L'Europe s'enfonce dans le déclin démographique : sa population diminue depuis 1996. Et, comme la limitation des naissances se répand sur tous les continents, le XXIe siècle sera, inévitablement, " le siècle du vieillissement ", planétaire cette fois. Il est donc urgent de relire Alfred Sauvy (1898-1990) dont la réflexion a eu pour thème central le vieillissement démographique et sa cause : le malthusianisme, le refus de la vie qui entraîne " une atrophie de l'esprit de création " et une gestion passive des conséquences du passé, inspirée par une vision statique de la réalité économique. D'où la défense des avantages acquis, la crainte de l'immigration, l'impossibilité d'équilibrer le système des retraites, la persistance d'un taux de chômage élevé, et des recettes simplistes comme le partage du travail et des revenus. La France ayant été, de la fin du XVIIIe siècle aux années 1940, à l'avant-garde de la dépopulation et du vieillissement, c'est à son histoire démographique et économique qu'est consacrée la plupart des textes réunis dans ce volume. Mais le déclin qu'elle a connu préfigurait ce qu'est en train de vivre l'Europe d'aujourd'hui. Et son expérience va prendre une Portée universelle.
Nombre de pages
580
Date de parution
07/02/2001
Poids
560g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782070758449
Titre
La vieillesse des nations
Auteur
Sauvy Alfred
Editeur
GALLIMARD
Largeur
125
Poids
560
Date de parution
20010207
Nombre de pages
580,00 €
Disponibilité
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Par une curieuse mutation, le {coq} français devient peu à peu {autruche}. Tandis que s'efface le ton cocardier et tricolore, s'affirme la peur de voir les choses comme elles sont et notamment les plus amères. C'est l'attitude de l'autruche. Depuis presque deux siècles, le peuple, promu souverain, dirige ses propres affaires. Malheureusement, ses affaires, il les connaît mal. Non seulement l'information est déficiente, trompeuse, encline à la flatterie, mais nous ne cherchons pas vraiment à savoir, tant les rêves, les mythes, les croyances sont plus avenants que la rugueuse réalité. Longtemps anodines, cette ignorance de nos propres affaires, cette peur de les connaître, entraînent logiquement de plus en plus de mécomptes, parmi lesquels le "tour de force" qu'est le cumul de chômage et d'inflation. C'est que, même sous des dehors libéraux, l'intervention est partout, intervention dans le noir. Devant l'accumulation des difficultés et des nuages, chacun se plaint et chacun a raison ; seulement, l'ensemble a tort. Dans cette affaire, en effet, le grand accusé devenu le {bouc émissaire}, c'est l'Etat. Et l'Etat, c'est nous. Déficience majeure : nous ne savons pas ou nous n'osons pas nous exprimer. Or, s'exprimer, c'est créer. L'atrophie de l'esprit de création se manifeste tant dans le langage que dans la peur de la jeunesse, dans le refus de l'enfant, donc de l'avenir.
Devant la construction d'une société plus humaine et plus juste, les hommes se divisent en deux catégories : ceux qui ne veulent pas et ceux qui ne savent pas. Dans ce livre essentiel qui demeure d'une actualité brûlante, Alfred Sauvy recherche et décrit les moyens de laisser les individus maîtres de leur destin sans dommage pour la collectivité et pose les principes d'une grande construction sociale. Création d'un socialisme de lumière qui permettrait aux hommes de marcher avec fierté non seulement sur la lune mais aussi sur la terre.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.