Lorsque l'on se mêle d'écrire sur le voyage, ou de raconter sa vision de l'étranger, faudrait-il relire l'ouvrage de l'universitaire palestinien Edward Saïd. Le portrait que nous prétendons dessiner de l'Autre, n'est en effet généralement qu'une plaisante caricature, voire la triste apologie de notre propre image. La lecture de Saïd aide alors à ne pas raconter trop de sottises? Dans son livre, Saïd étudie l'orientalisme comme type de discours que notre société a tenu (et tient encore), sur l'autre autant que sur elle-même. Certes, il s'agit de ceux qui portent sur l'homme du Proche et du Moyen-Orient, musulman et arabe. Mais la pertinence de la méthode a fini par constituer la matrice de ce genre d'étude. Or cette histoire du discours sur l'Autre est proprement édifiante : sa différence lui fut toujours refusée. De l'orientalisme universitaire à celui de l'imaginaire, un seul mot d'ordre : taire l'Autre. Même «positivement», son modèle aura été celui de l'homme blanc de Kipling. Etre blanc, depuis lors, n'est pas autre chose que d'entrer dans un processus d'auto-confirmation. Il nous revient donc «naturellement» de définir l'humanité non blanche, de la penser, de la conter. Le style caractéristique des experts en Orient ne se retrouve-t-il pas jusque dans nos soirées diapos ? Dans cette rhétorique de jugements définitifs faisant suite à d'éblouissantes descriptions narratives?--Joël Jégouzo-- -- Urbuz.com
Nombre de pages
432
Date de parution
26/03/1997
Poids
601g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020302876
Titre
L'orientalisme. L'Orient créé par l'Occident
ISBN
202030287X
Auteur
Said Edward-W
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
601
Date de parution
19970326
Nombre de pages
432,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'Orient" est une création de l'Occident, son double, son contraire, l'incarnation de ses craintes et de son sentiment de supériorité tout à la fois, la chair d'un corps dont il ne voudrait être que l'esprit. A étudier l'orientalisme, présent en politique et en littérature, dans les récits de voyage et dans la science, on apprend donc peu de choses sur l'Orient, et beaucoup sur l'Occident. C'est de ce discours qu'on trouvera ici la magistrale archéologie.
Né en 1935 à Jérusalem, Edward Said passa une grande partie de son enfance au Caire et au Liban. "Etranger du monde" est une entreprise de reconstitution quasi archéologique de cette époque, ramenant à la vie des lieux et des personnes qui n'existent plus. Dans cette autobiographie, dominée par la figure exigeante et "victorienne" du père et celle adorée de la mère qui lui donna la confiance en lui-même, Edward Said se pose en "outsider": certes arabe mais chrétien, Palestinien mais détenteur d'un passeport américain, doté d'un prénom britannique joint à un nom arabe. "Etranger du monde" est tout à la fois "une revendication et la manifestation d'un souci constant de comprendre, le récit d'une éducation transculturelle et douloureuse"...
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Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
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