Pendant 1976 et 1977, le punk a rassemblé des stylistes originaires de banlieue, des victimes de Bowie, des adolescents fugueurs, des radicaux endurcis des années 60, des gays hommes et femmes, des artistes, des poupées de discothèque, des criminels, des drogués, des prostituées de toutes les confessions, des hooligans, des intellectuels, des obsédés du gros beat, des parias de toutes les classes sociales. Ce n'étaient pas seulement les groupes en eux-mêmes: le pouvoir qu'ils avaient venait de leur public. Le punk ne reproduisait pas les modes dominantes des beaufs: le sexe hérétique et la politique du genre étaient les clefs de son impact original. Soudain, vous n'aviez plus à rester seul. Vous vous immergiez. Vous preniez du bon temps en passant un mauvais moment. Vous étiez plein de poison. Vous attaquiez la génération de la Seconde Guerre mondiale: tout ce qu'ils ne pouvaient pas exprimer, vous le leur jetiez au visage, la lèvre supérieure bien raide laissant place à un regard vide et un geste violent. "Donnez-nous la Troisième Guerre mondiale que nous puissions revivre." C'étaient des trucs durs, qui disaient à l'Angleterre ce qu'elle ne voulait pas entendre. Le punk exigeait une implication que beaucoup de fans de la pop et autres obsédés n'étaient pas prêts à assumer; et, en vérité, les dangers d'une telle esthétique sombre commencèrent à s'exprimer en nombres de morts, en dépendance aux drogues, en cynisme - un nuage noir qui en a hanté beaucoup depuis. Il y avait cet horrible élan vers la destruction tête la première, conscient de lui-même: "vous pouvez toujours dire", chantaient les San Francisco Sleepers, "si vous allez en enfer".JON SAVAGE
Nombre de pages
685
Date de parution
27/09/2002
Poids
1 106g
Largeur
167mm
Plus d'informations
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EAN
9782844851024
Titre
England's Dreaming. Les sex pistols et le punk
Auteur
Savage Jon
Editeur
ALLIA
Largeur
167
Poids
1106
Date de parution
20020927
Nombre de pages
685,00 €
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The England s Dreaming Tapes comprend tous les matériaux bruts, en particulier les interviews, qui ont permis à Jon Savage de composer sa grande histoire du punk britannique. Une source inépuisable, fondamentale, qui restitue la parole des grands protagonistes phares de cette aventure pop: Malcolm McLaren, Johnny Rotten et Joe Strummer, mais également d autres moins connus mais qui ont largement contribué à l effervescence du mouvement, comme le mystérieux Warwick « Wally » Nightingale, aujourd hui décédé. Les informations les plus confidentielles fourmillent dans ces propos libérés. Elles prennent aux tripes comme elles éclairent sur les différences entre punk britannique et punk américain. Pour les Britishs, les Américains n'ont jamais fait de politique. Le livre met également en relief l envers du décor (fascistes chics, grossièreté, violence gratuite), souvent passé sous silence. Sid Vicious apparaît comme le plus vulgaire et violent, dès lors qu'il est devenu un Sex Pistol. Deux récits sur sa mort sordide, l un du photographe Joe Stevens, l autre de sa mère, transcrivent le moment où son côté obscur devint visible. Une somme qui met un point final et va devenir le livre culte concernant la musique, la mode et l'attitude de ce phénomène incendiaire qu'aura été le punk.
Dans Machine Soul (« l âme des machines »), Jon Savage retrace toute l avancée de la musique électronique, en la resituant dans le contexte socioculturel des pays qui l ont vu émerger (Allemagne, Angleterre, France, Belgique, États-Unis). Loin des idées reçues, il apparaît que la techno, cet art du bruit, ce « boom boom » sauvage qui a fleuri dans les années 70, est l aboutissement d une véritable pensée conceptuelle: celle qui vise l harmonie entre l homme et la machine, l état de transe créé par la répétition des boucles sonores, une projection dans le futur. Des premiers DJs (Kraftwerk, Juan Atkins...) jusqu à la popularisation de la techno et l arrivée des autodidactes, de la musique underground à la musique de dancefloor, Jon Savage parcourt l histoire de la techno comme les rayons de lumière balayent la foule des « teuffers ». Le texte s'ouvre sur la description d'un concert de Orbital, Savage comparant les DJ aux personnages de La Guerre des étoiles... Avant tout, la techno est une performance, au sens artistique.
Dans Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, recueil de poésies en prose publié en 1790, William Blake exprime sa méfiance vis-à-vis de la conception religieuse manichéenne de la vie. En Enfer, la sagesse des démons triomphe sur celle des anges. L'Ame et le Corps ne sont pas deux entités distinctes. Le poète proclame au contraire l'unité humaine, et un nouvel ordre moral dans lequel le vice et la vertu ne feraient qu'un. Mêlant prose et poésie, humour et cynisme, il en vient à écrire une véritable apologie du Mal, à l'encontre des opinions de son époque qui encensait la Raison. Moderne tant par ses idées que par son style hybride, William Blake se détache ici des conceptions religieuses pour proclamer une vision novatrice de la vie, pleine de lucidité.
Des plaines, des villes, des nuits, des îles... Demande à la brûlure est une errance peuplée de visions, de routes et de fantômes. Comme un carnet de voyage dans un monde flottant, les poèmes deviennent parfois des aphorismes, des fragments. "Le corps, amené à mourir / Un piège pour le désir" : comment lui échapper ? Comment se protéger de cette absence dont le souffle irradie la mémoire ? En se détachant du présent, au risque de se perdre en soi-même. En contemplant à travers de fragiles souvenirs le mouvement incessant du monde, les paysages dessinés par la mer et la fumée, un "soleil s'écroulant dans ma bouche". Et en rêvant le jour pour traverser les nuits, quand la puissance des images invoque et conjure des ombres voluptueuses. "L'obscurité s'accouple au vent / Pour me tenir ici".
Je me demande si je l'aime et je suis forcé de répondre : Non, je lui reproche de m'avoir châtré, c'est vraiment peu de chose, mais enfin... Et puis elle m'a mis au monde et je fais profession de haïr le monde. " Dans une langue à la beauté froide, Albert Caraco évoque la mort de sa mère. Vivant à l'écart de ses contemporains, celui dont la "vie entière est une école de la mort" préfère aux illusions de l'amour et de la procréation une "sainte indifférence". Quelques éclairs percent pourtant à travers ce texte aussi cruel que lucide. Les souvenirs heureux qui subsistent, le portrait pudique de la mère, le récit déchirant de son agonie. Dans cette méditation sur l'anéantissement, Caraco livre sa vision obsédante des mères et des fils, des femmes et des hommes, et de leur impossible rencontre.