Je reviens au roman, après dix ans d'investigations littéraires par d'autres voies. Dans Le Milliardaire, j'ai tenté de dépasser le schéma romanesque d'un héros unique. Chacun de mes acteurs, chacune de mes actrices, je me suis efforcé de les décrire et de les analyser à fond. Bien s-r, l'ensemble de l'affaire gravite autour du milliardaire que je décris : un certain Fabre-Simmons régnant sur une entreprise complexe, industrielle et financière. Dans cette jungle de l'économie moderne, il y a des drames. Un géant absorbe un autre géant par une Offre publique d'achat. Une dévaluation, accompagnée de certaines spéculations, peut amener une cascade d'événements plus ou moins tragiques, avec leurs répercussions humaines ; les rivalités deviennent celles des fauves ; et le simple fait de la lutte sans répit, des harcèlements continuels, des rigueurs plus ou moins impitoyables et des combinaisons plus ou moins retorses que suppose l'existence même - l'existence quotidienne - d'un magnat de l'industrie et de la finance, aujourd'hui, tout cela durcit infailliblement un coeur d'homme, tend à égarer son jugement, et le conduit peu à peu au césarisme d'une vieillesse omnipotente, solitaire et dorée. Je voudrais, en somme, montrer sur un être humain, et sur ceux et celles qui l'entourent, les stigmates de l'argent - en même temps que j'aimerais faire ressortir, moi qui ai longtemps vécu et travaillé dans ce milieu des milliardaires, l'extraordinaire malédiction qui s'abat sur ceux qui détiennent un excès de richesse temporelle. Le " Malheur aux riches ! " n'est pas une vaine formule. Pour ma part, j'ai trouvé, chez la plupart des hommes accablés de fortune que j'ai pu rencontrer, un mélange grandissant d'orgueil amer, de méfiance et de tristesse. " Michel de Saint Pierre.
Nombre de pages
412
Date de parution
01/10/1970
Poids
445g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782246850106
Titre
Le milliardaire
Auteur
Saint-Pierre Michel
Editeur
GRASSET
Largeur
127
Poids
445
Date de parution
19701001
Nombre de pages
412,00 €
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La révolution numérique atteint son apogée, celle des intelligences artificielles. Nous sommes désormais pris en charge. Les outils et les algorithmes nous interpellent, nous encadrent, nous guident, choisissent à notre place. Répondent aux questions que nous ne nous posions pas. Jouent avec nous. Se jouent de nous. Cette dernière révolution nous laisse amers et épuisés. Nos cerveaux sont saturés de dopamine, ne connaissant ni vide, ni repos. Tout comme nos yeux, nos doigts, nos corps. Nos vies sont fragmentées, à l'image du monde. Peut-être devenons-nous des mines à ciel ouvert, aspirés et malmenés par le monde de la donnée, au coeur du d'une réalité qui semble elle-même s'effacer ? Telle n'était pas la promesse du progrès et nous voici pris de vertige : sommes-nous entrés dans une nouvelle civilisation, à la croisée du sommeil perdu, de l'hypnose et de la soumission ? Ou bien vivons-nous la dernière heure de l'homo sapiens ? " Dans la foulée de ses grands succès (La civilisation du poisson rouge, Sortir du bocal, Submersion), Bruno Patino nous livre un court essai prophétique, plein d'idées, d'hypothèses, de portraits, de lectures, de solutions.
Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
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