Plus une chose se laisse connaître, plus aussi elle s'éloigne de l'être", dit Nietzsche en une formule souvent citée, dont l'expérience scientifique la plus contemporaine a révélé le bien-fondé ; nous sommes prisonniers des apparences : le contact avec le réel s'effectue d'abord dans la pleine clarté de l'espace, où l'être s'extériorise en objet, et c'est seulement dans un second temps, au terme d'un parcours accompli à rebours du flux générateur des phénomènes, que la connaissance accède à l'essentiel, origine et source des choses. Encore ne fait-elle que l'entrevoir, car il ne saurait y avoir d'expérience objective de ce qui est le support intériorisé de toute subjectivité. C'est ainsi que l'on en vient à nommer négativement le positif de l'Univers (l'anti-hasard), et à ériger en principe d'explication du monde une priorité de l'objectif et du visible qui procède seulement de l'infirmité de notre nature. Seul, en fait, est explicable, le revers négatif du réel, mais ce revers renvoie à un plus mystérieux avers : comment se fait-il qu'il ne soit nécessaire d'invoquer aucune loi particulière, pour rendre compte des dégradations, dilutions et distensions, bref des évolutions "descendantes", conformes au second principe, alors que toute construction et toute synthèse impose le recours à une "loi naturelle" éminemment improbable qui dissimule notre ignorance des causes ultimes ? S'il est vrai que la science a pour vocation, non seulement de décrire les aspects immédiatement accessibles du réel, mais d'être la conclusion d'une raison docile aux leçons de l'expérience, alors une démarche authentiquement scientifique se devra de tenir compte des lacunes de plus en plus apparentes de l'explication réductrice, de reconnaître que l'essentiel et le positif est aussi l'invisible, et d'en tirer les conséquences physiques et métaphysiques. C'est cette démarche que l'on a tenté d'esquisser ici.
Date de parution
07/10/2002
Poids
450g
Plus d'informations
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EAN
9782711697168
Titre
LE HASARD ET L'ANTI-HASARD
ISBN
2711697169
Auteur
SAGET HUBERT
Editeur
VRIN
Largeur
0
Poids
450
Date de parution
20021007
Nombre de pages
0,00 €
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Azile des Beaux-Arts, solitude où mon coeur Est toujours demeuré dans une paix profonde C'est vous qui donnez le bonheur Que promettait en vain le monde En ces vers de Voltaire, gravés sur un montant de la porte d'honneur du château, s'exprime le paradoxe de Cirey, où s'est accomplie la plus inattendue des rencontres de la nature et de la culture: cher aux amateurs de grande chasse, le nom de Cirey l'est aussi aux historiens de la littérature et des idées. Rien de prédisposait le cadre austère de la haute vallée de la Blaise, couverte de puissantes forêts, à devenir le séjour de ce bel esprit des salons parisiens que fut d'abord Voltaire.
On aime s'abriter sous un épais feuillage l'été, s'adosser contre un tronc pour se reposer, admirer les fleurs intrépides du printemps... C'est un fait : les arbres nous font du bien. Et pourtant ! Emportés par nos rythmes de vie accélérés, nous ne savons plus profiter de cette inépuisable source d'énergie ! Voici 50 arbres, tous porteurs d'histoires et de savoirs. La plupart nous sont très familiers. On découvrira l'aulne, arbre des sorcières et des gibets, l'olivier, arbre de paix, le tilleul protecteur, le hêtre, arbre de la confiance en soi, le buis, symbole de longévité, le néflier, tendre et humble, le frêne, image de l'audace... Pour chacun, ce livre nous raconte les mythes et légendes qui l'ont entouré, ses propriétés médicinales, sa force symbolique, en conjuguant savoirs ancestraux et découvertes récentes. Avec pour fil conducteur le respect de l'arbre, indispensable source de vie sur notre planète. Une invitation à se rapprocher tout simplement de nos arbres, ceux de notre jardin, du parc voisin ou des bois et forêts alentour, et à tirer de ce nouveau contact bienfaits, énergie et joie dans notre quotidien.
Au fil du temps, les hommes n'ont cessé de mettre au point des remèdes issus du végétal, développant un savoir-faire immense et varié. De petites anecdotes en grands moments historiques, les 50 remèdes présentés dans cet ouvrage nous transmettent à leur façon des pages de notre histoire. Ils proviennent d'explorations lointaines, d'échanges érudits et multiculturels, d'expérimentations in situ sur le front des épidémies ou dans le chaos des guerres. Ils furent élaborés dans les monastères quand les moines se piquaient de découvrir l'élixir de longue vie, puis de plus en plus dans l'arrière-boutique des apothicaires, au gré des progrès de la chimie. On retiendra la famille Fouché qui transforma sa brasserie dans les Yvelines en usine à tisanes pour produire la Boldoflorine ; Léon Lajaunie, pharmacien toulousain qui lança à grands renforts publicitaires des bonbons donnant bonne haleine... ou encore comment les chocolats apparurent en tant que sucreries pour faire avaler plus facilement des médicaments à la reine Marie-Antoinette ! Baume de Sébastopol, Coaltar saponiné, Coricide Le Diable, Eau d'Emeraude, Elixir de la Grande Chartreuse, Hepatoum, Huile de Haarlem, Sinapisme Rigollot, Vicks VapoRub : leurs noms sont des légendes, promesses d'histoires et d'anecdotes savoureuses... Pour chacun, une recette médicinale remise au goût du jour et à faire soi-même est proposée : réveillez l'apothicaire qui dort en vous !
Au fil du temps, tout le monde s'est attaché à elle ; d'abord ses compagnes qui ont trouvé en elle une amie fidèle et discrète, toujours prête à les écouter, à les réconforter ou à les encourager, mais aussi tous ceux qui l'ont côtoyée pour une raison ou une autre. En sa présence, on se sent tout de suite apaisé. Combien de fois, ces dernières années, n'est-elle pas apparue juste au moment où une dispute commençait à s'envenimer entre ses amies ; par un regard plein de compréhension et de compassion et quelques paroles délicates, elle arrive à désamorcer tous les conflits. La beauté de Mariam ne se cantonne pas aux seules vertus intérieures. Ses grands yeux noirs laissent pantois ceux qui se risquent à la fixer plus d'un instant. On y lit, toujours, une sagesse infinie".
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.