« Longtemps l'apanage de quelques savants retirés du monde et parlant entre eux un jargon spécifique, l'étude historique de l'antique civilisation mésopotamienne commence à se diffuser timidement hors de sa thébaïde. Il y eut d'abord quelques trouvailles archéologiques retentissantes : Ur et ses tombes royales, splendides et sinistres, remplies d'or et de chefs-d??uvre, mais aussi des cadavres de la cour, assassinée pour accompagner son souverain dans l'outre-tombe ; Mari, son palais labyrinthique et ses prodigieuses archives ; les ruines d'Ebla, avec sa documentation écrite tout aussi copieuse? Il y a eu la découverte, par le grand public, notamment à travers des expositions fameuses, de l'art, puis de l'écriture de cet antique pays. Et l'on commence à s'aviser qu'une meilleure intelligence de la continuité historique nous interdit d'arrêter la remontée de notre passé au monde grec, d'une part, biblique de l'autre, mais nous incite à poursuivre plus haut encore, jusqu'aux limites de la connaissance historique, jusqu'aux plus anciens documents écrits ? en Mésopotamie, vers trois mille ans avant notre ère. C'est là, nous le savons aujourd'hui, qu'il faut chercher nos plus vieux papiers de famille, et nos plus vieux parents identifiables en ligne ascendante directe. Je me félicite que nous soit donné à tous, professionnels aussi bien que grand public cultivé, cet ouvrage de Georges Roux, guide excellent, clair, complet, agréable à lire, qui rappellera aux premiers et révélera aux seconds la trajectoire entière de cette antique civilisation exemplaire, désormais intégrée à notre patrimoine. » Jean Bottéro, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (assyriologie) Georges Roux (1914-1999), né en 1914 à Salon-de-Provence, de famille provençale, a vécu une partie de sa jeunesse à Alep et à Beyrouth. Après des études médicales et la Seconde Guerre mondiale, il apprend les langues akkadiennes et sumériennes. En tant que médecin à l'Iraq Petroleum Compagny, il séjournera deux ans à Qatar et près de sept ans à Bassorah, en Iraq, ce qui lui permettra d'acquérir une connaissance approfondie des sites historiques et archéologiques mésopotamiens. Bilingue, le docteur Georges Roux a publié en anglais de nombreuses études historiques dans la revue Iraq Petroleum et, toujours en anglais, un ouvrage qui s'est révélé un classique du genre : Ancient Iraq, chez Allen & Unwin, Londres, en 1964, livre régulièrement réédité depuis lors chez Penguin.
Nombre de pages
480
Date de parution
01/02/1985
Poids
1 101g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782020086325
Titre
La Mésopotamie
ISBN
2020086328
Auteur
Roux Georges
Editeur
SEUIL
Largeur
165
Poids
1101
Date de parution
19850201
Nombre de pages
480,00 €
Disponibilité
Epuisé
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On commence à s'aviser qu'une meilleure intelligence de la continuité historique nous interdit d'arrêter la remontée de notre passé au monde grec, d'une part, biblique de l'autre, mais nous incite à poursuivre plus haut encore, jusqu'aux limites de la connaissance historique, jusqu'aux plus anciens documents écrits - en Mésopotamie, vers trois mille ans avant notre ère. C'est là qu'est née alors la plus vieille haute civilisation connue. C'est là, nous le savons aujourd'hui, qu'il faut chercher nos plus vieux papiers de famille, et nos plus vieux parents identifiables en ligne ascendante directe. Je me félicite que nous soit donné à tous, professionnels aussi bien que grand public cultivé, ce guide excellent, clair, complet, agréable à lire, qui rappellera aux premiers et révélera aux seconds la trajectoire entière de cette antique civilisation exemplaire, désormais intégrée à notre patrimoine."
Août 1936. Sur la place centrale du petit village de Céreste, un homme de vingt-neuf ans, grand, beau, et fine allure, descend de l'autocar qui assure la ligne Avignon-Digne : René Char, le poète. Va s'ensuivre, avec le jeune habitant du village qui l'attend, et l'admire, Georges-Louis Roux, une longue histoire d'amitié. Amitié des années heureuses, mais aussi amitié des années de guerre : c'est dans la région que René Char passera la période 1941-1944, devenant le résistant qu'on connaît, sous le nom de " capitaine Alexandre ". Georges-Louis Roux a questionné les derniers témoins de l'époque, et nous livre un récit d'une importance capitale pour la compréhension des hommes et du temps. Par le prisme du petit village qu'est Céreste et du grand résistant qu'était René Char, c'est toute la chronique française des années sombres qui nous est donnée à voir. " Pars en colère contre le monde ", avait dit René Char à Georges-Louis Roux. Certains hommes ont su appliquer cette maxime.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...