Ce livre, si volumineux soit-il, est inachevé. Entrepris au début de 1942, quarante-sept chapitres seulement ont été écrits par l'auteur. Toutefois, malgré les lacunes, on suit sans peine l'attachant héros de Maurice Sachs. C'est qu'il s'agit ici d'un roman picaresque, composé d'aventures aisément détachables l'une de l'autre. Avec ses quatre cents pages, le manuscrit a été mené assez loin pour que John Cooper d'Albany se forme devant nous, nous intéresse et nous entraîne. John Cooper d'Albany est un moderne Gil BIas, et la perfection, l'intérêt constant du récit nous font mesurer une fois de plus la perte que les lettres ont faite en la personne de Maurice Sachs. Mais laissons parler un peu l'auteur. Nul mieux que lui ne peut nous présenter son héros. C'est, dit-il, "un homme comme beaucoup d'autres, moins bon que vous, meilleur jamais. S'il traîne de-ci de-là dans cet ouvrage quelque immoralité, il faut en accuser la vie et la société. Et s'il est une moralité à tirer de cet ouvrage, vous la trouverez au dernier mot de l'épilogue". Quel est donc ce dernier mot ? Le voici : "Puissiez-vous rencontrer sur votre chemin l'amour et l'amitié unis en un seul être, ou l'amour d'un côté, l'amitié de l'autre ! Le reste ne vaut pas la peine d'être vécu".
Nombre de pages
400
Date de parution
07/03/1955
Poids
380g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070256471
Titre
Histoire de John Cooper d'Albany
Auteur
Sachs Marilyn
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
380
Date de parution
19550307
Nombre de pages
400,00 €
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Molly n'a pas revu sa soeur depuis huit ans, depuis l'accident qui a coûté la vie à ses parents. Elle est très émue à l'annonce de l'arrivée de Beth, inquiète aussi, qu'ont-elles à partager après tant d'années? Pourquoi Beth est-elle si agressive? Quel est le secret qui la tenaille...
Maurice Sachs avait composé lui-même pour ce livre écrit en prison, à Hambourg, pendant la guerre, la prière d'insérer que voici : D'autres nations ont leurs poètes, leurs philosophes, leurs dramaturges et leurs romanciers ; mais la France s'est fait connaître entre toutes par ses moralistes. Les Caractères de La Bruyère et les Caricatures de Daumier n'ont-elles pas fait le tour du monde ? Afin de tenter à nouveau une si vaste entreprise, il fallait une profonde connaissance des hommes, l'esprit du mémorialiste, la causticité de l'anecdotier et puis les talents du conteur avec un fond de philosophie. Explorateur des sociétés, voyageur infatigable, aventurier qui ne redoute ni les compromissions ni les périls, Maurice Sachs est l'homme d'une telle oeuvre. Ses dons en faisaient un curieux et un écrivain ; les traverses de son existence en ont fait un moraliste. Cet ouvrage, qui sera célèbre, comporte une galerie de portraits littéraires où la vivacité du style égale la vérité des peintures et l'ingénieuse finesse de l'observation psychologique. On trouvera dans ce livre, d'une lecture si légère qu'on s'étonne qu'il soit si lourd d'expériences humaines, sept cents portraits (répartis en vingt-cinq catégories) dont l'ensemble forme le plus saisissant des documents sur la société occidentale du XXe siècle. Ajoutons que des mille portraits prévus (après sept cents), pour le seul Occident, il ne nous reste que trois cent soixante-huit. La mort emporta Maurice Sachs avant qu'il eût terminé son ouvrage.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.