Cette ?uvre bouleversante retrace l'histoire de deux frères, Rachel et Malrich Schiller, nés en Algérie d'un père allemand et d'une mère algérienne. Ils sont envoyés très jeunes en France chez Tonton Ali et Tata Sakina en banlieue parisienne. Tandis que Rachel, l'aîné, réussit brillamment ses études, le cadet erre, sans repères, au milieu des jeunes de la cité. Après le suicide inexpliqué de Rachel, Malrich, sur les conseils de Com?Dad, le commissaire, se plonge dans le journal intime de son frère et y découvre des secrets de famille terribles, liés au passé nazi de leur père, ancien officier SS. La pièce mêle habilement enjeux historiques et contemporains, interroge la mémoire, l'héritage, la culpabilité, l'identité et la radicalisation. Et pose la question : sommes-nous comptables des actes de nos parents ... L'adaptation théâtrale que Luca Franceschi a tiré du roman de Boualem Sansal est remarquable d'énergie et nous transporte tour à tour en Algérie, en France et en Allemagne, à travers une série de séquences courtes, intenses, parfois drôles et souvent poignantes. La pièce a été créée par la Compagnie des Asphodèles du Colibri (Direction Thierry Auzer et Céline Courant) le 9 mars 2023 au théâtre de l'Iris à Villeurbanne, dans une mise en scène de Luca Franceschi, avec Samuel Camus, Lysiane Clément, Yann Ducruet, Alexandra Nicolaïdis, Valérian Moutawé et Nicolas Moisy.
Nombre de pages
72
Date de parution
03/10/2025
Poids
90g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782487987593
Auteur
Sansal Boualem ; Franceschi Luca
Editeur
DU BRIGADIER
Largeur
135
Date de parution
20251003
Nombre de pages
72,00 €
Disponibilité
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Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid... Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. "À ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles." Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.
C'est le plus lointain, celui que j'aime à explorer, qui me donne le plus de frissons. Ecoutez-moi raconter mon pays, l'Egypte, la mère du monde. Remplissez bien votre clepsydre, le voyage compte quatre mille et une années et il n'y a pas de halte. Jadis, en ces temps forts lointains, avant la Malédiction, j'ai vécu en Egypte au pays du Pharaon. J'y suis né et c'est là que je suis mort, bien avancé en âge... "
L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, "délégué" de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Mais un homme, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur un peuple de renégats qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion. Au fil d'un récit plein d'inventions cocasses ou inquiétantes, Boualem Sansal s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux.
Je plaisante, je plaisante, mais la situation est affreusement désespérée. L'affaire était louche dès le début pourtant, l'ennemi n'est pas tombé du ciel, il sortait bien de quelque trou, verdammt, un enfant l'aurait compris. Quand avons-nous cessé d'être intelligents ou simplement attentifs ?" Ute Von Ebert, dernière héritière d'un puissant empire industriel, habite à Erlingen, fief cossu de la haute bourgeoisie allemande. Sa fille Hannah, vingt-six ans, vit à Londres. Dans des lettres au ton très libre et souvent sarcastique, Ute lui raconte la vie dans Erlingen assiégée par un ennemi dont on ignore à peu près tout et qu'elle appelle "les Serviteurs" , car ils ont décidé de faire de la soumission à leur dieu la loi unique de l'humanité. La population attend fiévreusement un train qui doit l'évacuer. Mais le train du salut n'arrive pas. Et si cette histoire était le fruit d'un esprit fantasque et inquiet, qui observe les ravages de la propagation d'une foi sectaire dans les démocraties fatiguées ? Comme dans 2084, Boualem Sansal décrit la mainmise de l'extrémisme religieux sur les zones fragiles de nos sociétés, favorisée par la lâcheté ou l'aveuglement des dirigeants.