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Oeuvres poétiques. Tome 2
Salager Annie
RUMEUR LIBRE
24,00 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9782355770715
Avec la terre et la mer, dans votre poésie, tout un côté cosmique s'affirme. -Oui, finalement la poésie est une ascèse pour moi, au sens spirituel, un exercice spirituel, un exercice d'élucidation. Je l'ai vu peu à peu. Ce que j'ai bien senti, c'est que j'allais vers un dépouillement. J'ai quitté ceci, cela, j'ai beaucoup quitté vers un repli qui s'est fait et se fait malgré moi. Au profit de quoi ? De cet aléatoire, de ce désir terrible de dire, et dont on voit en même temps que cela intéresse de moins en moins l'humanité. Presque comme un religieux qui passerait sa vie dans un couvent (là, j'exagère...). -Et qui trouve la grâce ? -Qui trouve la grâce mais aussi le doute. -Est-ce un obstacle à l'écriture ou est-ce que cela alimente l'écriture, ce conflit ? -Je crois que ça l'alimente ; c'est un très long chemin de découvrir la poésie. D'autant plus que j'avais des interdits en moi-même... Mais je savais aussi par quoi j'étais poussée : par ce désir de chercher une voix en moi. C'était aller contre moi et contre les autres. Je peux dire que ça n'a pas été du tout commode. Mais en même temps j'en connaissais l'enjeu aussi, tout en sentant que j'étais moins que rien. Je ne me prenais pas plus au sérieux que maintenant, mais quelque chose en moi en connaissait l'éventuelle valeur. Une aventure humaine comme une autre, enfin. Le risque de la liberté."
Nombre de pages
508
Date de parution
01/08/2015
Poids
580g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782355770715
Titre
Oeuvres poétiques. Tome 2
Auteur
Salager Annie
Editeur
RUMEUR LIBRE
Largeur
141
Poids
580
Date de parution
20150801
Nombre de pages
508,00 €
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Se joignent-elles en vol d'oiseaux les musiques d'une vie, souvent inconnues d'avoir été oubliées se joignent-elles pour improviser l'exil du vivre dans le cri du bec bleu de l'oiseau ouvert contre le ciel et en lutte avec lui seraient-elles le bois du violon, son âme, musiques pianissimo d'une tension entre mort et beauté leur chambre d'échos où le mal s'oublie les rendra demain à la transparence vida breve c'est de soi qu'il faut rire tel est l'archet.
Lors, dis-je un jour à mon grand-père, accablée par son constat amer sur l'état du monde, il y a des riches et des pauvres? " Je me souviens d'avoir pensé - et non pas dit, premier silence conscient, quoique gâché d'illusion : " On a attendu jusqu'à moi, une petite fille, on a supporté ? Y avait qu'à partager pourtant. Quand je serai grande, je changerai ça ! " Et... J'ai eu toute ma vie pour constater mon échec. Déception silencieuse, je la crois fondatrice, alimentant un des ruisseaux d'un sentiment-fleuve : celui de désir et d'impuissance. Il y eut auparavant le lyrisme paternel - mais il était au loin, du temps de ma vie occitane -, les chants dont il m'avait entourée : une source du vaste fleuve que l'écriture voudrait remonter (kayak immobile). Il en est d'autres. L'intranquillité d'être au monde, un manque insaisissable ; le plaisir d'être au monde, une abondance insaisissable. En effet, c'est au temps de " l'autre langue " qu'une telle dialectique du vivant s'est instaurée. L'occitan me fut pays imaginaire, désir comblé impossible à combler et langue sous la langue. Comment naît le désir d'écrire, la lente maturation, le combat avec soi-même, l'exigence prégnante et le "loyal adversaire" dont parle Char ? Tissés à l'histoire personnelle, exil et désir se mêlent et mènent à, à quoi, éventuellement à l'écriture. Annie Salager, Extrait de l'entretien avec Jean-Yves Masson, autre SUD, 35, 2006.
Un vol d'adolescents souffle sur la planète peuplés de folie au désert de leur coeur une nuit de sanglots dans le vide laissé par la haine au milieu des maisons détruites des cris rendus muets des douleurs mortes ... et le poème m'a échappé, je voulais dire les forêts bleuies d'une musique de silence au loin sur les collines où l'on croise des biches, et le ciel qui verse avec largesse sur elles ses coupes d'harmonie dont on aime boire le champagne au bouquet de sagesse et de fruit, le poème qui cherchait l'âme claire d'un vin de vie qu'en toutes terres on voudrait élever, le poème m'a échappé, mais dans la fleur du silence plus féconde que la haine le chant était resté...
La danseuse affûtée, audacieux poignard, Dans le fourreau claquant de sa gangue hivernale, Parsème de beige ses ondes boréales : L'eau transperce les corps de son glacé regard. Même les coussinets du polaire renard, Sont transis par le gel de la banquise opale, Les âmes hibernent ou à grands pas détalent, Le pagailleux tardif se soumet au blizzard ! Un cristal transparent de quartz neigeux lacère, La goutte qui survit en vif éclat de verre, Sa rondeur fluide capte le malheureux, Qui dans ses méandres se débat puis s'abîme, Le soleil apaise ses alchimiques feux, Tissant dans ses gouttes un arc-en-ciel sublime.