Au coeur des sociétés. Raison utilitaire et raison culturelle
Sahlins Marshall
GALLIMARD
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EAN :9782070288021
Les cultures humaines se sont-elles constituées en se fondant sur les activités pratiques et sur l'intérêt utilitaire ? L'auteur critique cette thèse et défend l'interprétation symbolique de la culture contre les utilitarismes de toutes sortes. Il propose ainsi une conclusion nouvelle au débat séculaire du matérialisme et de l'idéalisme. Quand il s'agit d'analyser les sociétés dites primitives, le matérialisme historique a ses limites. Aussi marxisme et structuralisme sont-ils destinés à rester deux perspectives théoriques distinctes. Les questions qui divisent marxisme et théorie culturelle ont leurs analogues dans l'histoire de la pensée anthropologique, et l'auteur nous invite à les déceler chez Morgan, Bons, Malinowski, Durkheim, Radcliffe-Brown et d'autres. Dans cette controverse entre raison pratique et raison culturelle, la conception matérialiste de l'histoire est en procès. La découverte de la culture fait apparaître que, si le matérialisme historique est la conscience de la société occidentale, il l'est dans les termes et dans les limites de cette société. Sahlins, examinant tels aspects de l'alimentation ou de la mode, avance que la production elle-même n'est pas une logique pratique d'efficacité matérielle, mais une intention culturelle. La rationalité matérielle se fonde sur des relations signifiantes entre personnes et objets.
Nombre de pages
303
Date de parution
20/03/1980
Poids
345g
Largeur
140mm
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EAN
9782070288021
Titre
Au coeur des sociétés. Raison utilitaire et raison culturelle
Auteur
Sahlins Marshall
Editeur
GALLIMARD
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140
Poids
345
Date de parution
19800320
Nombre de pages
303,00 €
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Qu'en est-il de l'économie dans les sociétés primitives? A cette question fondamentale, la réponse classique de l'anthropologie économique est la suivante: l'économie archaïque est une économie de subsistance et de pauvreté, elle parvient au mieux à assurer la survie du groupe incapable de sortir du sous-développement technique. Le sauvage écrasé par son environnement écologique et sans cesse guetté par la famine et l'angoisse, telle est l'image habituellement répandue.Travestissement théorique et idéologique des faits, réplique ici tranquillement un anthropologue et économiste américain de réputation internationale. Passant des chasseurs australiens et Bochimans aux sociétés néolithiques d'agriculteurs primitifs telles qu'on peut encore les observer en Afrique ou en Mélanésie, au Viêt-Nam ou en Amérique du Sud, relisant sans parti pris les textes connus et y ajoutant des données chiffrées, Marshall Sablins affirme, avec autant d'esprit que d'érudition: non seulement l'économie primitive n'est pas une économie de misère, mais elle est la première et jusqu'à présent la seule société d'abondance.Comme le dit Pierre Clastres dans sa présentation: "Si l'homme primitif ne rentabilise pas son activité, c'est non pas par ce qu'il ne sait pas le faire, mais parce qu'il n'en a pas envie." Tout le dossier de la question est à reprendre. Une affaire à suivre.
Voici venu le temps de nous apitoyer sur notre misérable sort. Depuis deux millénaires, nous avons toujours été hantés par le spectre de notre propre nature: une nature humaine si cupide et si violente qu elle livrerait la société à l anarchie si on ne la soumettait pas à quelque gouvernement. Cet ouvrage montre qu il s agit d une conception typiquement occidentale, où l opposition entre nature et culture est perçue comme le fondement de notre propre tradition (et de nos propres sciences sociales) et de notre différence par rapport à tous ceux qui considèrent que les bêtes sont fondamentalement humaines, et non que les hommes sont fondamentalement des bêtes.Et ces derniers ont raison, du moins au sens où l espèce humaine moderne, l homo sapiens, est apparue il y a relativement peu de temps dans une histoire culturelle humaine beaucoup plus ancienne. La paléontologie nous l apprend: nous sommes des animaux de culture; notre patrimoine biologique, c est de créer des symboles. Croire que nous sommes à la merci de nos penchants animaux est une illusion qui s enracine aussi dans la culture.
Qu'en est-il de l'économie dans les sociétés primitives ? A cette question fondamentale, la réponse classique de l'anthropologie économique est la suivante : l'économie archaïque est une économie de subsistance et de pauvreté, elle parvient au mieux à assurer la survie du groupe incapable de sortir du sous-développement technique. Le sauvage écrasé par son environnement écologique et sans cesse guetté par la famine et l'angoisse, telle est l'image habituellement répandue. Travestissement théorique et idéologique des faits, réplique ici tranquillement un anthropologue et économiste américain de réputation internationale. Passant des chasseurs australiens et Bochimans aux sociétés néolithiques d'agriculteurs primitifs telles qu'on pouvait encore les observer en Afrique ou en Mélanésie, au Viêt-nam ou en Amérique du Sud, relisant sans parti pris les textes connus et y ajoutant des données chiffrées, Marshall Sahlins affirme, avec autant d'esprit que d'érudition, que non seulement l'économie primitive n'est pas une économie de misère, mais qu'elle est la première et jusqu'à présent la seule société d'abondance. Comme le dit Pierre Clastres dans sa présentation : "Si l'homme primitif ne rentabilise pas son activité, c'est non pas parce qu'il ne sait pas le faire, mais parce qu'il n'en a pas envie". Tout le dossier de la question est à reprendre.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.