Soixante-quinze poètes de langue albanaise sont rassemblés dans cette anthologie contemporaine pour nous faire connaitre un art poétique très populaire, embrassant les idées et les sentiments des peuples d'Albanie, du Kosovo et de Macédoine du Nord.Contre l'oppression et la censure des périodes antérieures, la liberté d'expression retrouvée pousse de nombreux et nouveaux poètes à écrire. Un esprit de liberté et de renouveau flotte sur ces poèmes et ouvre de vraies possibilités de coopération entre poètes de langue albanaise et avec d'autres pays d'Europe. Les grands thèmes poétiques sont présents mais également des sujets émergents comme la place des femmes ou la méditation sur l'avenir. Les poètes albanais appellent à l'éveil des consciences face aux démons de notre époque en insufflant à leur poésie des intuitions originales où les vers respirent les rythmes et la sensibilité modernes.
Agim Berisha, jeune universitaire, croise une manifestation étudiante. En attendant sur le trottoir, il remarque une jeune femme en rouge et noir. Il se joint au cortège, sans savoir que ce geste va lui coûter sa liberté. Arrêté, accusé d'irrédentisme à cause de ses origines familiales, il est condamné à deux ans de prison.À sa libération, il rencontre Zorica, une Serbe, dans un train. Avec l'aide du cousin de celle-ci, il reprend ses études à Belgrade et obtient un doctorat en philosophie. Mais la guerre éclate. Traqué par l'armée serbe, il est aussi menacé par des Albanais qui le soupçonnent de trahison en raison de sa relation passée. Entre deux camps, Agim devient le symbole discret d'une époque où penser et aimer peut condamner.
Aux mystères de l'amour et de la mort, ce roman de Behare Reshat Sahitaj est un paradoxe, où l'héroïne Donika est une figure emblématique des femmes prises dans la guerre. A la recherche de son mari disparu, elle se retrouve dans les embuscades qui suivent la libération du Kosovo. L'auteur décrit la situation et les personnages de manière à susciter la surprise, il exprime ce qui semble inconcevable, il rend compte de l'absurde et crée une nouvelle réalité. C'est un roman sur la solitude, la fragilité des femmes et l'échec de l'amour. Les choses sont décrites en creux, modifient les paysages et les êtres. Sentiments et souvenirs sont revisités, où l'humanité n'a plus de place. Ce roman est à la fois un témoignage et un vertige, qui dit que l'amour, la vie et la mort nous échappent.
Dans cette compilation d'histoires courtes, les thèmes dominants sont les histoires d'amour durant la dernière guerre vécue par le peuple albanais et après la guerre. Partout où le vent de la guerre coule, il provoque des divisions et déstabilise non seulement l'économie mais surtout l'âme humaine. Dans ce contexte, nos auteurs ne se sont pas concentrés sur le meurtre d'une femme ou d'un fiancé, mais sur le viol que des soldats étrangers ont infligé à des femmes albanaises innocentes. La plupart des auteurs ont échappé à la guerre et ils traitent dans leurs histoires le premier amour qui est dans la plupart des cas basé sur leur propre expérience, colorée naturellement aux couleurs de l'imagination pour lui donner un effet artistique. Dans ce groupe, nous avons deux types d'histoires : des histoires sur l'amour d'il y a quelques décennies et l'amour des temps modernes.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...