Le monde à l'envers. Pouvoir féminin et communauté des femmes en Grèce ancienne
Saïd Suzanne
BELLES LETTRES
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EAN :9782251444734
Depuis Bachofen et son livre sur Le Droit Maternel (1861), on s'est beaucoup intéressé à l'état des femmes. Après lui, on ne compte plus les tentatives de retrouver dans le passé lointain de l'humanité ou dans des régions éloignées du globe la réalité d'un pouvoir féminin et l'existence d'une communauté des femmes. Ce livre se veut au contraire une exploration de l'imaginaire des Grecs. Il montre comment la cité qui était un club d'hommes et faisait du mariage et de la famille la pierre angulaire de la société s'est posée en s'opposant. Après avoir rappelé ce qui était pour les Grecs une évidence, à savoir l'infériorité naturelle de la femme à partir d'une étude du statut des femelles dans la biologie d'Aristote, il montre comment les Grecs ont conjuré la double menace d'un pouvoir au féminin et d'une communauté des femmes en la mettant à distance. De l'époque classique à l'Empire et d'Hérodote à Strabon leurs historiens l'ont rejetée chez des sauvages qui vivent aux confins du monde habité. De l'époque archaïque à l'Antiquité tardive leurs poètes, leurs orateurs et leurs mythographes l'ont repoussée dans la nuit des temps avec les Amazones qui sont des femmes viriles. Ils ont mis le rappel de leur valeur et de leurs conquêtes au service de la gloire des héros ou des peuples qui ont triomphé d'elles. Par la bouche d'un poète comique comme Aristophane ou d'un philosophe comme Platon, ils l'ont projetée par l'utopie dans un univers de nulle part. Aristophane dans l'Assemblée des femmes a mis en scène la féminisation du pouvoir et l'instauration d'une communauté des femmes. Mais le triomphe du domestique qui fait de l'animal politique un animal tout court n'aboutit qu'à la mort de la cité. A la différence de l'utopie comique, qui poussait à l'extrême la logique égalitaire de la démocratie, l'utopie platonicienne s'est définie par opposition à la démocratie Dans sa République, Platon en instituant pour les seuls membres de la classe dirigeante une communauté des biens, des femmes et des enfants ne fait qu'une place très réduite au pouvoir féminin dans le cadre d'une digression aux conséquences limitées, car il ne cherche ainsi qu'à supprimer un individualisme facteur de division, à renforcer le lien symbolique qui unit le citoyen à l'Etat de tout le poids des liens familiaux, tout en mettant l'instinct sexuel au service de l'eugénisme. Suzanne Saïd, professeur émérite des universités de Paris X-Nanterre et Columbia University, New York a consacré une série de travaux à la littérature grecque d'Homère à l'antiquité tardive. Elle est l'auteur avec M Trédé et A Le Boulluec d'une Histoire de la littérature grecque(PUF 1997), d'un ouvrage sur la mythologie (Approches de la mythologie grecque, Nathan 1993, nouvelle édition, revue et augmentée Les Belles Lettres 2008) traduit en espagnol et en italien(2011), d'un Homère et l'Odyssée (Belin 1980) dont la deuxième édition revue et augmentée a été traduite en anglais (Oxford UP 2010) et de deux livres sur la tragédie ( La faute tragique Maspéro 1978) et Sophiste et tyran ou le problème du Prométhée enchaîné ( Klincksieck 1985). Ses nombreux articles portent sur Homère, Pindare, la tragédie et la comédie, la poésie hellénistique, l'historiographie (Hérodote, Thucydide et Diodore), la rhétorique, la philosophie, le roman grec, la littérature de l'époque impériale et la réception par les modernes des textes anciens.
Nombre de pages
259
Date de parution
21/08/2013
Poids
420g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782251444734
Titre
Le monde à l'envers. Pouvoir féminin et communauté des femmes en Grèce ancienne
Auteur
Saïd Suzanne
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
160
Poids
420
Date de parution
20130821
Nombre de pages
259,00 €
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Les quatre textes rassemblés dans ce volume étudient respectivement les festins des prétendants et la relation festin-guerre dans l'Odyssée, l'opposition classique masculin-féminin qui se trouve modifiée dans les Odes d'Horace, la traduction latine de verbo des Sentences de Sextus par Ruffin et les origines du mythe d??dipe.
Indispensable pour comprendre les auteurs et apprécier les ?uvres d'art, la mythologie grecque est une partie intégrante de notre culture. Depuis le 18e siècle, elle est aussi une science. Ce livre présente les divers aspects de cette réalité difficile à cerner. Clair, concis et rigoureux, il interroge les définitions du mythe, propose une typologie des récits mythiques et présente dans leur diversité les textes qui nous les ont transmis d'Homère (8e siècle avant J.-C.) aux mythographes (Ve siècle après J.-C.). Il dresse le tableau des lectures qu'en ont faites les Anciens, puis de celles qui ont suivi et fait notamment le point sur les "querelles d'Homère" des 17e et 18e siècles. Il analyse enfin les principales théories modernes sur l'origine et la nature des mythes, de James Frazer (1854-1941, l'auteur du Rameau d'or) à Walter Burkert (1931) en passant par Claude Lévi-Strauss (1908). Le livre est en outre enrichi d'un répertoire des écrivains de l'Antiquité ainsi que d'une bibliographie.
Un malin vaincu par plus malin que lui, une allégorie de l'intelligence en révolte contre le mal métaphysique, où se place le héros civilisateur qui s'oppose au maître des dieux dans le Prométhée enchaîné ? Le livre de Suzanne Saïd s'efforce de répondre à cette question. Il pose le ou plutôt les problème(s) du Prométhée enchaîné.Problème d'authenticité d'abord : cette tragédie est-elle bien d'Eschyle ? Depuis le début du XXe siècle, la question a souvent été posée. Ce livre s'interroge sur ses présupposés et sur l'objectivité des arguments avancés dans ce débat d'érudits.Mais aussi et surtout problème de sens. Au-delà des étiquettes et des clichés, du vil sophiste et de l'odieux tyran, ce livre analyse le savoir et le pouvoir dans le Prométhée enchaîné à partir des mots, des images et des situations dramatiques. D'un côté un savoir complexe : l'inventeur des arts est aussi un devin inspiré. De l'autre, un pouvoir simplifié à l'extrême qui se confond avec la seule force. Au terme, une illustration des insuffisances du savoir et une démonstration des limites du pouvoir. Une ?uvre archaïque avec une leçon simple servie par un art concret et direct. Car dans le Prométhée comme dans le théâtre d'Eschyle, l'apparence dit toujours la réalité, les images tiennent lieu de théorie, le mythe reflète l'essence des choses.Notes Biographiques : Professeur à l'Université de Strasbourg II, est l'auteur d'un livre sur la Faute tragique (Maspero 1978) et d'une série d'articles sur la littérature grecque d'Homère à Platon.
Après avoir fait le point des plus récentes recherches sur la question homérique, Suzanne Saïd met en relief la complexité très moderne de l'Odyssée et tente de cerner les valeurs du monde d Ulysse. Elle montre aussi comment, pendant plus de dix siècles, les Anciens n ont cessé de détourner ce texte et d utiliser à leur profit l autorité d Homère.Et au-delà des analyses du mythe, elle nous fait voir en Ulysse, cet être de mémoire, qui ne rêve que de retour, l incarnation de notre humanité.
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.
Comnène Anne ; Frankopan Peter ; Leib Bernard ; Ki
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