Trois femmes vivant dans la même rue partagent l'obsession du temps qui passe, et le désir d'arrêter le flux fragile des choses. Chacune compense le sentiment aigu du périssable par un désir très fort de bâtir : une famille, une maison, une église. Elles n'ont toutefois aucun moyen de se rencontrer car elles vivent à trois époques différentes. Andreea Rasuceanu part à la recherche de l'âme de Bucarest : ses paysages, son histoire, sa modernité, ses croyances et superstitions. Elle interroge dans une écriture fluide et d'une spéculaire beauté le rapport à la mémoire, et particulièrement au passé, source de la seule intimité véritable entre les êtres. Dialogue entre trois femmes de trois générations hantées par l'absence d'un proche, mais convaincues qu'on peut forger son propre bonheur, Une forme de vie inconnue est un texte entêtant et émouvant, qui happe le lecteur grâce à son pouvoir d'évocation, même au plus fort de l'Histoire. Ce roman sans frontières a redéfini la scène littéraire roumaine par son réalisme existentialiste et mélancolique. Andreea Rasuceanu est écrivaine, critique littéraire, éditrice. Elle a publié deux romans qui ont obtenu les prix littéraires les plus renommés de Roumanie : le prix de l'Académie roumaine et le prix de l'Union des écrivains. Elle est également chercheuse, auteure de quatre essais de géocritique dont un livre consacré au Bucarest de Mircea Eliade (Eléments de géographie littéraire). Son oeuvre est traduite en espagnol, bulgare et français.
Face aux coups et violences leur père, Ernst et Sarah répondent par une relation fusionnelle et un amour inconditionnel. Sarah fugue en pleine forêt ; Ernst lui apporte des vivres en cachette ; leur mère cherche réconfort auprès des hommes de la mine.Chassé-croisé familial autour du rêve lumineux d'Ernest, apprendre à voler comme un oiseau, ce texte est l'histoire tragique de l'enfance abandonnée à sa frêle boussole.
Sears Rob ; Faucompré Quentin ; Garcin Christian ;
Je suis le plus grand écrivain du monde en 140 signes" déclarait Donald Trump le 21 Juillet 2014. Vous en doutiez ? C'est en s'emparant de Twitter et de ses contraintes formelles que Trump fait éclore son art. En virtuose du clavier, il nous offre ses pensées les plus profondes, tantôt méditatives : une poésie immédiate, authentique et sans filtre. Face à des attaques virulentes, et un monde qui ne saurait pas répondre à ses aspirations, les mots sont le dernier refuge d'une âme sensible. Rob Sears a su déceler le potentiel poétique du président américain et en a compilé les meilleurs morceaux dans un recueil inédit.
Sender Ramon ; Cortada Jean-Paul ; Ressot Jean-Pie
Présentation de l'éditeur Deux récits de la guerre civile espagnole. Deux paraboles étincelantes sur la justice et la culpabilité. 1936. Un vieux prêtre s'apprête à célébrer un requiem pour un jeune républicain qu'il a vu naître et grandir, et qui a été exécuté par les phalangistes... après l'avoir lui-même dénoncé ! Sommé de dévoiler la cache de son protégé, il a fini par le livrer, par maladresse, sottise, inconscience et horreur du mensonge. Le récit, très bref, est organisé selon les souvenirs du prêtre, qui déroule la vie du jeune homme et à travers lui d'un village aragonais typique aux débuts de la République espagnole. Requiem est suivi d'un texte posthume, totalement inédit en français, plus bref et plus frappant s'il se peut : Le Gué. Une jeune fille, Lucie, est persuadée d'avoir dénoncé aux autorités son beau-frère par dépit amoureux, et jalousie. Ce souvenir et ce secret la hantent quotidiennement, à tel point que le lecteur ne sait plus si cette trahison, elle l'a commise, ou si elle l'a rêvée. A part dans l'oeuvre de Sender, Requiem et Le Guéen sont la face la plus pure. Tout le drame de l'Espagne résumé en quelques dizaines de pages, peut-être les plus belles du XXe siècle espagnol.
