Léon Chautard. Un socialiste en Amérique 1812-1890
Roy Michaël ; Chautard Léon
ANAMOSA
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EAN :9782381910185
Prisonnier politique de 1848, Léon Chautard traverse l'Atlantique pour mener son combat révolutionnaire. Cet itinéraire témoigne avec force des influences entre les mouvements sociaux en France et aux Etats-Unis, du combat populaire pour l'abolition de l'esclavage, de la communauté de destins entre les clubs de Montmartre et de ceux de Boston en pleine Guerre de sécession. Le socialiste Léon Chautard est arrêté dans la foulée des journées de juin 1848 et " transporté " de Montmartre à Belle-Ile, puis d'Algérie et au bagne de Cayenne en 1852, dont il réussit à s'évader. Après des pérégrinations au Surinam hollandais et en Guyane anglaise, il trouve refuge aux Etats-Unis en 1857 où, au contact du milieu abolitionniste, il écrit et publie le récit de son évasion. Cette trajectoire singulière témoigne avec force des influences réciproques et des réseaux de solidarité entre les mouvements révolutionnaires en France et aux Etats-Unis. Elle est aussi emblématique du combat républicain et antiraciste pour l'abolition de l'esclavage en métropole et outre-mer, ainsi que de la communauté de destins entre les clubs de Montmartre et les cercles militants de Boston, à la veille de la guerre de Sécession. Au coeur du xixe siècle insurgé, le récit de Léon Chautard pose en outre un jalon dans l'émergence d'une littérature de témoignage à la croisée du roman picaresque et du récit d'esclave, dont Frederick Douglass, Solomon Northup ou Nat Turner sont aujourd'hui les représentants les plus connus. En situation d'exil politique, le narrateur s'inscrit dans la lignée d'une parole populaire à laquelle il s'associe en tant qu'homme blanc, socialiste et européen. Michaël Roy qui a trouvé, traduit et documenté ce texte ouvre la voie pour une histoire de l'abolitionnisme dont les acteurs internationaux furent aussi bien métropolitains et ultramarins, blancs et noirs, bourgeois et ouvriers.
Nombre de pages
256
Date de parution
06/05/2021
Poids
268g
Largeur
124mm
Plus d'informations
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EAN
9782381910185
Titre
Léon Chautard. Un socialiste en Amérique 1812-1890
Auteur
Roy Michaël ; Chautard Léon
Editeur
ANAMOSA
Largeur
124
Poids
268
Date de parution
20210506
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256,00 €
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Essentiels à l'histoire et la culture américaines, les récits d'esclaves commencent seulement à être visibles en France ; mais que sait-on réellement d'eux, de leur place dans l'abolitionnisme, de leur influence sur la littérature ? Un livre qui fait date et une approche originale de l'histoire de l'esclavage.
Rossignol Marie-Jeanne ; Roy Michaël ; Daut Marlèn
Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous-mêmes ; imitons l'enfant qui grandit : son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous ! quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux ? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves. Jean-Jacques Dessalines, "Indépendance, ou la mort... " (1804) Poèmes, pamphlets, lettres ouvertes, allocutions, récits de vie... dès la fin du xviiie siècle, aux Etats-Unis et en Haïti - les deux premières nations indépendantes de l'ère des révolutions -, nombre d'auteurs et autrices afro-descendantes ont, dans une grande variété de textes, dénoncé et théorisé l'esclavage, le colonialisme ou encore le racisme. Revendiquant notamment un universalisme qui tienne compte des discriminations raciales, ils ont fait circuler, bien avant W. E. B. Du Bois, l'exigence d'une égalité et d'une indépendance réelles. Qu'ils et elles s'appellent Sarah Parker Remond, Sojourner Truth, Frederick Douglass ou Toussaint Louverture, leurs noms, leur vie et leur pensée, injustement oubliés et effacés, sont de nouveau accessibles grâce à cette anthologie.
