Huit manieres de rever le facteur cheval - essai sur l'esthetique de la marginalite
SAMI-ALI
ESPERLUETE
15,00 €
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EAN :9782359840100
Huit textes et vingt-six images, comme autant de rêves, tentent de répondre à une seule question qui engage le mystère de toute création spontanée : Comment, de simple facteur rural, Ferdinand Cheval (1836-1924), a pu devenir, sans le moindre apprentissage préalable, un créateur hors normes, bâtissant pendant une trentaine d'année son « Palais idéal » qui, précisément, n'est ni palais ni idéal, comme si la réalité de l??uvre se dérobait aux termes destinés à la saisir?? Ce mystère, ici, passe d'abord par un rêve ancien qui émerge de nouveau, pour transformer en rêve toute une vie, désormais consacrée à réaliser l'irréalisable, à rendre visible l'invisible, puis par la langue maternelle, le patois drômois voué à disparaître face à l'envahissement de la langue officielle, le français. Les pierres patiemment ramassées au cours des tournées journalières du facteur, et qui ont toujours servi d'appui pour une imagination matérielle inépuisable, paraissent ainsi comme l'équivalent des mots de la langue originelle. Ces pierres mises côté à côte, entassées, creusées ou enterrées, disent l'indicible à travers des bouts de rêve. Nous assistons à la déambulation de Sami-Ali dans et autour du Palais idéal, et le regard qu'il pose sur l??uvre et son créateur concentre en lui l'essence de la réflexion du philosophe, psychosomaticien et peintre qu'il est. Et la restitution du processus créateur à travers cette approche d'une esthétique de la marginalité révèle ainsi progressivement tout le pouvoir méconnu du rêve et de l'imagination propres à l'homme.
Date de parution
09/09/2010
Poids
275g
Largeur
167mm
Plus d'informations
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EAN
9782359840100
Titre
Huit manieres de rever le facteur cheval - essai sur l'esthetique de la marginalite
Auteur
SAMI-ALI
Editeur
ESPERLUETE
Largeur
167
Poids
275
Date de parution
20100909
Nombre de pages
0,00 €
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Ce livre explore les forces qui, dans une société donnée - la nôtre -, poussent à l'uniformité de penser, de sentir et d'être. La forme moderne du "malaise dans la civilisation" ne serait-elle pas la soumission au pouvoir anonyme qu'exercent ces forces, l'exigence de penser se dégrade en exigence de conformité quand le réel, assimilé au rationnel et au technique, a force de loi.Pour saisir le banal qui nous envahit jusque dans ce que nous sommes, il faut d'abord l'isoler en tant que concept et c'est l'effort - original - ici entrepris. Il faut ensuite faire travailler ce concept afin de mettre en évidence la torsion que le primat du banal fait subir au réel: fascination par l'identité, exclusion de l'imaginaire. Il faut enfin rechercher les modalités du banal là où il fait le plus radicalement problème: dans certaines tentatives esthétiques consécutives ou parallèles au surréalisme - comme celles de Raymond Roussel, de Jacques Rigaut, de Duchamp, de Warhol -, là où la création est devenue une subjectivité sans sujet; dans une pathologie psychosomatique que l'on peut caractériser simultanément par l'adaptation réussie et par le refoulement de toute activité de rêve; ou encore dans une expérience mystique qui se voudrait fin de tout discours.À travers cette exploration attentive, minutieuse, de textes ou de cas cliniques, on reconnaîtra à la fois l'emprise qu'exerce le banal, le dévoiement contemporain d'un imaginaire coupé de ses racines subjectives et l'unité de phénomènes appartenant à des champs très divers de l'expérience humaine.
Ce que Sami-Ali nomme espace imaginaire se situe aux confins du dedans et du dehors, de la représentation et de l'expression, de l'affect et de la perception. L'hypothèse de l'auteur, étayée par de nombreuses observations cliniques, est que le corps propre, opérant comme "schéma de représentation", est l'a priori de l'espace ; et, parce que l'espace se constitue à travers le corps propre, il garde toujours, en deçà de son élaboration rationnelle, un lien avec l'inconscient, défini comme essentiellement spatial. Sont successivement envisagés dans cette perspective, élargie aux dimensions de la psychosomatique, l'espace de la vision binoculaire, l'espace du fantasme, l'espace du rêve. Une dernière partie propose une nouvelle lecture, axée sur les métamorphoses imaginaires du corps, d'Alice au pays des merveilles, d'Au-delà du miroir et de La Chasse au snark, aux frontières de l'inimaginable.
Cet ouvrage demeure la seule et unique anthropologie où la réalité clinique égyptienne est présentée comme une contribution originale à une problématique plus large. Elle concerne l'applicabilité du modèle psychanalytique, à un champ tout à fait nouveau, médiatisé par la langue arabe et son dérivé le dialecte égyptien qui constitue presque une langue autonome. Et c'est aussi un travail qui marque les débuts mouvementés de la psychanalyse en Egypte grâce à une première génération de praticiens formés en Europe, mais qui, vite dispersée, n'a pas eu le temps à cause des événements politiques qui se précipitaient sous la dictature nassérienne, de découvrir et communiquer toute la richesse de l'âme égyptienne. Ame miraculeusement ouverte aux rêves et aux affects, dans un contexte où le réel est constamment doublé d'imaginaire, à la fois individuel et collectif, participant à tout moment d'un mythique primordial. Et l'humour y a sa place même dans les situations les plus dramatiques..."
