Si, comme la misère et le profit, l'hygiène et la vermine doivent procéder l'une de l'autre pour avoir une chance de prospérer, il est rare de les voir s'épanouir ensemble au même endroit. Quand l'une s'impose, l'autre doit disparaître. C'est darouinien. Dans ce roman ce sont pourtant leurs deux voix irréconciliables (ô magie des Belles-Lettres ! ) qui viennent nous narrer cette lutte fratricide que tous les médias ont fini par n'appeler plus que "Les découvertes macabres de la République". En fait, Place de la République. Voix de Jean-Louis Neuheur d'abord, jeune commerçant shooté (entre autre) par un désir de pureté et de puissance impétueux, jusqu'à devenir le pourvoyeur de cadavres le mieux achalandé du quartier, et voix de Joblard bien sûr, éternel traîne-zinc, en retrait du monde et pas loin du bout, mais cependant toujours prêt à s'enflammer pour la juste cause. Alors évidemment, quand c'est lui qu'on vient accuser d'être un serial-killer... Quant à savoir lequel porte la parole de l'hygiène, et l'autre celle de la vermine... comme dit Grand Max : Y a toujours deux revers à une médaille.
Nombre de pages
232
Date de parution
01/12/2022
Poids
190g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9791094086544
Titre
L'hygiène de la vermine
Auteur
Royon Jean-Marc
Editeur
ESSE QUE
Largeur
110
Poids
190
Date de parution
20221201
Nombre de pages
232,00 €
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On a beau vouloir en finir avec la vie, c'est toujours elle qui a le dernier mot. Et ce jour-là, au bord du Bassin de La Villette, alors que je m'apprêtais justement à rejoindre les canards une bonne fois pour toute, c'est avec la verve inimitable de Grand Max qu'elle est venue me signifier qu'elle en avait pas encore tout à fait terminé avec moi. Et c'est un euphémisme. Parce qu'en réalité, si j'avais su ce que cette saleté me réservait encore, la réapparition de ma Chôse, les Russes, les flics, les cadavres, les rupins, leurs larbins, balancé de pissotières en garde à vue, entre serments d'ivrogne et déboires en tous genres, je crois bien que j'aurais sauté à l'eau plutôt que suivi Max au bistro. Peut-être même que j'aurais trouvé la force de le faire plonger avec moi, ce grand con. . Enfin, de toute façon on était parti pour toucher le fond, alors comme-ci ou comme ça.
Voilà ce qui arrive quand on confond un rituel de deuil avec une promenade de santé. L'intention était pourtant louable d'aller disperser les cendres de Lucien depuis les calanques de Cassis. Et pas seulement pour le remercier d'avoir casser sa pipe en gagnant à la loterie et en nous laissant le ticket. Quand le coeur est usé et que le bonheur arrive en retard, même un petit, c'est souvent fatal. Bref, avec Grand Max, on était donc plutôt parti pour faire ça en beauté, avec les vingt-mille de Lulu. Eloges funèbres, libations d'usage, recueillements ému[jmr1] s, libations d'usage, TGV jusqu'à Saint-Charles, libations d'usage. Mais tout a commencé à dérailler avant même qu'on quitte la Gare de Lyon. Un pauvre avec de l'argent sera toujours suspect, surtout loin de chez lui, c'est comme ça. Pourtant on a rien fait de mal, on a juste fait ce que tout le monde fait partout, tout le temps, on a gardé le pognon. Si encore on avait profité du voyage !
Lorsque Belinda K, jeune chroniqueuse de l'émission Kult, obtient une interview d'Arthur Rathlayde, l'auteur de légende disparu depuis dix ans, c'est le buzz. C'est aussi l'histoire de l'étoile montante qui éclipse les vieilles lunes en provoquant leur jalousie, leur haine et bien sûr, leurs coups bas. Car cette fois-ci, c'est la bonne ! Plus rien ne semble pouvoir empêcher son ascension au pinacle de la célébrité, du pouvoir et de l'argent. Enfin, c'est ce qu'elle aura cru jusqu'à ce que Rathlayde, ironique et facétieux, sorte de son chapeau ce que l'on pensait définitivement écarté du commerce des hommes : l'acte gratuit.
