Depuis le milieu des années 70 les chantiers navals n'en finissent plus de mourir. De repreneurs en crises économiques, c'est l'histoire de toute l'industrialisation française que Fabienne Sartori retrace. Ces chantiers navals là ; elle ne précise jamais lesquels, car ce n'est pas une monographie qu'elle écrit, mais une histoire générale, celle de la disparition programmée de l'identité ouvrière. La forme, c'est les nouvelles, rarement aussi bien nommées : à la fois des "petites histoires" et des "brèves" de journaliste. On a donc un récit fragmenté : tantôt le père parle et évoque ce qu'est le travail de menuisier, tantôt on évoque la vie des enfants d'ouvriers, ceux qui n'iront pas au chantier, ou de ceux qui sont poussés vers le chômage ; et puis s'enchaîne le récit des errances, entre ANPE et Pôle Emploi, et petit à petit, cette histoire principale : la fin de l'identité ouvrière et la captation d'un héritage culturel par d'autres classes de la population, qui vient visiter la mémoire des autres au cours d'incessantes randonnées touristiques. Dans un monde où les vies deviennent des objets de tourisme, où toute culture est marchandable finalement, Fabienne Sartori porte la parole de l'ouvrier, en mêlant son propre passé avec son savoir universitaire. Reprendre le discours sur sa propre histoire c'est combattre ce colonialisme de l'intérieur, la condescendance de la bourgeoisie sous toutes ses formes : paternaliste, financière ou bobo qui prétend toujours apporter la civilisation à ceux qu'elle spolie.
Nombre de pages
200
Date de parution
01/10/2015
Poids
300g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9791093160061
Titre
Nouvelles Du Chantier Naval : Recit
Auteur
Sartori Fabienne
Editeur
VANLOO
Largeur
115
Poids
300
Date de parution
20151001
Nombre de pages
200,00 €
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À Alveno, un village perdu dans les montagnes du Trentin, Alice a laissé ses plus beaux souvenirs, mais aussi les plus durs. Après des années d’absence, elle s’y rend avec des amis, en route vers l’hôtel que ses parents tenaient lorsqu’elle était enfant. Sa mère, Laura, a décidé de vendre l’établissement, lié à un passé trop douloureux : la mort violente et inexpliquée de Sara, sa fille aînée. Peu après le départ d’Alice, Laura reçoit un appel de la police : il y a eu un accident de voiture ; Alice est partie chercher de l’aide, mais n’est jamais revenue. La montagne veut-elle encore lui enlever une fille ? Laura se précipite sur place pour suivre l’enquête. Mais jusqu’où une mère est-elle prête à aller pour sauver son enfant ? Lorenzo Sartori signe un thriller passionnant sur la détermination d’une femme qui, au cœur d’une nature ancestrale, fait face à l’indicible.
Que reste-t-il de Napoléon, à part le fracas des batailles ? La réforme de l'Etat et l'institution des préfets, oeuvre du chimiste Chaptal si bien illustrée par le physicien et préfet Fourier ; les lycées, le baccalauréat et le "corps enseignant", inventions du chimiste Fourcroy ; la Légion d'Honneur, confiée non à un glorieux maréchal, mais au naturaliste Lacépède. L'Empire napoléonien fut en effet un Empire des Sciences, de multiples façons. Ce fut tout d'abord un âge d'or de la science française, durant lequel les savants français dominèrent de façon insolente dans tous les domaines. L'Empereur lui-même éprouvait une passion sincère pour les sciences, au point d'avoir rêvé d'une carrière scientifique. Il aimait sincèrement les scientifiques, les choya, mais sut aussi séduire l'élite scientifique, utiliser son prestige à son profit et la mobiliser au service de son régime. Napoléon disait : "Mes maréchaux, mes préfets, mes évêques". Il aurait pu ajouter : "mes savants".
Ces chroniques sportives, ce sont : des récits de matchs plus vibrants qu'à la radio, une description des maillots des joueurs plus pointue que dans Vogue, le sexe des joueurs, leur âge, leur tour de taille, les faux rebelles, les vrais résistants... A la manière d'un journaliste de l'Equipe qui serait tombé dans la marmite, Philippe Hauer commente le sport au jour le jour et se moque allégrement de cette authentique passion, qu'il a jusqu'au bout des doigts, et dont il sait pourtant qu'elle le fait complice d'une grand messe du mensonge passionné. Spectateur empathique et lucide, ce livre compose une critique sociale : une analyse fine des peurs, des préjugés, et de la méfiance qui animent notre société. Les pages se tournent comme on rentre dans une maison bien rangée : ici remis à leur place, le poids de la famille, le racisme, l'homophobie, la misogynie, le mépris des trop gros, des trop petits, la haine de l'autre en général sont soigneusement décortiqués. Philippe Hauer n'a pas la vision frigide d'un observateur détaché. Il jette un regard amoureux sur les gens avec ce qu'ils ont de vil, avec ce qu'ils ont de grand. Le sport est le plus grand spectacle, celui que la société se donne à elle-même, à grande échelle ; c'est même devenu l'unique véhicule des valeurs sociales, voilà pourquoi on peut en rire : le sport est le miroir de nos rêves et le révélateur de nos êtres.
