russophone, traduit les auteurs russes ou révise des traductions (Gogol, Tolstoï, Pouchkine, Dostoïevski, Tourgueniev) tandis que Cesare Pavese traduit les textes les plus novateurs de la littérature américaine (Sinclair Lewis, Herman Melville, John Dos Passos, Gertrude Stein...). De 1941 à 1943, condamné par le régime fasciste à la relégation dans un petit village des monts des Abruzzes, il écrit sans cesse pour la " Casa " Einaudi, et exige l'excellence du travail éditorial. Dans une incessante revendication de ses positions antifascistes, Ginzburg est mort de sa radicalité en 1944, à la prison romaine de Regina Coeli, assassiné par les nazis. Avec une écriture impliquée, Florence Mauro raconte la vie de Leone Ginzburg tirée comme un trait droit et sans bavure, sans aucune compromission, marquée par l'exigence intellectuelle. Par sa lutte jamais relâchée pour la liberté d'écrire, de traduire, d'enseigner, de transmettre, il a contribué à maintenir un rempart indispensable contre la montée d'une société totalitaire. L'autrice remet en lumière son intransigeance et sa radicalité face aux événements contemporains de sa génération. Il est un modèle qui parle aujourd'hui et enseigne à ne pas manquer de vigilance. Elle transmet au lecteur d'aujourd'hui son empathie pour le personnage de Leone Ginzburg qui devient par moments héros de roman : elle l'imagine dans une quotidienneté, avec ses camarades de lycée dans les cafés de Turin, ou avec sa famille dans le confino des Abruzzes où il est exilé par le pouvoir fasciste. Elle le met en scène, se fondant sur des écrits retrouvés, des témoignages, des archives. Elle décrit ses enquêtes dans les archives à Turin et à Rome, ses déambulations sur les pas de Leone Ginzburg, ses rencontres avec des témoins ou des historiens. A travers le geste d'écriture, Leone Ginzburg inscrit la culture comme premier front de l'antifascisme. Pour lui tout acte de langage devient acte politique. Comment des articles écrits dans la célèbre revue La Cultura - reprise par la Casa Einaudi - apparaissent-ils comme les mots les plus engagés de la Résistance ? Comment la Casa Einaudi est-elle au coeur, dès sa création, d'un des enjeux essentiels de la démocratie, du renouvellement d'un patrimoine qui a fondé un pays, et de sa très nécessaire leçon de résistance à venir ? Il est à noter que l'épouse de Leone, Natalia Ginzburg, née Natalia Levi, a été une grande écrivaine. Leone et Natalia ont eu trois enfants dont Carlo Ginzburg le célèbre historien pionnier de la micro-histoire et historien de l'art.