Depuis 1870, on n'a jamais cessé d'écrire des récits d'enfance, qu'ils soient ou non autobiographiques. Les trente dernières années du XIXe siècle, depuis la publication du Testament d'un blagueur de Vallès (1869), voient en effet le récit d'enfance accéder à l'autonomie par rapport au récit de vie. Cette émancipation résulte d'une révolution copernicienne du roman de formation dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui : plaçant l'enfant au c?ur de sa création, l'écrivain mine la bonne conscience de la société des adultes et part à la recherche de ses origines. Ce changement radical de perspective est à mettre en relation avec le développement de la psychologie, de la psychiatrie, puis de la psychanalyse qui donnent à l'investigation sur l'enfance une caution et une légitimité scientifiques. Bien qu'on ait souvent considéré que le récit d'enfance relevait d'un modèle stéréotypé et dépassé, force est de constater que les écrivains français du vingtième siècle, tous courants littéraires confondus (de Colette à Sartre, de Gide à Perec, de Proust à Sarraute, de Leiris à Bergounioux), en ont constamment renouvelé les plaisirs et les richesses. On pourrait ainsi parler, pour la période qui va de 1870 à nos jours, d'une véritable " Ère du récit d'enfance ". Bien loin de se réduire à la pratique régressive et conservatrice que l'on a trop souvent voulu y voir, le récit d'enfance est au contraire un vaste champ d'expérimentations littéraires, justiciable d'une poétique propre et qui mérite d'être exploré en tant que tel.
Nombre de pages
318
Date de parution
23/06/2005
Poids
572g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782848320236
Titre
L'Ere du récit d'enfance (en France depuis 1870)
Auteur
Schaffner Alain
Editeur
PU ARTOIS
Largeur
160
Poids
572
Date de parution
20050623
Nombre de pages
318,00 €
Disponibilité
Epuisé
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LA PEAU DE CHAGRIN (1831) est le roman qui fit la gloire de Balzac. A la fois réaliste, fantastique et symbolique, situé au confluent des Etudes de m'urs et des Etudes philosophiques, on peut le considérer comme la clef de voûte de La Comédie humaine.
Albert Cohen commence à être reconnu comme l'un des plus grands romanciers du XXe siècle. Mais la réputation justifiée de Belle du Seigneur masque une ?uvre plus vaste et plus diverse: un cycle romanesque, des écrits autobiographiques, une pièce de théâtre, un recueil de poèmes, des textes de combat. Il y a plusieurs Albert Cohen: le fils passionné et endeuillé, le défenseur ardent de la Loi morale, le créateur d'un Orient de fantaisie digne des Mille et Une Nuits, le critique de l'hypocrisie sociale, le peintre de la faillite de l'amour-passion et de la tragédie de l'identité juive. Chaque texte produit, à sa manière, le miracle de leur coexistence, tantôt harmonieuse, tantôt discordante, mais toujours féconde et immédiatement reconnaissable. Le rattachement souvent souligné de l'écrivain à la tradition religieuse ne permet pas, à lui seul, de rendre compte de cette diversité et des contradictions qui l'habitent. Les affirmations réitérées d'incroyance de celui qui se présente comme un "athée qui vénère Dieu" nous conduisent plutôt à envisager l'ensemble de l'?uvre dans une autre perspective, celle du goût de l'absolu, issu moins des certitudes de la tradition que de leur questionnement persistant. La littérature selon Albert Cohen fait en effet de l'absolu l'objet d'une quête glorieuse et l'enjeu d'un combat perpétuel dont l'objectif n'est autre que "d'inventer Dieu".
Albert Cohen, romancier, mais aussi poète, dramaturge et autobiographe, n'est pas seulement la voix du peuple juif dans la littérature française. C'est aussi un grand satiriste, un romancier de la passion, un explorateur des écritures du moi, un inventeur de formes et un styliste hors pair, usant magistralement de toutes les nuances de l'oralité. Son oeuvre baroque est pleine de jeux de miroirs, de renversements, de mises en abyme, et d'excès comiques ou tragiques. La tension qui s'y établit entre le grandiose et le dérisoire résume la manière dont se tisse dans l'oeuvre le lien entre éthique et esthétique : d'un côté une morale athée de la compassion, de la "tendresse de pitié", un intérêt porté aux obscurs, aux sans-grade ; de l'autre une esthétique du contrepoint, une polyphonie flamboyante, un appel à vivre avec intensité.
Boisseau Maryvonne ; Chauvin Catherine ; Delesse C
Alors que l'on s'intéresse aujourd'hui à l'épistémologie de la traductologie, cet ouvrage réexamine les relations complexes qu'elle entretient avec la linguistique. Conscients que la linguistique ne peut rendre compte à elle seule de tous les paramètres socio-culturels, stylistiques et situationnels qui interviennent dans l'acte de traduction, mais également certains qu'on ne peut faire l'économie de la linguistique dès lors qu'il s'agit de tenter de comprendre les processus en jeu, les collaborateurs de ce volume mettent en lumière l'interaction entre les deux disciplines tant au niveau épistémologique que théorique et méthodologique. S'intéressant à différents genres de textes dans des langues diverses (anglais, français, italien, allemand), prenant en compte les évolutions théoriques récentes ainsi que les développements technologiques de ces dernières décennies, cet ouvrage propose un éclairage diversifié sur la traduction en tant que contact des langues, approche déjà illustrée par la perspective contrastiviste développée en France par Jacqueline Guillemin-Flescher. A la fois mise en débat d'idées reçues et remise en perspective des problèmes qui se posent au théoricien, au comparatiste et au traducteur, il s'adresse à tous ceux que la réflexion sur la traduction, la traductologie et la linguistique intéresse.