Anthologie de la pensée noire. Etats-Unis et Haïti (XVIIIe-XIXe siècles)
Rossignol Marie-Jeanne ; Roy Michaël ; Daut Marlèn
HORS D ATTEINTE
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EAN :9782382570937
Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous-mêmes ; imitons l'enfant qui grandit : son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous ! quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux ? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves. Jean-Jacques Dessalines, "Indépendance, ou la mort... " (1804) Poèmes, pamphlets, lettres ouvertes, allocutions, récits de vie... dès la fin du xviiie siècle, aux Etats-Unis et en Haïti - les deux premières nations indépendantes de l'ère des révolutions -, nombre d'auteurs et autrices afro-descendantes ont, dans une grande variété de textes, dénoncé et théorisé l'esclavage, le colonialisme ou encore le racisme. Revendiquant notamment un universalisme qui tienne compte des discriminations raciales, ils ont fait circuler, bien avant W. E. B. Du Bois, l'exigence d'une égalité et d'une indépendance réelles. Qu'ils et elles s'appellent Sarah Parker Remond, Sojourner Truth, Frederick Douglass ou Toussaint Louverture, leurs noms, leur vie et leur pensée, injustement oubliés et effacés, sont de nouveau accessibles grâce à cette anthologie.
Nombre de pages
320
Date de parution
21/04/2023
Poids
454g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782382570937
Titre
Anthologie de la pensée noire. Etats-Unis et Haïti (XVIIIe-XIXe siècles)
Auteur
Rossignol Marie-Jeanne ; Roy Michaël ; Daut Marlèn
Editeur
HORS D ATTEINTE
Largeur
120
Poids
454
Date de parution
20230421
Nombre de pages
320,00 €
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Portes Jacques ; Rossignol Marie-Jeanne ; Fouché N
Sans Europe, pas d'Etats-Unis ni de Canada..., sans ces derniers, plus d'Europe très vraisemblablement, et depuis longtemps. Car si le Vieux Continent et l'Amérique du Nord ne constituent pas une communauté transatlantique, ils sont néanmoins depuis plus de cinq siècles intimement et pour ainsi dire existentiellement liés. Au-delà du rappel des faits marquants dans l'ordre militaire et diplomatique, les auteurs décrivent les mouvements migratoires, les flux commerciaux et financiers, les transferts culturels et les représentations mutuelles des deux espaces. Ils mettent en lumière le mouvement de balancier qui, depuis toujours, voit ces espaces s'attirer ou se rejeter, et se construire l'un par rapport à l'autre. Cet ouvrage qui conjugue histoire et étude des civilisations aborde un pan fondamental de l'étude des relations internationales et apporte un éclairage nouveau sur le couple Amérique du Nord/Europe.
Né dans une plantation du Maryland en 1818, Frederick Augustus Washington Bailey est esclave de père blanc. En 1825, il est envoyé comme manoeuvre à Baltimore, puis loué à un negro breaker (casseur d'esclaves) en 1834. A 20 ans, il s'évade, déguisé en marin, et se réfugie dans le Massachusetts où il prend Le nom de Douglass et participe à des meetings abolitionnistes. En 1845, il publie ses Mémoires dans lesquels il dissèque le système esclavagiste. Celui qui avait appris seul à lire et à écrire - persuadé que aux Etats-Unis l'éducation était la clé de la Liberté - relate sa vie d'esclave et son émancipation, physique et intellectuelle. Douglass sait que la libération passe par la sortie de l'ignorance. Il se mue rapidement en une des grandes figures abolitionnistes des Etats-Unis et en père du mouvement de libération des Noirs. Comme Twelve Years a Slave de Solomon Northup quelques années plus tard, ses Mémoires deviennent un des grands textes classiques sur la condition des esclaves racontée par eux-mêmes et une référence de la littérature antiesclavagiste. En 1852, il déclarera : " Nulle part au monde il n'y a une nation qui soit coupable de crimes aussi sanglants et aussi ignobles que ceux que commettent en ce jour et à cette heure les citoyens des Etats-Unis."
