Trois femmes vivant dans la même rue partagent l'obsession du temps qui passe, et le désir d'arrêter le flux fragile des choses. Chacune compense le sentiment aigu du périssable par un désir très fort de bâtir : une famille, une maison, une église. Elles n'ont toutefois aucun moyen de se rencontrer car elles vivent à trois époques différentes. Andreea Rasuceanu part à la recherche de l'âme de Bucarest : ses paysages, son histoire, sa modernité, ses croyances et superstitions. Elle interroge dans une écriture fluide et d'une spéculaire beauté le rapport à la mémoire, et particulièrement au passé, source de la seule intimité véritable entre les êtres. Dialogue entre trois femmes de trois générations hantées par l'absence d'un proche, mais convaincues qu'on peut forger son propre bonheur, Une forme de vie inconnue est un texte entêtant et émouvant, qui happe le lecteur grâce à son pouvoir d'évocation, même au plus fort de l'Histoire. Ce roman sans frontières a redéfini la scène littéraire roumaine par son réalisme existentialiste et mélancolique. Andreea Rasuceanu est écrivaine, critique littéraire, éditrice. Elle a publié deux romans qui ont obtenu les prix littéraires les plus renommés de Roumanie : le prix de l'Académie roumaine et le prix de l'Union des écrivains. Elle est également chercheuse, auteure de quatre essais de géocritique dont un livre consacré au Bucarest de Mircea Eliade (Eléments de géographie littéraire). Son oeuvre est traduite en espagnol, bulgare et français.
Un jeune homme disparaît à la sortie d'un club. Il ne laisse derrière lui qu'une lettre et, dans sa chambre, des carnets, des poèmes, des flacons : autant d'indices sur sa disparition. A travers le témoignage de ses proches et ses écrits personnels, le roman esquisse le portrait d'un garçon blessé par un amour vénéneux et interroge l'image de soi qu'on fabrique quand tout vacille à l'intérieur. De Paris à Rome et à New York se déploie l'exploration sensuelle et sexuelle d'un être dispersé, déchiré entre un romantisme sombre et une tendre cruauté. Un premier roman virtuose sur un héros dont l'échappée devient mythologique. "Personne ne vous avait donc prévenu que Ganymède était le plus monstrueux et le plus acharné de tous les mortels ? "
Et si l'ONU établissait un moratoire sur la pénétration ?Un manifeste bref et percutant sur les rapports entre les genres.Martin Page, né en 1975, est connu comme auteur de romans (Comment je suis devenu stupide, La mauvaise habitude d?être soi, La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique) et d'essais (sur la pluie,la cause animale et l'écriture) et de livres jeunesse. Avec sa compagne Coline Pierré, il a fondé une micro maison d'édition / laboratoire pour les textes atypiques : Monstrograph.
Résumé : "Votre message a été envoyé" autopsie les dérives du monde contemporain à travers quelques-uns de ses épiphénomènes les plus marquants : Internet, MacDo, le porno... Chacun de ces 4 courts romans offre à la fois une réflexion sur l'art ? et parfois l'impasse - de l'artiste. Comme pour justifier cette approche du réel contemporain, l'un des narrateurs de Joshua Cohen, "masturbateur chronique et sous-fifre", écrit : "J'en ai eu marre de tout ça, marre d'inventer d'autres mondes, marre d'inventer des mondes alternatifs alors que je ne comprenais rien au mien." Le texte le plus étonnant de ce recueil, Envoyé, imagine le devenir des jeunes femmes qui ont joué pour la première fois dans un porno... et part à leur recherche dans les limbes : "elles ne sont plus de purs êtres humains de chair et d'os, et pourtant pas non plus de pures données transmises sous forme d'images et de sons, elles sont un peu les deux - dans des limbes". Mac Do est un témoignage sur la mogigraphie (le nom scientifique de la "crampe de l'écrivain") d'un auteur confronté à un duel psychologique contre la marque Mac Do. Un professeur d'écriture tire parti des qualités littérature de ses étudiants pour les former en tant qu'architectes. "On est la première génération du rien, on n'a rien sur quoi écrire et personne pour nous lire, tout le monde est trop occupé à se technologiser".
