Dédaignant les planches pourries qui lui étaient proposées pour perpétuer l'ennui d'une tradition conservatrice, Toma? ?alamun (1941-2014) forma très tôt le plan de ?dynamiter la montagne? afin d'obtenir les pierres nécessaires à la construction du ?palace? qu'il avait à l'esprit ; une telle ambition individuelle ne pouvait que se heurter à la société, a fortiori sous sa forme communiste. Ostracisé par le pouvoir yougoslave, brièvement emprisonné pour ses écrits, il fait paraître ses deux premiers recueils, Poker (1966) et Namen Pelerine (1968), en samizdat. En 1970, alors membre du collectif slovène d'art contemporain OHO, il est invité à New-York par le Museum of Modern Art. Cette découverte décisive de l'Amérique, où il ne cessera jamais de faire de nombreux et longs séjours, ?alamun la décrivait comme sa deuxième naissance. Définitivement ?guéri de la faim pathologique des littérateurs européens?, c'est à Ithaca, à Yaddo, à Mexico, à Guatemala, qu'il embrassa son destin : celui d'un poète qui se présente comme tel, sans honte, avec la dignité et la simplicité d'un maçon. Jalon d'une intense période mexicaine, Soy realidad (1985) nous plonge au coeur d'une poésie fraîche et exubérante, irrévérencieuse et absurde, qui est la réponse anarchique aux pouvoirs du langage et aux puissances de la vie.
Nombre de pages
128
Date de parution
21/11/2025
Poids
300g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782377921942
Titre
Soy Realidad
Auteur
Salamun Tomaz ; Rambaud Mathias
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
137
Poids
300
Date de parution
20251121
Nombre de pages
128,00 €
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En septembre 2000 et 2001, ont eu lieu les premières Rencontres européennes du livre de Sarajevo, à l'initiative conjointe du Centre André-Malraux de Sarajevo, du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo et du Collège international des traducteurs d'Arles. Cet événement culturel de dimension internationale, centré sur la littérature mais ouvert à toutes formes d'expression artistique - cinéma, photographie, bande dessinée, théâtre, musique, sans oublier la traduction, vecteur essentiel de la circulation des idées et des ?uvres a suscité des réactions extrêmement positives dans les pays de la région. Grâce à l'adhésion immédiate de tous les écrivains contactés, grâce aussi au soutien actif et constant de figures importantes de la littérature et de la culture européennes - Jorge Semprun, Juan Goytisolo, Edgar Morin, Jean-Luc Godard, d'autres encore -, les deux premières éditions des Rencontres ont donné lieu à de forts moments de vie et de dialogue. Dans ce c'ur tourmenté de l'Europe, des créateurs venus de nombreux pays ont, pour la première fois depuis la fin de la guerre, pu se parler longuement, évoquer leurs épreuves passées, leurs projets, leurs espoirs, leurs volontés. Les premiers Carnets de Sarajevo sont une trace de ce dialogue.
Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien. Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère". Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.
L'attirance est pour Blanchot ce qu'est, sans doute, pour Sade le désir, pour Nietzsche la force, pour Artaud la matérialité de la pensée, pour Bataille la transgression : l'expérience pure du dehors et la plus dénudée. Encore faut-il bien comprendre ce qui est désigné par ce mot : l'attirance, telle que l'entend Blanchot, ne prend appui sur aucun charme, ne rompt aucune solitude, ne fonde aucune communication positive. Le seul essai essentiel sur Maurice Blanchot.
Ecrivain surréaliste, à la fois poète, conteur, romancier et essayiste, André Pieyre de Mandiargues a entretenu d'étroites relations avec l??uvre écrite et peinte d'Henri Michaux, son ami. Son monde où pulsions et fantasmes bousculent le réel, où une liberté onirique aux confins de l'imaginaire et du désir lézarde le quotidien (dans un trouble merveilleux), coïncide par plusieurs frontières avec celui de Michaux. Personne n'était alors mieux placé pour poser sur ?ce très haut phare à feu noir? un regard aussi profond que personnel. Dans ces trois textes Michaux devient un voyant, une sorte d'Aède qui entrevoit dans les ténèbres les contours nets des origines, naissance de toute chose : aimons-le !
Jaccottet Philippe ; Thomas Henri ; Blanc Philippe
Philippe Jaccottet est né en Suisse à Moudon en 1925. En 1941 il rencontre Gustave Roud qui lui fait découvrir Novalis et Hölderlin. Agé de vingt ans, il voyage en Italie, rencontre Ungaretti, puis en France où il séjourne, à Paris de 1946 à 1952. Dépassant l'existentialisme comme le surréalisme, Jaccottet instaure un clacissisme plus concret. En 1953, il s'établit en Provence à Grignan avec sa femme, peintre, et ses deux enfants, au moment où paraît son premier grand recueil : L'effraie et autres poésies. On lui doit, en marge d'une ?uvre poétique abondante, de nombreuses traductions : Ungaretti ou Musil dont il a rendu accessible au lecteur français la quasi-totalité de l??uvre. Henri Thomas est né en 1912. Proche de Gide et du groupe de la NRF, il noue très tôt de solides amitiés littéraires. Il publie en 1940 son premier roman, Le seau à charbon, puis l'année suivante son premier recueil poétique, Travaux d'aveugle. Après quelques années à Londres, John Perkins, prix Médicis en 1960, puis, Le promontoire, prix Femina en 1961, lui assureront une certaine notoriété. L'année 1965 marque le début d'une période sombre. Devenu veuf il ne publie que de minces plaquettes avant de renouer, en 1985, avec une intense activité créatrice. La correspondance de ces deux figures majeures de la poésie est le filigrane d'un demi siècle d'histoire littéraire. Débutée en 1949 elle ne prend fin qu'en 1993 avec la mort d'Henri Thomas. Réunis par le même souci d'équilibre entre ?délice et supplice de vivre?, entre angoisse et splendeur, c'est d'abord la poésie qui est au centre de leurs échanges : la littérature est le seul grand sujet de cette réflexion vivante.