?Comment rendre hommage à Alain Viala, à la fécondité de ses travaux, à l'inventivité de son oeuvre sans le transformer en académicien empaillé ? Puisqu'un de ses buts est de décloisonner les genres et d'éviter les prêts-à-penser, on pouvait tout risquer. Des contributeurs enthousiastes ont donné à leur hommage des formes choisies, entre le poème, le témoignage affectueux et la réflexion érudite s'inscrivant dans le prolongement des concepts qu'il a imposés en histoire, sociologie et théorie de la littérature. L'ensemble est ponctué de quelques textes d'Alain Viala, qui dessinent un parcours, menant des postures d'écrivains qui font la dynamique centrale du champ littéraire jusqu'aux bizarreries qui occupent les marges de ce champ. Ce trajet suit le fil des opérations critiques qui ont marqué de manière décisive la pratique des études littéraires : historiciser la littérature, mettre à jour les mécanismes de la valeur, exhiber les tensions et leur fécondité, traverser les frontières, s'engager... Le trajet d'une révolution qui refuse (l'histoire littéraire des grands hommes), revendique (une méthode), désordonne et brouille pour créer du nouveau.
Bien avant Tolkien et les romantiques, le siècle de Louis XIV s'inventait déjà un Moyen Age de fantaisie. A la cour, les nobles jouent aux chevaliers et combattent des géants. Dans les romans, à l'opéra, dans les contes, on croise Clovis et Charlemagne, des fées et des troubadours. Si l'on connaît bien les usages de la mythologie dans la représentation du pouvoir de Louis XIV, cet imaginaire médiéval reste quant à lui peu exploré. Temps des origines -du christianisme, de la nation et de la monarchie -, le Moyen Age est un important lieu de pouvoir au XVIIe siècle : on y cherche les preuves de l'ancienneté d'une famille, on y légitime les prétentions d'une couronne. Le passé médiéval est aussi un objet de plaisirs : ravissements coupables de lecteurs - et surtout de lectrices - métamorphosés en nouveaux Don Quichotte, fêtes galantes, divertissements de l'opéra... En unissant plaisirs et puissance, l'imaginaire médiéval du Grand Siècle interroge les pouvoirs des récits et des spectacles au siècle de Louis XIV. Et bien au-delà, jusqu'à notre présent.
Ce dossier porte sur le théâtre à machines en France, depuis les années 1640 jusqu'à la période révolutionnaire. Il étudie les techniques utilisées pour imiter le mouvement du Soleil, faire voler les dieux et les déesses, éblouir les spectateurs... Il interroge les effets et les pouvoirs de ces techniques. La surprise qu'elles suscitent est en effet contradictoire : à la fois source de plaisir et d'adhésion, et violence qui piège et trompe le spectateur. Le théâtre à machines apparaît alors comme le lieu d'une réflexion sur le pouvoir.
Le Manuel de la pratique clinique en psychologie et psycho pathologie présente une réflexion sur les bases et les concepts fondamentaux qui définissent la pratique clinique en psychologie et psychopathologie dans toute sa diversité pour s'adapter aux différents objets et situations cliniques rencontrés dans la pratique en se fondant sur la théorie et la pratique psychanalytique et en la développant en fonction des différentes formes de pratique. L'ouvrage aborde successivement : la méthode associative et sa polymorphie le transfert et ses différentes configurations les fonctions du dispositif clinique et ses aménagements selon les capacités d'élaboration des sujets l'écoute des besoins psychiques impliqués dans le travail thérapeutique et le processus de symbolisation ainsi que les formes d'intervention du thérapeute. Un chapitre consacré à la recherche inhérente à l'activité clinique complète l'ouvrage. Cette nouvelle édition est entièrement revue et actualisée pour tenir compte des recherches en psychologie dans les différents champs d'application et de l'évolution des pratiques en clinique.
Boisseau Maryvonne ; Chauvin Catherine ; Delesse C
Alors que l'on s'intéresse aujourd'hui à l'épistémologie de la traductologie, cet ouvrage réexamine les relations complexes qu'elle entretient avec la linguistique. Conscients que la linguistique ne peut rendre compte à elle seule de tous les paramètres socio-culturels, stylistiques et situationnels qui interviennent dans l'acte de traduction, mais également certains qu'on ne peut faire l'économie de la linguistique dès lors qu'il s'agit de tenter de comprendre les processus en jeu, les collaborateurs de ce volume mettent en lumière l'interaction entre les deux disciplines tant au niveau épistémologique que théorique et méthodologique. S'intéressant à différents genres de textes dans des langues diverses (anglais, français, italien, allemand), prenant en compte les évolutions théoriques récentes ainsi que les développements technologiques de ces dernières décennies, cet ouvrage propose un éclairage diversifié sur la traduction en tant que contact des langues, approche déjà illustrée par la perspective contrastiviste développée en France par Jacqueline Guillemin-Flescher. A la fois mise en débat d'idées reçues et remise en perspective des problèmes qui se posent au théoricien, au comparatiste et au traducteur, il s'adresse à tous ceux que la réflexion sur la traduction, la traductologie et la linguistique intéresse.
Le volume n°12 rassemble plusieurs inédits du romancier Jean Giono, dont deux longs extraits jusqu'alors inconnus d'une version de Deux cavaliers de l'orage (1965). Les carnets de travail de l'écrivain font l'objet d'une autre publication inédite prolongeant pour l'année 1959 un témoignage sur l'activité de polygraphe de Giono. La partie critique du volume reprend les principales communications prononcées à l'occasion des "Rencontres Giono" de 2018 à Manosque, placées sous le signe des héroïnes gioniennes. C'est toute une galerie de portraits de femmes fortes (et d'âmes fortes) qui s'y trouve brossée, de Pénélope et Hélène de Troie à Ennemonde, en passant par Pauline de Théus, par les spécialistes de l'oeuvre de Giono. Un cahier iconographique en couleurs présente une "belle édition" de l'oeuvre de Giono, ici celle du Haut pays illustrée en 1965 par Pierre Ambrogiani. Une bibliographie actualisée de l' "année gionienne" 2018 clôture l'ouvrage.