Et si la musculation était une voie vers l'émancipation ? Et si elle renforçait la confiance, l'autonomie et la liberté ? Et si la puissance de notre corps se révélait une source de joie ? Martin Page propose de considérer avec un regard nouveau cette pratique, qui permet de prendre soin de nous et de nos proches, tout en protégeant notre fragilité et notre douceur.
Je vous prie de me faire la faveur de publier Le Verdict en un petit volume autonome. Le Verdict, auquel je tiens tout particulièrement, est certes très court, mais il relève plus du poème que du récit, il a besoin d'espace dégagé autour de lui et il ne serait pas indigne qu'il l'obtienne". Franz Kafka Lettre à son éditeur Ecrit d'une seule traite dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912, Le Verdict est le texte fondateur de Kafka. Jean-Philippe Toussaint en propose ici une nouvelle traduction.
Ce roman pulvérise toutes nos attentes, Maria Stepanova s'y révèle être une véritable artiste". Berliner Zeitung M. est écrivaine. Quelques années plus tôt, son pays a déclaré la guerre à l'un de ses voisins. Désormais en exil, elle s'applique à recréer un nouveau chez-soi, tout en se sentant peu à peu coupée de sa langue : celle qu'elle a parlée toute sa vie, dans laquelle elle a écrit ses livres, celle dont elle tente, aujourd'hui, de se détacher. Alors qu'elle se trouve dans un train en partance pour un festival littéraire à l'étranger, une grève perturbe le programme. Le voyage s'achève dans un village perdu où M. ne connaît personne et son téléphone portable est déchargé. Et si, comme par magie, elle disparaissait ? L'Art de disparaître est un grand roman sur l'exil, la perte de repères et le réenchantement du quotidien par l'écriture. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
Une découverte aussi impressionnante que glaçante. S'appuyant sur des faits historiques réels, porté par le rythme haletant d'une écriture expiatoire, un premier roman stupéfiant, qui dévoile le passé fasciste de la Hongrie et éclaire les montées de l'extrême droite en Europe. Jusqu'ici, Renner était un petit patron d'usine à Budapest. Profitant de son statut de notable, il avait réussi à se soustraire à ses obligations militaires. Mais nous sommes en 1944. Les nazis ont laissé la ville aux mains des miliciens des Croix-Fléchées. Ces derniers, ivres de violence et assoiffés de pouvoir, jurent de rendre la Hongrie aux Hongrois. Or Renner est marié à une Juive. Et il a caché de nombreux Juifs de son personnel. La torture et la mort l'attendent. Sauf que Renner possède un bien précieux dont les miliciens ont grand besoin : son camion. Commence alors pour Renner, étroitement surveillé par son geôlier Robi, un atroce périple au coeur de la capitale exsangue, un chemin de croix morbide sur les traces des corps martyrisés des victimes des Croix-Fléchées.
- Vous avez vu une feuille - sur un arbre, une feuille? - Oui. - J'en ai vu une, l'autre jour, une jaune, encore un peu de vert, un peu moisie déjà sur les bords. Le vent qui la portait. J'avais dix ans, l'hiver, exprès, je fermais les yeux et je m'imaginais une feuille - verte, brillante, avec ses nervures, et le soleil qui brille. J'ouvrais les yeux, je n'y croyais pas, parce que c'était très bien, et je les refermais. - Qu'est-ce que c'est? une allégorie? - Non... pourquoi? Pas une allégorie, non, je dis une feuille, tout simplement, juste une feuille. Une feuille, c'est bien. Tout est bien. (Kirillov et Stavroguine) Veules, médiocres, obscurs, les acteurs de ce drame - une sombre conspiration nihiliste dans une quelconque ville de province - gravitent autour de la figure de Stavroguine, démon baudelairien, "homme de l'orgueil, homme du défi - mais d'un défi dans le vide". Car ce roman (c'est le traducteur qui souligne) "n'existe finalement que pour semer le trouble, égarer, emporter, faire tournoyer, tournoyer, attraper des éclairs, et, à la fin, après plus de mille pages de cyclone, par une espèce de bouffonnerie indifférente, pas même grinçante, non, grotesque, abandonner le lecteur, essoufflé, avec rien. Possédé."