Lorsque Frédérique Dolphijn rencontre l'histoire des Catulas, ces in-surgés qui, dans la première moitié du XIXe siècle, se sont rebellés parce que leurs conditions de vie et leur travail ne leur permettaient plus de vivre, elle fait le lien avec ce que l'on appelle, de nos jours, les travail-leurs-pauvres. Ceux qui crient leur colère sur les ronds-points, ceux qui prennent leurs tracteurs pour manifester leur ras-le-bol d'être laissés-pour-compte, ceux qui souvent subissent l'indifférence des nantis et du plus grand nombre. En 1847, à Berzée en Belgique, des conditions climatiques désastreuses et de mauvaises récoltes engendrent un début de famine. Un groupe d'hommes et de femmes décident de changer la donne. D'abord en ten-tant d'acheter au prix juste le grain nécessaire à leur survie, puis, en der-nier recours, en se servant dans les greniers de ceux qui thésaurisent les récoltes et en déterminent le prix selon la loi de l'offre et de la demande. Les révoltés seront repoussés, arrêtés et pour certains incarcérés et jugés. Or, fait étonnant, la cour ne les condamnera pas... Frédérique Dolphijn brosse un récit tout en nuances. Les différents points de vue sont évoqués, les nantis ne sont pas que les "méchants" de l'histoire ; les insurgés ont aussi leurs failles. Si leurs vies se côtoient, le cycle des saisons et les circonstances de la vie les impactent différem-ment. C'est dans cette nuance que le récit se tisse, dans les jours qui précèdent l'insurrection elle-même, jusqu'à ses conséquences. En faisant sienne cette révolte, c'est toute une époque que l'écriture de Frédérique Dolphijn fait revivre, celle d'un siècle où chacun et chacune a sa place et est censé la tenir, jusqu'au jour où tout bascule...
Lorsque Violaine Lison reçoit en dépôt les carnets de Léonce Delaunoy, elle est frappée par la beauté et la force de l'écriture de ce jeune homme mobilisé comme brancardier lors de la Première Guerre mondiale. Malgré les horreurs de la guerre, Léonce reste proche de la nature ? décrivant comme personne les paysages, l'Yser, les oiseaux ? mais aussi de ses idéaux d'amitié. Le récit de la «guerre de Léonce» se déploie sous les yeux de Violaine. Pourtant, très vite elle sent que «quelque chose» ne va pas. Des manques apparaissent. Des incohérences. S'agit-il d'un faux, d'une retranscription ? Une forme d'enquête historique et littéraire commence? Lorsque l'autrice retrouve les carnets originaux, elle comprend que le journal de Léonce a été recopié par Paul, un ami très proche de Léonce. Mais la retranscription est lacunaire. Les parties censurées parlent de l'absurdité de la guerre, du désespoir, de l'envie de mourir, mais aussi d'une amitié amoureuse pour Herman, troisième personnage de cette histoire. Quel intérêt avait cette censure ? Faire de Léonce un héros ? Gommer l'amour porté à un autre homme ? Violaine ne tranche ni ne juge, elle tisse son récit entre les carnets, approche la vie de Léonce tout en racontant sa propre quête. Lequel de nous portera l'autre ? est un récit polyphonique, où les voix de Léonce et de Violaine s'entremêlent, se répondent et se questionnent. Cent ans les séparent, pourtant le texte de Léonce Delaunoy résonne avec une modernité frappante. Et c'est tout l'art de Violaine Lison que de nous ancrer dans le réel tout en laissant une place à l'inattendu des mots. Il en naît une rencontre rare et précieuse.
Faire ses blancs pains, au Pays des Collines, c'est pétrir le drap du lit comme pour préparer une offrande pour l'au-delà. Ce geste annonce alors que la mort est proche et que le mourant, doucement, se prépare. En trois textes qui s'enchaînent, Françoise Lison-Leroy interroge la place prise par chacun dans sa famille, les présents comme les absents, ceux à la longue vie ou les enfants partis trop tôt. Comme cette tante de deux ans, emportée par la fièvre dans un temps où la vie des enfants était plus fragile. Au cimetière du village, sa tombe côtoie celles d'autres enfants ; un respect sacré, partagé, inné, entoure ce petit coin du cimetière. Sa présence habite les pensées et les promenades de l'auteur. évocations légères, souvenirs, bribes glanées au fil des pérégrinations, mémoire de la famille... ce qui reste de vie pour ceux qui grandissent. Précédée par cet enfant, l'auteure se sent aussi portée par celle qui lui offre alors une bienveillante attention. Elle tisse un monde où les sentiments se transmettent par delà les mots. Diane Delafontaine accompagne ce texte d'images qui, elles aussi, s'ancrent au passé comme au présent. Une manière de faire le lien et de donner au texte une tonalité faite de photos anciennes et de retouches à l'encre.
Trois moments pour dérouler le temps et arpenter la mémoire : une femme nous emmène dans la maison d'une grand-mère, vers les sentiers au fond du jardin et là où tout se trouble. La marche et l'errance urbaine y réveillent le souvenir et dessinent un nouveau territoire à parcourir. Texte de passage, de prise de conscience, de renoncement à un temps idéal qui passe par le deuil ? pas seulement des proches, mais d'une idée du monde, d'une liberté de rêver. Une écriture puissante, à vif, qui nous entraîne là où le quotidien devient poésie, là où le souvenir tisse sa trame.