Le droit à la différence. L'universalisme français et les juifs
Samuels Maurice ; Cyran Olivier
LA DECOUVERTE
22,00 €
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EAN :9782348072734
Le débat public français charrie une singulière conception de l'universalisme, généralement perçu comme incompatible avec les particularismes : les communautés religieuses ou ethniques, dit-on, doivent renoncer à leurs différences pour entrer dans la communauté nationale. Ce livre important montre que cette conception étroite et rigide est bien plus récente qu'on ne le croit. Grâce à une lecture attentive de la manière dont les responsables politiques, les romanciers, les philosophes ou les cinéastes français ont abordé la question de l'intégration des juifs entre le XVIIIe et le XXe siècle, Maurice Samuels explique que différentes conceptions de l'universalisme n'ont cessé de s'affronter. Et que certaines d'entre elles, parfaitement républicaines, ne cherchaient aucunement à éradiquer les particularités prêtées aux minorités juives. Au contraire, c'est dans l'interaction avec ce particularisme, réel ou imaginaire, que s'est construit l'idéal universaliste français. D'où la tentation, dans certains cas, d'accentuer cette prétendue différence pour montrer la force de l'universalisme français : si la France est capable de faire des juifs des citoyens, n'est-ce pas la preuve de son exceptionnel pouvoir inclusif ? Analysant avec une grande finesse le rapport ambigu que les élites intellectuelles et culturelles françaises ont longtemps entretenu avec les minorités juives, depuis l'abbé Grégoire jusqu'à Jean-Paul Sartre, en passant par Emile Zola ou Jean Renoir, ce livre ouvre des perspectives essentielles, qui éclairent de façon inédite les débats actuels sur le " communautarisme " et le " séparatisme ".
Nombre de pages
380
Date de parution
17/03/2022
Poids
378g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782348072734
Titre
Le droit à la différence. L'universalisme français et les juifs
Auteur
Samuels Maurice ; Cyran Olivier
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
135
Poids
378
Date de parution
20220317
Nombre de pages
380,00 €
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La France a été la première nation européenne à accorder la citoyenneté aux Juifs, en 1790-1791. Ce faisant, la Révolution les a placés face à un dilemme: comment demeurer juif (ou, comme ils préféraient se désigner : israélite) tout en devenant français ? Dans ces courts romans et nouvelles, publiés entre 1830 et 1870, les premiers écrivains juifs nés citoyens français affrontent les débats que suscitent leur nouvelle identité : l'assimilation, le mariage mixte, l'antisémitisme, l'allégeance à la nation, la lutte entre orthodoxie et réforme et la situation des femmes, prises entre la tradition et la modernité. Cette littérature méconnue, rassemblée et rééditée ici pour la première fois depuis plus de 150 ans a de quoi fasciner le lecteur tant elle dresse en temps réel le portrait d'une communauté confrontée à des mutations jusque là inédites. Une fascination que partageront tous ceux qui s'intéressent à l'histoire et la culture juives.
Une certaine histoire littéraire en France s'entête à nier l'existence de toute littérature juive antérieure à 1900. Armand Lunel, par exemple, a soutenu que, jusqu'à la fin du XIXe siècle, "une littérature que l'on pouvait qualifier (de) spécifiquement et exclusivement de juive était inexistante en France (...). C'est en vain qu'on chercherait dans les Belles-Lettres un auteur juif qui s'exprimerait en tant que tel". Mais a-t-on jamais réellement examiné cette production littéraire et a-t-on cherché à comprendre ce qu'elle nous dit des dynamiques de l'émancipation, de l'assimilation juive ? Ce livre entend combler cette lacune, et, loin du préjugé selon lequel la contribution française à la culture juive serait insignifiante et de qualité médiocre, postule au contraire l'existence d'une littérature juive féconde au XIXe siècle, pourtant restée ignorée et inexploitée. Au delà de la preuve indéniable de son existence - et l'espace littéraire étant le lieu le lieu où les idéologies s'exposent en traits particulièrement saillants -, nous verrons que s'y expriment les problèmes essentiels de la modernité juive de l'époque, en particulier celui des mariages mixtes, de la conversion et du conflit entre liberté individuelle et tradition.
Samuels David ; Bergman Ronen ; Jones Chris ; Davi
Après trois années d'existence, la revue Feuilleton se décline en poche, en regroupant les articles parus par thématique. Cette anthologie présente du coq à l'âne ces reportages où le réel semble plus invraisemblable que la fiction. Des enquêtes à lire comme des petits romans qui vous emmèneront au beau milieu de l'Amazonie à la recherche de l'épave d'un Boeing, au Monténégro à la poursuite du gang de voleurs de bijoux, les célèbres Pink Panthers, à Dubaï en pleine opération fiasco du Mossad, au fin fond de l'Ohio à Zanesville où une horde d'animaux sauvages errent, en toute liberté, en Libye avec un jeune étudiant américain à l'assaut des troupes de Kadhafi, au plus près des corps avec Apollo Robbins, le roi des pickpockets, enfin en Ukraine sur un plateau de cinéma transformé en société totalitaire.
Il existait autant d'histoires à son sujet que de personnes pour les raconter. Cela tenait au fait qu'il préférait laisser parler les autres à sa place. Ses proches eux-mêmes peinaient à discerner le vrai du faux ; leur imagination prenait parfois le dessus, au point que les détails les plus élémentaires de sa biographie feraient toujours débat de longues années après son départ de la ville. Il était originaire du Wyoming, ou bien du Kansas. Il avait fait ses études à l'Université du Texas, ou du Wyoming, ou de Stanford, ou de Princeton, et obtenu un master en génie biomédical, ou en chimie, ou en ingénierie mécanique, ou en géologie. Ce n'étaient là que des rumeurs, mais toutes comportaient un fond de vérité, dessinant les contours d'une vie qui susciterait la perplexité générale à Telluride. Chacun se demanderait comment et pourquoi on avait pu les berner de la sorte." James Hogue est un personnage caméléon. Ce coureur de fond s'est inventé au fur et à mesure de son existence de multiples identités. David Samuels nous livre un portrait éclaté qui rend hommage à la complexité du personnage, notamment par le témoignage de victimes flouées ou trompées par ce menteur hors du commun. En s'immergeant dans son histoire trouble et touchante, l'auteur finit lui-même par s'interroger sur la mince frontière qui le sépare de Hogue : et si nous étions tous potentiellement des menteurs, qui n'oseraient simplement pas sauter le pas ...
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.