Importer les mécanismes du jeu au sein du travail est un procédé courant aujourd'hui dans les organisations, ceci à des fins de recrutement, d'entrainement, de formation, de sensibilisation, d'évaluation ou entre autres exemples, de team-building. Ces jeux prennent la forme de serious games mais aussi de jeux de rôles, de jeux de simulation, de jeux de plateaux, de jeux de construction, de stratégie. Les transformations du capitalisme et des approches managériales peuvent conduire à penser que le jeu devient un média, privilégié ou tout au moins adapté, aux réquisits en entreprises que sont par exemple l'autocontrôle, l'évaluation de soi et de ses pairs, la régulation, l'engagement ou encore le maintien continu de l'attention dans un contexte d'intensification du travail. Incluant règles et limites, souvent orienté vers un objectif de performance et de réussite, doté de qualités simultanées de légèreté et d'apprentissage, le jeu s'avère congruent avec l'injonction plurielle à la rigueur, au développement de soi et au plaisir à avoir au travail, portée par certaines doxa de management. L'entreprise aurait alors tout intérêt à investir l'énergie du joueur et son engagement dans le jeu au profit du travail. Ce sont ces structures et mécanismes de jeu, leurs formes, leurs appropriations ainsi que leur exploitation au sein des organisations de travail que cet ouvrage se propose d'étudier. Rassemblant des chercheurs de disciplines diverses (sociologie, anthropologie, sciences de l'information et de la communication, psychologie...), il approche de manière volontairement critique la gamification en milieu professionnel et en interroge tant le sens que les fonctions et l'efficience.
Nombre de pages
202
Date de parution
14/01/2008
Poids
280g
Largeur
220mm
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EAN
9782807604872
Titre
Le travail de la gamification. Enjeux, modalités et rhétoriques de la translation du jeu au travail
L'ouvrage présente les principaux concepts, notions et théories mobilisés pour penser ce phénomène complexe qu'est le jeu et ceci sous toutes ses formes, qu'il s'agisse de jeu vidéo, de jeux de société, de jeux symboliques, de jeux sérieux, de jeu d'argent ou d'autres encore. Il offre ainsi une vision synthétique de la pensée contemporaine sur le jeu et de ses sources historiques. Le choix d'adopter la forme d'un dictionnaire permet de respecter cette diversité des aspects et des points de vue en laissant une place aux questions et aux débats.
Comment expliquer la popularité du football à l'échelle européenne ? Une des pistes pour répondre à cette question est d'étudier le rôle de l'Union des associations européennes de football (UEFA) qui n'a eu de cesse d'agir en vue de renforcer les échanges footballistiques au niveau européen. À partir du dépouillement d'archives inédites, ce livre répond à un vide historiographique en proposant de retracer la genèse et la formation de l'UEFA dans une perspective globale et qui privilégie le long terme. Nous défendons ici la thèse que la mise en place de cette organisation au milieu des années 1950 est un tournant dans l'histoire du football européen. Trois axes principaux complémentaires sont développés tout au long de cet ouvrage. Le premier traite du rôle de la FIFA (Fédération internationale de football association), puis de l'UEFA dans le développement d'une dynamique européenne du jeu. Le deuxième questionne la possibilité qu'ont les dirigeants du football de créer un organisme qui transcende les barrières de la Guerre froide (à sa fondation, l'UEFA compte une trentaine de pays européens). Finalement, le troisième interroge les raisons de la constitution de l'UEFA durant les années 1950 ainsi que le modèle d'organisation choisi par ses promoteurs.
Directeur de cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, Commissaire au plan, plusieurs fois ministre, mais aussi directeur général du marché intérieur à Bruxelles à trente-trois ans et premier président français de la Commission européenne, François-Xavier Ortoli (1925-2007) représente une personnalité profondément originale au sein des élites politiques françaises de la deuxième moitié du XXe siècle. Après avoir combattu les Japonais en Indochine - son pays de jeunesse - en 1944 et 1945, il promeut l'ouverture internationale et la modernisation de l'économie française comme jeune fonctionnaire au ministère des Finances, puis à la Commission européenne entre 1958 et 1961. La France, l'Europe, le monde sont dès lors au coeur de ses préoccupations et de son action, tant auprès de Georges Pompidou jusqu'en 1972, qu'à la Commission européenne jusqu'en 1984, ou à travers des canaux institutionnels multiples par la suite. C'est Ortoli lui-même qui parle dans le présent ouvrage où transparaît son goût pour l'analyse prospective. Les textes ici réunis rendent compte de la dimension spécifiquement européenne de sa pensée. Prises de position publiques, notes de réflexion ou de travail mais aussi correspondances révèlent le fonctionnement interne de la Commission ou mettent en avant des initiatives longtemps ignorées d'Ortoli comme Commissaire européen.