Pour renifler les bonnes pistes, j'ai toujours eu un flair de chausse-pied. Mais qui aurait pu se douter qu'en quittant ma calanque marseillaise pour remonter à Paris, je finirais par retrouver Grand Max dans le Puy-de-Dôme, héritier d'une longère de bourgeois. "Y en a marre de leurs tronches de pain de mie à tous ces premiers de cordée, coupe le poste et viens à la cambrousse ! " disait sa lettre. Ce qu'elle ne disait pas, c'était que son village était devenu une zade exemplaire, en train de s'armer pour la révolution. Oui, vous avez bien lu. La révolution ! Armée ! En Auvergne ! Evidemment, ça ne pouvait pas finir par un coucher de soleil sur le Grand Soir. Mais me retrouver moi, Joblard, soupçonné de terrorisme par les uns et de trahison par les autres, il fallait vraiment que la lutte pour le pouvoir soit tombée bien bas dans ce pays.
La sensibilité mesure la durée de vie moyenne d'une obligation. Un homme à la sortie de son bureau s'arrête et ne repart pas. A la manière d'un moteur qui même immobile reste parcouru d'infimes mouvements, commence un soliloque où l'homme décrit ce qu'il voit, ce qu'il est, ce qu'il devient. A côté, des formules de finances quantitatives, des déclarations du P. D. G d'une entreprise mondialement connue, des inserts plus fictionnels, égrènent une autre musique... L'Immobile a reçu l'aide à la création de textes dramatiques du Centre National du Théâtre en mai 2014. Des extraits du texte ont été présentés le samedi 4 octobre 2014 à la friche la Belle de Mai dans le cadre du Festival Actoral de Marseille. La fiction radiophonique de l'Immobile a été enregistrée en public par France Culture dans le cadre de la semaine "la radio sur un plateau" en partenariat avec Théâtre Ouvert le 11 décembre 2014 à 20h à Théâtre Ouvert et diffusée sur France culture.
Rouge Brut "? Homme de moi, je veux en avoir le coeur. Jusqu'où croire les mots écrits, marqués, répétés sur le front de sa boite, qui me prouve que il n'y a pas autre chose dans le fond de sa boite, Homme de moi livre le vrai, voilà? " Os "Je ne supporte pas le bruit de mastication de la Bouche Enorme derrière sa forêt de micros, trou béant qui, de mots frais, se nourrit. Elle harponne le mot, l'engouffre, puis crache le noyau : un os. De mot". Rouge Brut, Os, deux textes joués, plutôt performés, à deux époques différentes. Deux textes de Stéphane Bonnard qui se répondent sur son obsession de la langue comme lieu du monde.
L'histoire de ce projet revient à ceci que ce que je devais faire n'a pas été fait... c'est pourquoi, je suis là à me demander si j'ai tiré de cette incapacité à m'en tenir et à répondre au dispositif proposé - donné au départ, une espèce de technique ? Ce n'est que plus tard en fait, dans l'exercice que je prends conscience que cette incapacité m'apporte une expression potentielle-nouvelle - quelque chose qui apparaît en se dissimulant (l'expression est belle), la sensation d'une mutation ? Mutation oui peut-être mais à la condition que je ne parle pas que de moi - c'est la transformation indispensable ! Je fais donc un récit sans histoire - où manquent les péripéties mais qui rend attentif, non aux évènements, plutôt à une sorte de sensibilité, une puissance de source, par exemple un vécu qui même s'il n'apporte pas de résultat ferme ou de compréhension définitive - j'appelle ça "passer du ciel à l'étoile" - peut se mettre devant vous comme un musicien avec sa réponse toute prête à être écoutée, entendu même qu'elle peut s'écouter sans oreilles. Eric Da Silva