
Jacques Prevel, poète mortel
De ce témoin phosphorescent, Nicolas Rozier se fait à son tour le témoin. Dans une réaction en chaîne régénérante, il tend la main vertigineusement au Prevel intensément poète ? celui qui retrouva chez Artaud ce "vertige né il y a des siècles et qui s'empare de mon vertige". Et par les moyens d'une prose noueuse, tendue comme une perche à quelqu'un qui se noie, Rozier dit simplement ceci : le nom de Jacques Prevel, inséparable aujourd'hui de celui d'Antonin Artaud, n'a pas encore atteint sa propre résonance. Et pourtant ! Lisant Prevel pour la première fois, en avril 1946, Artaud y repère déjà des "revendications émotives qui viennent d'extrêmement loin". C'est que Prevel a aussi misé sur la passion du vivant. Ecoutons de plus près, écoutons vraiment : "je suis le donneur de sang", "je suis un homme à même l'infinité", "revenu des rêves et revenu des morts", "le monde agrandi soudain jusqu'à mon coeur", "le feu blanc de la lumière exsangue", "en dérive vers l'absolu". Zéno Bianu
| Nombre de pages | 60 |
|---|---|
| Date de parution | 23/06/2016 |
| Poids | 73g |
| Largeur | 120mm |
| EAN | 9782372090223 |
|---|---|
| Titre | Jacques Prevel, poète mortel |
| Auteur | Rozier Nicolas ; Bianu Zéno |
| Editeur | CORLEVOUR |
| Largeur | 120 |
| Poids | 73 |
| Date de parution | 20160623 |
| Nombre de pages | 60,00 € |
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