Valeur travail ", " je cherche du travail "... Les expressions sont légion pour dire combien le travail est au c'ur de nos vies. Pointant les conflits de valeurs qui le traverse afin de les politiser, ce livre questionne la transformation des institutions du travail dans un contexte de désastre écologique, d'injustices sociales accrues et d'épuisement psychique. Depuis dix siècles, le mot travail a pris progressivement pris trois significations principales : activité, production et emploi. Or seules les sociétés capitalistes utilisent ce mot unique pour évoquer autant de dimensions hétérogènes. Déplier le mot permet d'en saisir les enjeux contemporains. Le travail, entendu comme activité, est la peine que nous nous donnons pour faire quelque chose, ce que les sciences cliniques du travail nomment le " travail réel " : une élaboration sensible de l'action, avec et pour d'autres, qui est tendue vers la construction de sens et de santé. L'activité est désirable pour ces valeurs intrinsèques, existentielles. Mais il existe des conditions sociales pour que l'activité puisse se déployer. Or les dispositifs sociaux, et notamment le management, éludent régulièrement cette épaisseur de l'action, réduite à une exécution. Le travail signifie aussi la production concrète réalisée, avec ses qualités et ses valeurs d'usage, et marchandise avec une valeur économique. On peut avoir fait un " beau travail " sans valeur marchande. Ou l'inverse. Savoir ce qu'il est utile de produire et surtout, pour qui c'est utile, est un enjeu constant. Il prend une dimension existentielle dans le contexte d'abondance écocide et d'inégalités matérielles extrêmes. Enfin, le travail désigne aussi, bien sûr, un rapport social d'emploi, et plus particulièrement, depuis un siècle, sa forme dominante dans le Nord : le salariat, devenu l'institution centrale des sociétés capitalistes ayant spécialisé les fonctions et tâches productives. Les actuelles institutions " du travail " (Code, ministère, politiques publiques...) n'encadrent d'ailleurs que l'activité productive salariée. Ainsi, le travail soulève des enjeux existentiels multiples : de sens, de santé, de survie matérielle et écologique, de justice, comme de places sociales. Autant de significations et de valeurs qui sont en rapport, en tension, voire en conflit entre elles. Penser politiquement les rapports entre les valeurs intrinsèques, d'usage et économiques permet de pointer les usages immoraux de la morale du travail. Ce geste offre aussi de questionner les institutions du travail. Quel devrait être leur périmètre, alors que l'essentiel de la production utile pour notre subsistance se fait hors du salariat, et que celui-ci contribue à en réduire la possibilité ? Et quelles utopies concrètes du travail fleurissent, qui répondrait aux enjeux contemporains ... Autant de questions abordées dans ce livre attendu dans la collection " Le mot est faible ".
Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint-Jérôme ? Une tête posée dans la main, marquant la réflexion et qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre, venant interroger quels sont les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint Jérôme méditant ... Une tête posée dans la main, signe évident d'une réflexion, d'une cogitation, ou d'une introspection qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre joyeux et érudit, venant interroger les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Étudier cette pose de la tête pensante sur le temps long relève autant d'une histoire des savoirs qui envisage de manière concrète la production des idées, d'une histoire des corps et d'une histoire des représentations. Depuis l'antiquité, cette mise en scène est devenue une manière, si ce n'est la manière, d'évoquer la réflexion, tout comme la nature du rapport, souvent douloureux et pesant, que nous entretenons avec la connaissance, sa production ou sa transmission. Rythmé par des images en série et organisé en chapitres thématiques, le livre tente de cerner l'émergence de cette pose, dessinant ses premiers contours au travers de la figure du philosophe antique, du poète ou des méditants de la religion chrétienne. S'ensuit une pérégrination historique et anthropologique qui nous fait passer des enfants aux femmes savantes, des érudits mélancoliques aux savants rêveurs, des génies aux scientifiques épuisés de la fin du XIXe siècle.
Les seins des femmes sont-ils le siège visible, désigné, ressenti du féminin ? Ils sont en tous cas au coeur de tensions à la fois intimes et sociales, voire politiques, enjeu de l'assignation des femmes à des normes immémoriales et lieu d'une émancipation revendiquée. Cet essai en dévoile les mille et un signaux à travers une enquête où les femmes livrent leur expérience vécue. Ronds, fermes et hauts, ni trop petits ni trop gros, à la fois sexy et nourriciers, les seins des femmes sont l'objet d'assignations, d'injonctions et de fantasmes innombrables. Or l'expérience de chacune et de chacun est bien loin de se conformer à ces idéaux. Ces standards sont donc fréquemment vécus comme un poison et les seins réels invisibilisé. Camille Froidevaux-Metterie a mené une enquête auprès de femmes de tous âges, qui déroulent le fil de leur existence au prisme de leurs seins : de leur apparition au port du soutien-gorge, de la séduction au plaisir sexuel, du poids des normes esthétiques à la transformation volontaire ou contrainte par la chirurgie, de l'allaitement à la maladie... Grands oubliés des luttes féministes, appartenant à la fois à la sphère intime et à la sphère sociale, les seins condensent le tout de l'expérience vécue du féminin contemporain, soit ce mixte paradoxal d'aliénation et de libération. Ce constat s'inscrit dans une dynamique puissante que l'autrice appelle "tournant génital du féminisme", mouvement de réappropriation du corps des femmes dans ses dimensions les plus intimes : mieux connaître les organes génitaux et leur fonctionnement, lutter contre les violences sexistes et sexuelles, revendiquer l'accès à une sexualité libre et égalitaire placée sous le signe du consentement. Dans la pluralité de leurs formes et la liberté de leur condition, les seins participent de ce mouvement. Au cours de son enquête, l'autrice a réalisé des portraits des seins des femmes qui évoquent avec force en regard des verbatims et de l'analyse de cette "expérience vécue des seins".