Maupassant et l'autre. (suivi de) Tragédie de l'enfance. (et de) C'est à toi que je parle, Clio
Savinio Alberto
GALLIMARD
13,95 €
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EAN :9782070295524
Tout le mythe moderne encore en formation s'appuie à son origine sur les deux oeuvres [... ] d'Alberto Savinio et de son frère Giorgio De Chirico", écrivait André Breton dans l'Anthologie de l'humour noir. Maupassant et l'"Autre", discours qui prend forme de divagation pour mieux aboutir à faire d'une biographie poétique une analyse textuelle rigoureuse, et, des deux ensemble, une nouvelle d'une admirable intensité, est sans doute l'un des textes du XX ? siècle où le "mythe" surréaliste est cerné au plus près. Maupassant - le premier Maupassant - est étranger à la poésie. La "faculté d'ascension" lui fait totalement défaut. Non seulement il n'est pas un poète : il n'est pas non plus un écrivain. Il a seulement une "écriture très efficace" : ses mots, ses phrases servent sur le moment et aussitôt ensuite meurent. C'est lorsque l'"Autre" - la folie - aura eu raison de lui, et se mettra à parler à travers lui, que naîtra, pour un temps bref, un nouveau Maupassant, médium impersonnel, qui sera écrivain, et poète. "Pourquoi cette rigoureuse interdiction d'une vie comme "suite" et "continuation" de l'enfance ? La terre serait-elle trop petite ? N'y aurait-il pas suffisamment d'espace pour une humanité d'enfants "grands" ? " Sur ce thème, Tragédie de l'enfance oppose la frivolité réaliste et lâche du monde adulte à la gravité sans concession du rêve enfantin. L'enfant (aimé) est l'inconnu menaçant et l'ennemi de l'adulte socialisé. Il faut le réduire à tout prix : c'est l'"éducation". Avec C'est à toi que je parle, Clio, méditation sur la mort, "récit de voyage" (en forme toujours de divagation) dans les Abbruzzes et aux nécropoles étrusques de Cerveteri et de Tarquinia, c'est encore la vérité toujours survivante du rêve que tente de dire Savinio. A l'acharnement mis par les pères à anéantir l'âme enfantine répond par exemple celui des Romains à détruire "la romantique âme étrusque". Mais c'est elle qui survit en nous, pour avoir su regarder les choses avec un oeil capable d'en apercevoir la face surréelle.
Nombre de pages
336
Date de parution
21/01/1977
Poids
330g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070295524
Titre
Maupassant et l'autre. (suivi de) Tragédie de l'enfance. (et de) C'est à toi que je parle, Clio
Auteur
Savinio Alberto
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
330
Date de parution
19770121
Nombre de pages
336,00 €
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Résumé : A l'article "Encyclopédie" de cette Encyclopédie, qui en compte quelque deux cents, Savinio nous fournit cette clef : "Nulle possibilité aujourd'hui d'une encyclopédie. Nulle possibilité aujourd'hui de tout savoir. Nulle possibilité aujourd'hui d'une science circulaire, d'une science achevée. Nulle homogénéité aujourd'hui des connaissances. Nulle affinité spirituelle aujourd'hui entre elles. Nulle tendance commune aujourd'hui entre elles. Aujourd'hui un déséquilibre profond domine le savoir". Puis : "Comme il n'est guère d'espoir que des idées aussi éloignées puissent se rejoindre et se confondre, il sied de se résigner à une crise perpétuelle et de plus en plus grave de la civilisation. Renonçons donc à espérer un retour à l'homogénéité des idées, c'est-à-dire à un type de civilisation ancien, et cherchons plutôt à faire cohabiter de la façon la moins sanguinaire les idées les plus disparates, y compris les plus désespérées." Dans son Encyclopédie, Savinio passa avec autant de souplesse que d'intrépidité de Joséphine Baker à Apollon, des secrets du style au discours du concierge, du port de la barbe à la sublime identité de l'amour et de l'amitié. Cet humoriste auquel la dimension de la pitié ne manque jamais, ce sceptique qui aime à admirer (voir le Baudelaire), ce sage désenchanté qui sait trancher sans recours (voir comment Dieu est traité à l'article Europe, véritable apologie de l'esprit de désagrégation) est enfin mis, dans son pays, après une éclipse d'un quart de siècle, à son rang : il aura été l'écrivain italien le plus intelligent du siècle.
La ville de Milan, son histoire, ses monuments, ses musées, ses places, ses habitants, célèbres ou inconnus, sont ici les prétextes choisis par Savinio avec le propos d'illustrer ces lignes du préambule qui ont valeur de manifeste : " Dans l'ambition de faire "une oeuvre", il y a encore de la puérilité. Une fois cette puérilité comprise et dépassée, on n'écrit de livres, si on a encore envie d'écrire, qu'en forme de longue et tranquille conversation. " Songeur et précis, Savinio porte ici à son point extrême de perfection cet art de la digression qui le caractérise et qui fait de lui un auteur aussi singulier qu'universel.
Résumé : La trentaine de textes que rassemble Achille énamouré est exemplaire de l'extraordinaire génie inventif de Savinio. Ils ont été écrits entre 1918 et 1938. Quelques-uns répondent bien à la définition donnée par Savinio lui-même de ce qui fut à un moment sa manière et celle de son frère, Giorgio de Chirico : "Faire jaillir des choses mêmes leurs éléments métaphysiques complets" (Achille, Derby royal, La Géante, Icare...). Certains basculent tranquillement dans le fantastique (Forêt domestique ; Jeunes mariés, lesquels, dans leur chambre d'amour, se promettent : "Voici notre univers, rien d'autre n'existe plus pour nous", et sont pris au mot ; Le Chant de la solitude, dominé cependant par la description des pieds du commandeur endormi...). D'autres sont de parfaits récits de rêves (Villégiature), ou de purs souvenirs : ainsi La Turque, Le Garibaldien, ou l'admirable Adonis, épisode de la guerre de 1914-1918 dans les Balkans, où l'ironie lucide sous-tend de bout en bout une pitié sublime. D'autres encore, farces grotesques (La Reine de Naples). D'autres enfin sont d'inclassables récits, tel le plus long d'entre eux, Mort de l'Ingénieur, tour de force où toutes les ressources qui ne sont qu'en apparence celles du "métaphysique", de l'onirique ou du fantastique, sont mises en oeuvre, de façon sans doute très concertée, pour exprimer la démence de l'intérieur.
Résumé : L'univers où s'exerce l'invention littéraire d'Alberto Savinio est celui d'un réalisme proprement métaphysique, fortement gauchi, fût-ce face à la démence, par une ironie à toute épreuve. Mais peut-être faudrait-il remplacer le terme ironie par celui d'humeurs, humeurs du plus beau noir. Ce n'est pas pour rien que Savinio figure dans l'Anthologie de l'humour noir " et qu'André Breton le comptait, ainsi que son frère Giorgio de Chirico, parmi les précurseurs du surréalisme. Toutefois, Chirico, depuis, s'est délibérément rangé. Alors que Savinio restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie aux jeux singuliers et souvent pathétiques d'une fantaisie effrénée, volontiers désobligeante, où les objets agissent ainsi que les hommes, où les dieux se heurtent aux barreaux d'un poulaillier et où le véritable sacré est celui que sous-entend la définition célèbre du " couteau sans lame auquel il manque le manche ". Ici, dans ce choix de nouvelles, seul règne l'Ange du bizarre...
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.