Ce livre explore les forces qui, dans une société donnée - la nôtre -, poussent à l'uniformité de penser, de sentir et d'être. La forme moderne du "malaise dans la civilisation" ne serait-elle pas la soumission au pouvoir anonyme qu'exercent ces forces, l'exigence de penser se dégrade en exigence de conformité quand le réel, assimilé au rationnel et au technique, a force de loi.Pour saisir le banal qui nous envahit jusque dans ce que nous sommes, il faut d'abord l'isoler en tant que concept et c'est l'effort - original - ici entrepris. Il faut ensuite faire travailler ce concept afin de mettre en évidence la torsion que le primat du banal fait subir au réel: fascination par l'identité, exclusion de l'imaginaire. Il faut enfin rechercher les modalités du banal là où il fait le plus radicalement problème: dans certaines tentatives esthétiques consécutives ou parallèles au surréalisme - comme celles de Raymond Roussel, de Jacques Rigaut, de Duchamp, de Warhol -, là où la création est devenue une subjectivité sans sujet; dans une pathologie psychosomatique que l'on peut caractériser simultanément par l'adaptation réussie et par le refoulement de toute activité de rêve; ou encore dans une expérience mystique qui se voudrait fin de tout discours.À travers cette exploration attentive, minutieuse, de textes ou de cas cliniques, on reconnaîtra à la fois l'emprise qu'exerce le banal, le dévoiement contemporain d'un imaginaire coupé de ses racines subjectives et l'unité de phénomènes appartenant à des champs très divers de l'expérience humaine.
Nombre de pages
222
Date de parution
02/10/1980
Poids
309g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070224807
Titre
Le Banal
Auteur
SAMI-ALI
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
309
Date de parution
19801002
Nombre de pages
222,00 €
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Ce que Sami-Ali nomme espace imaginaire se situe aux confins du dedans et du dehors, de la représentation et de l'expression, de l'affect et de la perception. L'hypothèse de l'auteur, étayée par de nombreuses observations cliniques, est que le corps propre, opérant comme "schéma de représentation", est l'a priori de l'espace ; et, parce que l'espace se constitue à travers le corps propre, il garde toujours, en deçà de son élaboration rationnelle, un lien avec l'inconscient, défini comme essentiellement spatial. Sont successivement envisagés dans cette perspective, élargie aux dimensions de la psychosomatique, l'espace de la vision binoculaire, l'espace du fantasme, l'espace du rêve. Une dernière partie propose une nouvelle lecture, axée sur les métamorphoses imaginaires du corps, d'Alice au pays des merveilles, d'Au-delà du miroir et de La Chasse au snark, aux frontières de l'inimaginable.
Cet ouvrage demeure la seule et unique anthropologie où la réalité clinique égyptienne est présentée comme une contribution originale à une problématique plus large. Elle concerne l'applicabilité du modèle psychanalytique, à un champ tout à fait nouveau, médiatisé par la langue arabe et son dérivé le dialecte égyptien qui constitue presque une langue autonome. Et c'est aussi un travail qui marque les débuts mouvementés de la psychanalyse en Egypte grâce à une première génération de praticiens formés en Europe, mais qui, vite dispersée, n'a pas eu le temps à cause des événements politiques qui se précipitaient sous la dictature nassérienne, de découvrir et communiquer toute la richesse de l'âme égyptienne. Ame miraculeusement ouverte aux rêves et aux affects, dans un contexte où le réel est constamment doublé d'imaginaire, à la fois individuel et collectif, participant à tout moment d'un mythique primordial. Et l'humour y a sa place même dans les situations les plus dramatiques..."
Huit textes et vingt-six images, comme autant de rêves, tentent de répondre à une seule question qui engage le mystère de toute création spontanée : Comment, de simple facteur rural, Ferdinand Cheval (1836-1924), a pu devenir, sans le moindre apprentissage préalable, un créateur hors normes, bâtissant pendant une trentaine d'année son « Palais idéal » qui, précisément, n'est ni palais ni idéal, comme si la réalité de l??uvre se dérobait aux termes destinés à la saisir?? Ce mystère, ici, passe d'abord par un rêve ancien qui émerge de nouveau, pour transformer en rêve toute une vie, désormais consacrée à réaliser l'irréalisable, à rendre visible l'invisible, puis par la langue maternelle, le patois drômois voué à disparaître face à l'envahissement de la langue officielle, le français. Les pierres patiemment ramassées au cours des tournées journalières du facteur, et qui ont toujours servi d'appui pour une imagination matérielle inépuisable, paraissent ainsi comme l'équivalent des mots de la langue originelle. Ces pierres mises côté à côte, entassées, creusées ou enterrées, disent l'indicible à travers des bouts de rêve. Nous assistons à la déambulation de Sami-Ali dans et autour du Palais idéal, et le regard qu'il pose sur l??uvre et son créateur concentre en lui l'essence de la réflexion du philosophe, psychosomaticien et peintre qu'il est. Et la restitution du processus créateur à travers cette approche d'une esthétique de la marginalité révèle ainsi progressivement tout le pouvoir méconnu du rêve et de l'imagination propres à l'homme.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.