Dans le Sarajevo déboussolé d'après-siège, un avocat s'occupe d'une peintre locale expatriée à Paris durant la guerre, qui voudrait à la fois récupérer son appartement et publier des souvenirs qu'une soif inextinguible de liberté a rendus sulfureux. Celle-ci, de retour dans sa ville, tombe passionnément amoureuse d'un "Jeune homme" qui lui rappelle le "Portrait de Baldassare Castiglione" de Raphaël, un tableau qui l'a fascinée toute sa vie. Dans sa ville natale qu'elle ne reconnaît plus, "où les habitants ne se différencient plus qu'entre mafieux et non mafieux", elle découvre à travers cette liaison tourmentée la montée du fanatisme religieux, tout en prenant conscience de la vie oisive que mène une certaine classe mondaine dans sa cité d'adoption. Un roman de double exil, où la passion permet de percevoir l'écartèlement de notre époque entre deux conceptions incompatibles du monde, l'une laxiste et l'autre ultrarigide, forcées de vivre côte à côte en se haïssant et se combattant. Tandis que l'on commémore le vingtième anniversaire du siège de Sarajevo, que vient de commencer à La Haye le procès de Ratko Mladic après celui de Radovan Karadzic, qu'est devenue la ville qui a subi durant près de quatre ans " un siège moyenâgeux mené avec les armes contemporaines " ? Il est surprenant de constater que les écrivains de Bosnie-Herzégovine, du moins ceux qui sont présentés aux lecteurs francophones, s'évadent le plus souvent dans le passé fascinant de la ville ou les souvenirs de guerre. Il y a pourtant tellement à dire sur les mutations des mentalités dans la cité où ont si longtemps coexisté en syncrétisme trois religions et trois nationalités, sur les collusions politico-mafieuses et la corruption rampante, sur le chômage endémique et la stagnation économique mais aussi l'espoir d'un renouveau touristique et une efflorescence artistique, sur les tentatives de mainmise de quelques fanatiques religieux sur un islam jusqu'ici moderne et ouvert...
Nombre de pages
208
Date de parution
25/04/2012
Poids
300g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782930333489
Titre
Portrait de Balthazar
Auteur
Samic Jasna
Editeur
MEO
Largeur
145
Poids
300
Date de parution
20120425
Nombre de pages
208,00 €
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Dans leur modeste appartement parisien, Lena voit Aliocha se saouler et compulser obsessionnellement ses documents familiaux. Ce naguère brillant informaticien, un des hommes les plus élégants de Sarajevo, est miné par son éternelle interrogation : son père a-t-il fait rouler les convois de la mort avant de disparaître en 1945?? À travers trois journaux intimes des ascendantes d'Aliocha, sa Babouchka Liza - une Russe qui a connu Tolstoï et fui le bolchevisme -, sa mère Irina et son Omama Grete - émigrée de Vienne à Sarajevo -, Lena raconte la saga familiale de ce premier ex-mari, demeuré amant puis réépousé pour fuir la guerre. Entrecroisement d'errances mêlées à la sienne propre d'amoureuse de l'art - Sarajevo, Istanbul, Londres, New York et surtout Paris -, poussée par une soif d'indépendance, en quête permanente d'authenticité, affrontant contre vents et marées les apparatchiks ubuesques, les mâles retors, les imposteurs littéraires, les snobs parisiens, les intégristes islamistes.
Kate, journaliste anglaise installée à Dieppe, y rencontreMichel, d'origine russe. Celui-ci lui raconte la vie extravagante de sesascendants et de leurs amis, Russes blancs installés rue Lacretelle, dans le 15earrondissement de Paris. On y rencontre un médecin de la famille impériale, unavocat et un amiral que l'exil pousse au désespoir, des femmes qui adorentMussolini, une autre éprise des beaux officiers nazis qui doivent débarrasser laRussie des " monstres rouges ", quelques chauffeurs de taxi, des princesses etautres comtesses... Pour oublier la Révolution d'Octobre et la nostalgie de leurpatrie bien-aimée, ces déracinés se retrouvent chaque samedi pour un Cirquecostumé où ils chantent, dansent et boivent. Michel et Kate rendentsouvent visite à Aram, peintre ayant pu quitter l'URSS parce que juif. Ils yfréquentent d'autres Russes fraîchement installés dans la région, des oligarquesde passage, une " ex-fonctionnaire " du KGB, un chanteur d'opéra au chômage, l'une ou l'autre snob parisienne, et y dégoisent à propos de Poutine, del'Ukraine, des Français, sans oublier MeToo. Jasna Samic, née àSarajevo, partage sa vie entre Paris et sa ville natale. Spécialiste deslangues, littératures et civilisations orientales, elle écrit en français et enbosnien. Ses ouvrages ont obtenu plusieurs distinctions internationales, dont, en Belgique, le prix Gauchez-Philippot pour son roman Portrait de Balthazar(M. E. O.), le prix du public du Salon du livre des Balkans, le prix chinois ZhengNian Cup... Elle est titulaire du prix Naji Naaman pour l'ensemble de sonoeuvre.
Martino "Zam" Ebale, dès son plus jeune âge, s'est senti profondément fame-minja, une nature de femme dans un corps d'homme. Forcé de choisir l'exil en Belgique pour échapper à la loi homophobe de son Cameroun natal, il nous livre un parcours de vie éclairant, parfois heureux, souvent difficile, et nous invite à dénoncer les préjugés de toutes natures, à dénoncer toutes les formes de rejet, que les victimes en soient des homosexuels, des lépreux, des séropositifs HIV, des groupes ethniques, sociaux, des adeptes d'une religion ou d'une philosophie, ou... des femmes.
« Jacinthe. Joli prénom que je déteste car j'ai des yeux brun fleur fanée. Par contre, j'adore ma tignasse. C'est elle qui m'entraîne dans des dessins de plus en plus fous. Alors j'oublie ma mère qui m'est presque étrangère, que j'appelle meman. Ou mèman. Et ce père, merveilleux à 75%. J'oublie aussi ce nuage infernal au-dessus de ma tête : le secret que me cachent mes parents. » Nous plongeons dans sa vie, de ses huit ans à ses vingt-cinq ans. Avec son tempérament de feu, ses défis, crises, délires, révoltes, prises de risques. Mais aussi son humour ! On l'accompagne dans sa quête de la vérité. Et la construction de sa vie d'artiste.
Aux obsèques de Mia, Jean disjoncte et révèle à l'assistance médusée sa liaison avec la « parfaite épouse, mère de famille et enseignante » que l'on enterre, déclenchant une échauffourée dans une église qui n'en demandait pas tant. Relâché après une brève garde à vue, il revit leur amour nomade dans des chambres d'hôtels, chacune représentant un nouveau commencement et une ode à la vie, après avoir longtemps végété comme ami de la famille entre la femme qu'il aimait en silence, le mari obnubilé par son musée des deux guerres, deux ados révoltés contre la discipline à l'ancienne imposée par leur père, sans oublier sa propre mère mêle-tout et quelques figurants peu banals. La vie, toutefois, ne s'arrête pas avec la disparition d'une femme follement aimée... Un roman qui louvoie en permanence entre tension dramatique, non-conformisme social et humour aux confins du non-sense.