Dans une île proche des côtes africaines, une grande bâtisse dont le coeur est un pentagone de verre sur lequel passent et viennent mourir les oiseaux. Au-dehors, des sectes de naturistes en quête d'"abeilles lunaires". A l'intérieur, des garçons et des filles devenus de "jeunes vieillards", rongés par le progrès d'un inguérissable épuisement. Plus une authentique vieille un peu folle, cocotte des années trente restée fidèle au style Sonia Delaunay, venue s'installer là avec son chat "parce que rien n'est pire que la solitude". Au fur et à mesure que les autres s'affaiblissement, elle, grâce à beaucoup de plantes et aux soins trop empressés de deux médecins, miraculeusement rajeunit. Monte progressivement une troisième voix, le journal d'un cosmologue, où se livre à nu la méditation : comment apprendre à mourir ? L'oeuvre de Severo Sarduy s'achève ainsi : sur l'apprentissage du "ne pas être".
Nombre de pages
192
Date de parution
24/11/1994
Poids
255g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782070738502
Titre
Les oiseaux de la plage
Auteur
Sarduy Severo
Editeur
GALLIMARD
Largeur
141
Poids
255
Date de parution
19941124
Nombre de pages
192,00 €
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Kepler découvre que les orbites des planètes sont elliptiques : Rubens donne à ses tableaux, avec un tournoiement élongé, non pas un mais deux centres : et c'est aussi un double pôle qu'on trouve dans l'"ellipse" rhétorique de Góngora. Si c'est là le coeur de ce livre, ce n'est aussi qu'un cas parmi d'autres de ce qu'il étudie en général : la "retombée" d'une cosmologie en une organisation des formes symboliques. A condition d'ajouter aussitôt qu'il n'y a aucune nécessité de priorité dans un sens ou dans l'autre, ni de contemporanéité véritable. Des formes de science (et la cosmologie se veut science totalisante) aux formes de l'art, il y a écho, mais réciproque : une mutation des formes symboliques dans les deux cas. De Platon à Aristarque de Samos à Copernic ou Galilée, à Lemaître ou Hoyle ; de Cigoli et Raphaël ou de la ville renaissante au Greco et à la Velásquez, à Boromini et Guarini, à Picasso et Bob Morris ; de Góngora et du Quichotte à Lezama Lima et Sollers : entre un champ et l'autre, chaque fois, repère d'un répons dans une "chambre d'échos". Plaisir - tout baroque - de savoir plus entendre, et d'entendre avec la clarté du plus moderne savoir.
Que Cocuyo, gamain cabochard, se montre étonnamment précoce pour ce qui est de son premier meurtre (au pluriel) comme de son premier tremblant amour (pour une rouquine), qu'il vive un exil insolite dans un récamier de patronage ou s'essaie à déchiffrer les faits et gestes d'un trio d'adultes inquiétants, c'est toujours au même trouble qu'il est en proie : il ne sait ni s'orienter ni comprendre, il est au monde tour à tour dans une confiance euphorique et dans une méfiance désespérée. Ce qu'on a voulu qualifier une fois pour toutes comme la fête du langage chez Sarduy se retourne ainsi cette fois sur l'angoisse d'être voué à l'incertain.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.