Sainte-Beuve a beaucoup aimé - quelque sens précis que l'on entende donner à ce verbe. Mais deux femmes, entre autres, ont enfoncé leur empreinte dans sa vie. Mme Victor Hugo le brûla de toutes les flammes d'une passion partagée : Mme d'Arbouville l'enveloppa dans le frémissant rayonnement d'une tendresse qui se contraint et s'épure. C'est en songeant à la beauté " sérieuse et pensive " de Mme Victor Hugo que Sainte-Beuve écrivit Madame de Pontivy ; c'est en la regrettant, et pour s'efforcer de la moins regretter qu'il écrivit Christel. Asservi à l'amitié sereine et sage de Mme d'Arbouville, et pour protester encore contre cet asservissement, il ébaucha Le Clou d'or et La Pendule... Ces quatre nouvelles résument, avec Volupté, l'effort d'imagination de Sainte-Beuve : sous des noms différents, c'est Amaury (le héros de cet unique roman) encore, et c'est donc toujours lui qu'elles engagent en des aventures où le vraisemblable prolonge le réel après l'avoir longtemps côtoyé.
Nombre de pages
153
Date de parution
25/11/2000
Poids
140g
Largeur
120mm
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EAN
9782841421350
Titre
Le clou d'or
Auteur
Sainte-Beuve Charles-Augustin
Editeur
OMBRES
Largeur
120
Poids
140
Date de parution
20001125
Nombre de pages
153,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Manquant de ce rayon qui s'appelle la Grâce, on ne dira pas que Sainte-Beuve était janséniste ; mais il avait, comme les disciples de Jansenius, un caractère pessimiste et par suite l'aptitude morale à comprendre leur amère et désolante doctrine. On cherche bien loin les origines de son monumental ouvrage, Port Royal, mais ne seraient-elles pas au plus profond de lui-même, dans sa misanthropie native ? C'est ce que démontre Maxime Leroy dans la remarquable préface qu'il consacre à l'historien de Pascal et de Saint-Cyran. Pourquoi Sainte-Beuve a-t-il choisi un sujet tel que Port-Royal ? Il a répondu lui-même à cette question : "J'y avais, dit-il, été conduit par mon goût pour les existences cachées et par le courant d'inspiration religieuse que j'avais suivi dans les Consolations". Un texte de 1842 est suggestif : "Mon but est surtout historique, on le sait ; mais il est philosophique aussi, qu'on me permette de le d'ire, plus philosophique peut-être qu'il ne paraît. Je tiens à faire ressortir et à montrer tantôt le côté abrupt, tantôt le côté plausible du point de vue janséniste, à indiquer l'état et le remède chrétien, s'il se peut, mais au moins, au pis, à noter le mal humain, à démasquer la fourbe humaine et l'inconséquence presque universelle".
Charles-Augustin Sainte-Beuve commença à vingt ans sa carrière de critique au Globe, le 10 octobre 1824. Le 13 octobre 1869, une opération manquée interrompit son "office de vigie" et priva Flaubert du lecteur espéré : "J'avais fait L'Education sentimentale en partie pour Sainte-Beuve. Il est mort sans en connaître une ligne." A défaut d'un Sainte-Beuve intégral, nous présentons ici un Sainte-Beuve chronologique, avec une proportion plus généreuse pour la littérature de son temps et pour les textes de ses débuts - meilleure façon de faire sentir ce qui a maintenu, par-delà les faiblesses ou les désastres intimes, l'autorité de ce lecteur auprès des deux ou trois générations littéraires qui ont écrit, comme Flaubert, "en partie pour lui". Le lecteur découvrira un Sainte-Beuve politique méconnu, qui s'exprime, par exemple, avec flamme dans un hommage aux sergents de La Rochelle exécutés par Louis XVIII pour complot libéral, un Sainte-Beuve élaborant sa méthode critique, du "Pierre Corneille" de 1829 au dialogue avec la Physiologie des écrivains et des artistes d'Emile Deschanel en 1864, jusqu'à cette formule d'épilogue : "Le goût seul ne dispense pas des méthodes armées et précises", un Sainte-Beuve ethnologue et sociologue du monde littéraire de son temps, enfin un Sainte-Beuve dressant ses portraits d'écrivains et partageant les combats de la génération romantique dont il s'est fait en apparence le censeur.
L'un des phénomènes culturels importants de notre époque est le retour de la biographie. Un autre est la place conquise par les femmes, ou qui leur est rendue. Or Sainte-Beuve était passionné des deux, et de sensibilité très féminine. Le moment est venu, par-delà l'anathème proustien, de lui rendre justice. D'autant que le portrait n'est pas la biographie : c'est la synthèse d'une vie, d'une personnalité, en quelques dizaines de pages libérées de l'anecdote, et qui vont droit à l'essentiel.
Ex membre de la police tchèque, en exil à Londres depuis 1938, le Dr Jan Czissar à l'habitude de fourrer son nez dans des affaires criminelles qui ne le regardent pas et " empoisonne " ainsi l'existence du commissaire adjoint Mercer de Scotland Yard. Il faut admettre que ses interventions intempestives sont généralement parfaitement justifiées. Publiées dans une revue anglaise en Juillet et Août 1940, reprises après la guerre dans des versions amputées d'un tiers par Ellery Queen's Mystery Magazine, puis dans son édition française, Mystère Magazine, les six histoires qui constituent les Instrusions du Dr Czissar ont été réunies par Eric Ambler dans son dernier livre paru en 1993 et sont données ici pour la première fois dans des traductions intégrales.
Gaskell Elizabeth ; Darmont F. ; Lecellier Dominiq
Aux côtés de Jane Austen, des soeurs Brontë, de Charles Dickens et de George Eliot, Elizabeth Gaskell (1810-1865) occupe dans le roman anglais du XIX' siècle une place importante que la critique récente a largement consolidée. Portrait discrètement ironique d'une grande dame de la noblesse terrienne, Lady Ludlow fait partie de ses courts romans, comme Cranford ou Ma cousine Phillis, où l'originalité de son talent donne sa pleine mesure.