Au fil des voix des habitants de cette banlieue ordinaire, vous découvrirez comment Joey Starr a perdu ses dents de devant lors de son pire concert, et comment, un jour d'ennui caniculaire, un gymnase s'est transformé en piscine ; comment il est possible de manger du saucisson hallal en suivant les bons principes, mais beaucoup plus compliqué de trouver du boulot ; comment dresser des oiseaux de proie avec Tahar, fauconnier de la Cité, et comment Ahmed Mouici, le chanteur de Pow Wow (Dans la jungle, terrible jungle?), a commencé sa carrière en blouson noir rockabilly ; comment, toutes origines confondues, les couples mixtes s'épanouissent ici, et comment, dans le fond, la banlieue se vit comme un refuge, un ancrage, mais aussi un lieu d'où s'échapper.ZUP : Zone à Urbaniser en Priorité, programme d'habitat social créé en 1958, au début de la planification Gaullienne, afin de répondre à la pénurie de logements, et qui deviendra synonyme de cités populaires. En douze ans, 197 zups seront aménagées, représentant 2,2 millions d'habitations. La zup de Chambéry-le-Haut, dont il est question dans ce livre, est l'une d'elles.
Originaire de Kinshasa, Alia a cinq ans quand elle arrive à Bruxelles. La ville lui est étrangère, les enfants avec qui elle joue sont blancs. Son père l'initie à la boxe, qui devient pour elle le moyen de réprimer sa colère contre un monde hostile. Se cherchant une nouvelle famille, Alia finit par entrer dans la police. Elle devra alors sans répit prouver sa légitimité. Pour s'intégrer, jusqu'où sera-t-elle prête à aller ? Avec ce roman puissant et attachant, porté par de magnifiques voix de femmes, Grazyna Plebanek nous parle de la spirale de la violence, dans l'univers familial et face aux dangers portés par l'Histoire. Elle dresse ainsi un authentique portrait de l'immigration.
La Guerre et la Paix est une oeuvre mythique de la littérature russe et universelle, une vaste fresque historique et familiale, modèle de ce que seront les grandes sagas du XXe siècle. Sur le fond des grands événements du début du XIXe ? la campagne de 1805-1806 avec Austerlitz et celle de 1812-1813 avec Borodino et l'incendie de Moscou ? s'inscrivent les chroniques de deux familles appartenant à la noblesse russe, les Bolkonski et les Rostov. Des chroniques faites d'amour et de haine, d'interrogations sur la vie et la politique, traversées par les passions et les doutes.Traduite pour la première fois en français, cette version originelle de La Guerre et la Paix ? il y eut plusieurs éditions souvent différentes du vivant de l'auteur ? se fonde sur l'édition publiée dans « L'héritage littéraire » par l'Académie des Sciences de l'URSS. Elle permet aux initiés de mieux connaître les systèmes de pensée et de création artistique de Tolstoï. Par ailleurs, les réflexions philosophiques allégées, le rythme rapide, l'action resserrée, propres à tenir le lecteur en haleine, sans rien ôter à la richesse littéraire, devraient renouveler l'intérêt pour ce chef-d'oeuvre.
Ignorée en Europe, l??uvre du feuilletoniste, nouvelliste, dramaturge et homme de presse Jelil Memmedguluzadeh (1866-1932) a inspiré, depuis le début du XXe siècle, des générations d'écrivains et d'intellectuels du Caucase et alentour. Son journal satirique illustré Molla Nasreddin, imprimé à Tiflis (actuelle Tbilissi) à partir de 1907, fut lu dans tous les suds de l'Empire russe, ainsi que dans l'Empire ottoman et la Perse des Qadjar. Nourries aux sources du conte persan et türk, inspirées par Tchekhov et Andreïev, les nouvelles que Memmedguluzadeh y fit paraître sous divers pseudonymes dressent le portrait ironique et tendre d'une société coloniale exposées à toutes formes de violence. Illustrées par les vignettes du graphiste orientaliste géorgien Oscar Schmerling (1863-1938), elles moquent le conservatisme d'une société agraire et commerçante, pointent les ressorts des sanglantes confrontations entre Azerbaïdjanais et Arméniens, tout en esquissant les voies d'une réforme et d'une modernisation sociales et politiques ? avec un intérêt particulier pour le sort fait aux femmes.
Prisonnier depuis huit ans dans un camp de travaux forcés en Asie centrale sous le régime stalinien, Ivan Denissovitch Choukhov, petit homme bon et débrouillard, est un zek, un détenu dans le langage administratif soviétique. Harcelé par ses bourreaux, le froid et la faim, il s'efforce de survivre avec dignité. Alexandre Soljenitsyne nous plonge dans le quotidien d'une victime des camps de travail, et c'est toute l'horreur de cet univers " hors la vie " qui nous saute au visage.En 1962, avec ce texte inoubliable écrit en deux mois dans une langue vive, truculente et lyrique, Soljenitsyne et le monde du goulag entraient en littérature." L'ouvrage fit l'effet d'une bombe car il révélait au grand jour l'existence des camps staliniens. " Le Monde