Sophiste et tyran ou le problème de Prométhée enchaîné
Saïd Suzanne
KLINCKSIECK
45,00 €
Epuisé
EAN :9782865630486
Un malin vaincu par plus malin que lui, une allégorie de l'intelligence en révolte contre le mal métaphysique, où se place le héros civilisateur qui s'oppose au maître des dieux dans le Prométhée enchaîné ? Le livre de Suzanne Saïd s'efforce de répondre à cette question. Il pose le ou plutôt les problème(s) du Prométhée enchaîné.Problème d'authenticité d'abord : cette tragédie est-elle bien d'Eschyle ? Depuis le début du XXe siècle, la question a souvent été posée. Ce livre s'interroge sur ses présupposés et sur l'objectivité des arguments avancés dans ce débat d'érudits.Mais aussi et surtout problème de sens. Au-delà des étiquettes et des clichés, du vil sophiste et de l'odieux tyran, ce livre analyse le savoir et le pouvoir dans le Prométhée enchaîné à partir des mots, des images et des situations dramatiques. D'un côté un savoir complexe : l'inventeur des arts est aussi un devin inspiré. De l'autre, un pouvoir simplifié à l'extrême qui se confond avec la seule force. Au terme, une illustration des insuffisances du savoir et une démonstration des limites du pouvoir. Une ?uvre archaïque avec une leçon simple servie par un art concret et direct. Car dans le Prométhée comme dans le théâtre d'Eschyle, l'apparence dit toujours la réalité, les images tiennent lieu de théorie, le mythe reflète l'essence des choses.Notes Biographiques : Professeur à l'Université de Strasbourg II, est l'auteur d'un livre sur la Faute tragique (Maspero 1978) et d'une série d'articles sur la littérature grecque d'Homère à Platon.
Nombre de pages
390
Date de parution
11/07/2000
Poids
554g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782865630486
Titre
Sophiste et tyran ou le problème de Prométhée enchaîné
Auteur
Saïd Suzanne
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
554
Date de parution
20000711
Nombre de pages
390,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les quatre textes rassemblés dans ce volume étudient respectivement les festins des prétendants et la relation festin-guerre dans l'Odyssée, l'opposition classique masculin-féminin qui se trouve modifiée dans les Odes d'Horace, la traduction latine de verbo des Sentences de Sextus par Ruffin et les origines du mythe d??dipe.
Indispensable pour comprendre les auteurs et apprécier les ?uvres d'art, la mythologie grecque est une partie intégrante de notre culture. Depuis le 18e siècle, elle est aussi une science. Ce livre présente les divers aspects de cette réalité difficile à cerner. Clair, concis et rigoureux, il interroge les définitions du mythe, propose une typologie des récits mythiques et présente dans leur diversité les textes qui nous les ont transmis d'Homère (8e siècle avant J.-C.) aux mythographes (Ve siècle après J.-C.). Il dresse le tableau des lectures qu'en ont faites les Anciens, puis de celles qui ont suivi et fait notamment le point sur les "querelles d'Homère" des 17e et 18e siècles. Il analyse enfin les principales théories modernes sur l'origine et la nature des mythes, de James Frazer (1854-1941, l'auteur du Rameau d'or) à Walter Burkert (1931) en passant par Claude Lévi-Strauss (1908). Le livre est en outre enrichi d'un répertoire des écrivains de l'Antiquité ainsi que d'une bibliographie.
Depuis Bachofen et son livre sur Le Droit Maternel (1861), on s'est beaucoup intéressé à l'état des femmes. Après lui, on ne compte plus les tentatives de retrouver dans le passé lointain de l'humanité ou dans des régions éloignées du globe la réalité d'un pouvoir féminin et l'existence d'une communauté des femmes. Ce livre se veut au contraire une exploration de l'imaginaire des Grecs. Il montre comment la cité qui était un club d'hommes et faisait du mariage et de la famille la pierre angulaire de la société s'est posée en s'opposant. Après avoir rappelé ce qui était pour les Grecs une évidence, à savoir l'infériorité naturelle de la femme à partir d'une étude du statut des femelles dans la biologie d'Aristote, il montre comment les Grecs ont conjuré la double menace d'un pouvoir au féminin et d'une communauté des femmes en la mettant à distance. De l'époque classique à l'Empire et d'Hérodote à Strabon leurs historiens l'ont rejetée chez des sauvages qui vivent aux confins du monde habité. De l'époque archaïque à l'Antiquité tardive leurs poètes, leurs orateurs et leurs mythographes l'ont repoussée dans la nuit des temps avec les Amazones qui sont des femmes viriles. Ils ont mis le rappel de leur valeur et de leurs conquêtes au service de la gloire des héros ou des peuples qui ont triomphé d'elles. Par la bouche d'un poète comique comme Aristophane ou d'un philosophe comme Platon, ils l'ont projetée par l'utopie dans un univers de nulle part. Aristophane dans l'Assemblée des femmes a mis en scène la féminisation du pouvoir et l'instauration d'une communauté des femmes. Mais le triomphe du domestique qui fait de l'animal politique un animal tout court n'aboutit qu'à la mort de la cité. A la différence de l'utopie comique, qui poussait à l'extrême la logique égalitaire de la démocratie, l'utopie platonicienne s'est définie par opposition à la démocratie Dans sa République, Platon en instituant pour les seuls membres de la classe dirigeante une communauté des biens, des femmes et des enfants ne fait qu'une place très réduite au pouvoir féminin dans le cadre d'une digression aux conséquences limitées, car il ne cherche ainsi qu'à supprimer un individualisme facteur de division, à renforcer le lien symbolique qui unit le citoyen à l'Etat de tout le poids des liens familiaux, tout en mettant l'instinct sexuel au service de l'eugénisme. Suzanne Saïd, professeur émérite des universités de Paris X-Nanterre et Columbia University, New York a consacré une série de travaux à la littérature grecque d'Homère à l'antiquité tardive. Elle est l'auteur avec M Trédé et A Le Boulluec d'une Histoire de la littérature grecque(PUF 1997), d'un ouvrage sur la mythologie (Approches de la mythologie grecque, Nathan 1993, nouvelle édition, revue et augmentée Les Belles Lettres 2008) traduit en espagnol et en italien(2011), d'un Homère et l'Odyssée (Belin 1980) dont la deuxième édition revue et augmentée a été traduite en anglais (Oxford UP 2010) et de deux livres sur la tragédie ( La faute tragique Maspéro 1978) et Sophiste et tyran ou le problème du Prométhée enchaîné ( Klincksieck 1985). Ses nombreux articles portent sur Homère, Pindare, la tragédie et la comédie, la poésie hellénistique, l'historiographie (Hérodote, Thucydide et Diodore), la rhétorique, la philosophie, le roman grec, la littérature de l'époque impériale et la réception par les modernes des textes anciens.
Après avoir fait le point des plus récentes recherches sur la question homérique, Suzanne Saïd met en relief la complexité très moderne de l'Odyssée et tente de cerner les valeurs du monde d Ulysse. Elle montre aussi comment, pendant plus de dix siècles, les Anciens n ont cessé de détourner ce texte et d utiliser à leur profit l autorité d Homère.Et au-delà des analyses du mythe, elle nous fait voir en Ulysse, cet être de mémoire, qui ne rêve que de retour, l incarnation de notre humanité.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.