Alexandre Damville, maître incontesté, bénédictin des lettres, " puissant et solitaire ", et son fils Georges Damville, espoir turbulent de la nouvelle vague. Mais cette commune passion d'écrire ne les rapproche pas. Elle ne fait que donner plus de relief et de violence au conflit qui les oppose. Conflit de deux générations et de deux styles, de deux orgueils, de deux tempéraments. Pour Alexandre, Georges n'est qu'un jeune barbare frénétique et bien doué, qui trouble l'ordre de sa vie. Alexandre est pour Georges un grand homme sans âme et sans amour, dont le génie a tué le coeur. Conflit encore de deux tendresses refoulées. Entre eux, le vide br-lant que l'absence d'une femme creuse au coeur des hommes : Georges avait sept ans quand sa mère est morte. Eve Chambleau, la jeune maîtresse d'Alexandre, s'efforce de devenir le trait d'union de ce père et de ce fils, au risque d'y briser sa grâce et ses forces... Avec une sorte d'héroïsme, toute sa vie, Alexandre Damville a cherché l'effacement de l'homme devant l'artiste. Georges, lui aussi, va jusqu'au bout de la route, en bravant ce père qu'il admire et qu'il craint. Mais le drame de leurs solitudes blessées ne change pas : ils s'aiment.
Nombre de pages
222
Date de parution
01/01/1967
Poids
225g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782246808107
Titre
Les écrivains
Auteur
Saint-Pierre Michel ; Calan Pierre de
Editeur
GRASSET
Largeur
127
Poids
225
Date de parution
19670101
Nombre de pages
222,00 €
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Je reviens au roman, après dix ans d'investigations littéraires par d'autres voies. Dans Le Milliardaire, j'ai tenté de dépasser le schéma romanesque d'un héros unique. Chacun de mes acteurs, chacune de mes actrices, je me suis efforcé de les décrire et de les analyser à fond. Bien s-r, l'ensemble de l'affaire gravite autour du milliardaire que je décris : un certain Fabre-Simmons régnant sur une entreprise complexe, industrielle et financière. Dans cette jungle de l'économie moderne, il y a des drames. Un géant absorbe un autre géant par une Offre publique d'achat. Une dévaluation, accompagnée de certaines spéculations, peut amener une cascade d'événements plus ou moins tragiques, avec leurs répercussions humaines ; les rivalités deviennent celles des fauves ; et le simple fait de la lutte sans répit, des harcèlements continuels, des rigueurs plus ou moins impitoyables et des combinaisons plus ou moins retorses que suppose l'existence même - l'existence quotidienne - d'un magnat de l'industrie et de la finance, aujourd'hui, tout cela durcit infailliblement un coeur d'homme, tend à égarer son jugement, et le conduit peu à peu au césarisme d'une vieillesse omnipotente, solitaire et dorée. Je voudrais, en somme, montrer sur un être humain, et sur ceux et celles qui l'entourent, les stigmates de l'argent - en même temps que j'aimerais faire ressortir, moi qui ai longtemps vécu et travaillé dans ce milieu des milliardaires, l'extraordinaire malédiction qui s'abat sur ceux qui détiennent un excès de richesse temporelle. Le " Malheur aux riches ! " n'est pas une vaine formule. Pour ma part, j'ai trouvé, chez la plupart des hommes accablés de fortune que j'ai pu rencontrer, un mélange grandissant d'orgueil amer, de méfiance et de tristesse. " Michel de Saint Pierre.
La révolution numérique atteint son apogée, celle des intelligences artificielles. Nous sommes désormais pris en charge. Les outils et les algorithmes nous interpellent, nous encadrent, nous guident, choisissent à notre place. Répondent aux questions que nous ne nous posions pas. Jouent avec nous. Se jouent de nous. Cette dernière révolution nous laisse amers et épuisés. Nos cerveaux sont saturés de dopamine, ne connaissant ni vide, ni repos. Tout comme nos yeux, nos doigts, nos corps. Nos vies sont fragmentées, à l'image du monde. Peut-être devenons-nous des mines à ciel ouvert, aspirés et malmenés par le monde de la donnée, au coeur du d'une réalité qui semble elle-même s'effacer ? Telle n'était pas la promesse du progrès et nous voici pris de vertige : sommes-nous entrés dans une nouvelle civilisation, à la croisée du sommeil perdu, de l'hypnose et de la soumission ? Ou bien vivons-nous la dernière heure de l'homo sapiens ? " Dans la foulée de ses grands succès (La civilisation du poisson rouge, Sortir du bocal, Submersion), Bruno Patino nous livre un court essai prophétique, plein d'idées, d'hypothèses, de portraits, de lectures, de solutions.
Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
Chaque année Sorj Chalandon nous dit qu’il n’écrira plus de livre sur son père, et pourtant, chaque année il y revient. Cette fois il touche le sujet en plein cœur, puisqu’il décrit son errance dans les rues de Paris lors de sa fugue à 17 ans. Il y conte l’adolescence, la rage contre l’injustice, l’engagement, les coups durs et surtout, les belles rencontres salvatrices. Cette fois encore Chalandon m’a émue par sa sincérité et la qualité de sa plume.