Cet ouvrage emmène le lecteur au coeur des relations méconnues entre les Noirs américains et Haïti, et envisage Haïti comme un prisme essentiel pour comprendre comment ceux-ci pensèrent leur identité au XIXe siècle. Pour ce faire, l'auteure analyse certaines expériences haïtiennes vécues par les Noirs américains tout au long de ce siècle, depuis la première tentative d'émigration volontaire de Noirs libres vers Haïti dans les années 1820 jusqu'à l'exposition universelle de Chicago en 1893, à l'occasion de laquelle Haïti choisit de nommer Frederick Douglass (un ex-esclave devenu abolitionniste puis homme politique américain) premier commissaire de son pavillon. Tout en montrant que l'intérêt que les Noirs américains portèrent à Haïti n'était pas incompatible avec leur lutte pour l'obtention de l'émancipation puis de l'égalité et de la citoyenneté à l'intérieur des Etats-Unis, l'auteure s'attache ainsi à démontrer que, pour les Noirs américains, le XIXe siècle fut, d'une certaine façon, celui d'une expérience diasporique dans l'espace caribéen.
Par un impitoyable glissement sémantique, les mots d'ordre "Ne me libère pas, je m'en charge" ou "L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes" sont devenus "Prenez-vous donc en main : quand on veut on peut" . L'ambition d'émancipation et de transformation sociale est balayée par une injonction à se débrouiller, le pouvoir d'agir est devenu devoir d'agir. Dans la start-up nation, loin du vieux monde de l'Etat social et du syndicalisme, chacun est sommé de devenir entrepreneur de soi-même. De l'affaiblissement de l'emprise idéologique du capitalisme à la construction d'une culture d'émancipation, de la communication non-violente au regroupement entre premiers concernés, d'une action menée depuis l'intérieur du système à l'instauration d'un rapport de force, Adeline de Lépinay, spécialiste de l'éducation populaire et du community organizing, repose les bases de l'organisation collective. S'appuyant notamment sur les mouvements sociaux récents, elle propose des questionnements et des pistes concrètes au service d'une lutte à la fois efficace et démocratique, qui ne tombe pas dans le piège néolibéral.
Blézat Mathilde ; Desquesnes Naïké ; El Kotni Moun
Ce livre s'adresse à toutes les femmes, et parle de ce qu'elles ont toutes en commun : le corps. Puberté, sexualité, contraception, avortement, accouchement, vieillesse, mais aussi riposte et émancipation... A travers de multiples récits d'expérience, des témoignages récoltés lors de groupes de parole et d'entretiens, mais aussi des données médicales et scientifiques, ce manuel féministe propose des outils permettant aux femmes de mieux se connaître et de se sentir plus sûres et plus fortes, ensemble. Paru pour la première fois aux Etats-Unis en 1973, rédigé par un collectif de femmes, Notre corps, nous-mêmes a été adapté dans trente-cinq langues, dont le français en 1977. Ce livre en est une version entièrement réactualisée, écrite par un nouveau collectif, formé de Mathilde Blézat, Naiké Desquesnes, Mounia El Kotni, Nina Faure, Nathy Fofana, Hélène de Gunzbourg, Marie Hermann, Nana Kinski et Méléna Perret.
Les moyens de communication les plus puissants et les plus modernes offrent au mensonge, désormais s mécanisé ', des possibilités susceptibles de le rendre à peu près irrésistible. Les mots sont plus que jamais capables de se transformer en armes meurtrières, au pouvoir de destruction quasiment illimité. Pendant les années de la guerre, les plumes ont été trempées dans le sang, et les épées dans l'encre. Des Derniers Jours de l'humanité (1922) à Troisième nuit de Walpurgis (1933), l'écrivain et satiriste autrichien Karl Kraus n'a cessé de démonter les techniques visant à s'emparer des esprits pour écraser et détruire l'humanité. Le philosophe Jacques Bouveresse revient ici à ses analyses pour les confronter au monde actuel. Une propagande fondée sur l'émotion et la destruction de l'intellect, par laquelle on augmente la tolérance des peuples au mensonge et à la brutalité, accuse ses adversaires des atrocités qu'on commet, et fait croire ses électeurs à une revanche sociale qui n'est en réalité rien d'autre qu'une destruction de la démocratie : voilà qui n'est pas sans résonances avec le comportement de certains dirigeants contemporains.
Ami noir [ami nwar] loc. Généralement utilisé comme gilet pare-balles dans une conversation stérile. Exemple : "Je ne peux pas être raciste, j'ai un ami noir". A travers ce lexique irrévérencieux, véritable guide de survie dans une société dite post-coloniale, Piment, collectif formé de quatre passionnés de cultures afro-diasporiques animant depuis 2017 une émission culturelle désormais diffusée sur Radio Nova, proposent de nouvelles définitions pour des mots et des expressions anciens ou modernes, nécessaires ou superflus, politiques ou humoristiques.