Je ne sais quoi oublier. L'écorce des formes a brûlé... Le feu sur les rives est devenu mer. L'incendie dans la nuit est devenu une crête noire et moi je me suis couchée sur elle. Liana Sakelliou nous livre ici un condensé d'aventures historico/mystiques autour de La dormition de la Vierge du peintre El Greco. Cette plongée dans le mystère de l'icône, qui apparaît, disparaît et reprend vie à travers la Méditerranée, est une horloge spatiale. Avec gravité, incendie et miracle s'entremêlent ! La touche et l'imaginaire de l'auteure rythment cette épopée d'amour et de transcendance, poétesse attentive au frémissement du souffle, à l'écaille émerveillée de l'oeuvre/chair. Simple tableau qui met en relief la beauté et le drame humain, appel qui résiste au dépérissement, entre croyance et célébration. La délicatesse et la profondeur de ce livre révèlent une poésie tenant à distance les faussaires de l'instantané. Séquence de chants essentielle ! M. Cassir
Voilà une poésie qui se penche sur les vies en miniature et les états intermédiaires. Des états qui, sans exclure les reflets fantasmagoriques des formes et des apparences, instaurent une délicatesse et un sens aigu de leur entrelacement dans le récit. C'est le monde vivant et naturel, au point marginal et frontalier où se rencontrent, coexistent et se transforment ces états, qui est dépeint en filigrane tout au long de ce recueil.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...