Tout est bien dans les chroniques d'Anne David, ses questions, ses colères, ses amitiés, et ce qu'elle écrit du grain de sa vie. Le chat, le toit, le neveu, le café où elle s'astreint à se rendre tous les jours avec son ordinateur, la guimauve que le garçon pose sur la soucoupe depuis qu'il sait qu'elle est au chômage. Parce que c'est lui, le chômage, qui fait d'elle l'observatrice impitoyable de sa propre existence et alimente ses chroniques. "Le travail est un banquet joyeux et débonnaire", écrit-elle. Et "le chômeur n'est pas un convive légitime". Mais ce qui manque lui ouvre le champ de toutes les autres légitimités, à commencer par celle d'écrire. Tout ce travail qu'elle s'invente alors... Si différent de "l'emploi", ce concept absurde dont elle décortique l'inanité et auquel il faudrait tout consentir. "J'accède à l'état paradoxal des intermittents, des artistes, des indépendants : j'ai trop de travail pour gagner de. l'argent. Ici, les questions alimentaires prennent une place existentielle. Comment payer les factures ? " Les chroniques d'Anne sont une petite école de la liberté, qui serait si enviable si le prix n'en était pas si démesuré. Marie Desplechin.
Avec Villa Air-Bel, Bruno Leydet revisite, par le biais d'une fiction souvent cocasse, un pan sombre de l'histoire de Marseille sous l'Occupation. Marseille, été 1940. Giuseppe n'en peut plus. Giuseppe est aux abois. Poursuivi par les nervis de Mario Mangravitti, soupçonné par la police pétainiste, trahi par son meilleur ami. Que va-t-il devenir dans cette ville métamorphosée en "territoire de proies terrorisées" ? Sur les conseils d'une amie, il se présente au Comité de Secours de l'Américain Varian Fry. Oui, mais que faire quand on s'appelle Giuseppe Balbo et qu'on est comédien d'opérette marseillaise ? Artiste, Giuseppe ? Pas sûr. Intellectuel ? Encore moins. Peu de chance donc de faire partie de ceux que le Comité aide à quitter l'Europe. Jocelyn Albe (c'est le nom de "poète provençal" qu'il se donne) parviendra pourtant à trouver asile dans la fameuse Villa Air-Bel, au "château Espère-visa ", où résident certains des artistes les plus marquants de l'époque, André Breton en tête. Choc culturel garanti. Scènes comiques aussi. Confronté malgré lui aux personnalités de l'avant-garde culturelle, à leurs jeux insolites, à leurs débats jusqu'à pas d'heure, Giuseppe finira par trouver sa place auprès d'eux... et même par y rencontrer l'amour !
Un couple à trois se retrouve dix ans après et évoque l'épisode. Elle au centre de deux hommes. Une colocation, une relation amoureuse. Elle est avec un des deux mecs. Le second est gay, il fantasme sur son copain. Et puis l'idée lui vient d'avoir un enfant. Il faudrait qu'elle accepte, qu'ils acceptent. Il propose donc que la fille lui fasse un enfant, pourquoi pas finalement ? Bien sûr, il demande à son copain de le soutenir dans l'épreuve. Il est gay et se demande s'il pourra faire l'amour à une fille, si l'autre est là, il aura du moins une motivation érotique. Tout le monde accepte. Et voilà. Le copain ne sait pas trop, mais il y a là une façon d'expérience homo et, même si ça ne le tente pas forcément, ça le tente quand même un peu. La pièce laisse ces trois personnages se raconter cette expérience, avec leurs tentations, leurs dégoûts, leurs envies, leur mauvaise foi et leur naïveté. Ce fut par une nuit d'Epiphanie, l'étrange rapport d'une fécondation volontaire. Elle est tombée enceinte. Elle n'a rien dit. Elle les a quittés. Il n'y a pas eu d'enfant. Ils se sont perdus de vue. Fin de l'histoire.