Une suite de textes, une série de singularités, chacune délimitant un paysage tissé d'événements simplement évoqués, d'habitudes de " penser " qui s'organisent en concepts. Un fil invisible court de l'un à l'autre, trace d'une présence au jour le jour, d'année en année ; entêtement salvateur dans un monde énigmatique, un monde où la patience devient nécessité pour saisir à travers les pièges de la relation les fulgurances souvent voilées de transferts les plus variés. L'ensemble de ces textes de Danielle Roulot se présente comme un théorème s'articulant rigoureusement par lemmes, corollaires, contradictoires, le tout obéissant, par discipline, à une logique abductive : toile de fond, à multiples feuillets, où nous devons déchiffrer les inscriptions, les " extractions " d'une psychiatrie concrète où, sur fond de liberté, peuvent émerger des configurations, des formalisations, marquées à tout jamais par le précaire. Tout ceci n'est possible que par une vie partagée, depuis plus de trente ans, entre la solitude et l'ouverture, l'accueil de l'autre dans sa déréliction. Courage qui se manifeste dans une ténacité pour préserver la complexité d'Autrui contre toutes les entreprises de réduction, de " simplification ", qui équivalent à la mise à mort du désir, de l'âme, de l'idiotype de tout un chacun.
Nombre de pages
169
Date de parution
06/09/2006
Poids
298g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782913376786
Titre
Paysages de l'impossible. Clinique des psychoses
Auteur
Roulot Danielle ; Oury Jean
Editeur
CHAMP SOCIAL
Largeur
160
Poids
298
Date de parution
20060906
Nombre de pages
169,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Un jour de grande lassitude, j'aurais voulu écourter l'entretien avec Priandre, mais il m'a arrêtée tout net:"Il faut me laisser vous parler plus longtemps: vous comprenez, si vous me laissez parler un quart d'heure, les mots gardent leur sens deux ou trois jours et alors je peux parler avec les autres. Que veut dire le mot chapeau?"" Voilà bien l'aveu de transfert le plus étonnant que j'aie jamais entendu, le plus émouvant aussi... La question de Priandre me surprend, me déroute puis me fascine... Mais oui, que veut dire...? Je partage son questionnement désespéré. Parce qu'il faut que je comprenne, non pas ce que veut dire le mot, ni ce qu'il veut me dire-il ne veut rien me dire, il ne sait pas m'avoir dit- mais qu'il attend au contraire que je lui dise un "secret". "En un éclair, je sais que si je peux maintenir ce questionnement avec lui, j'aurai saisi l'essence de la schizophrénie. De quoi parle-t-il? Quelle est cette zone qu'il cherche à scruter? Là où pour moi il n'y a rien? Le lieu où il vacille? Le gouffre ouvert pour lui là où, pour moi, le sol est uni? De quel secret suis-je détentrice sans jamais l'avoir su?" Danielle Roulot.
Avec plus de quarante-cinq ans de présence auprès des schizophrènes, Danielle Roulot nous ouvre une approche clinique où se rencontrent différentes dimensions de l'avec schizophrénique. Il s'agit de ce que présente le patient au thérapeute, à l'équipe soignante et aux autres patients. La façon de recevoir d'un schizophrène quand on l'accueille s'articule avec le transfert, et c'est ce dont il est question avec les nombreux personnages de patients qui parsèment cet ouvrage.
suivi de En hyperfocale par OLIVIER LEGRE. Préface de MICHEL BALAT. En remettant en lice le concept de surmoi, le premier des entretiens entre Jean Oury et Danièle Roulot articule les ruses de la culpabilité objective, les pressions « pathoplastiques » de l'institution avec la censure subjective du concept de Surmoi. Le leitmotiv de Jean Oury qui pense l'intrication entre l'aliénation sociale et l'aliénation psychique permet d'oeuvrer à résister aux formatages institutionnels dans un double mouvement : analytique et politique. Résister à la formalisation, c'est refuser d'être complice de l'injonction d'un monde où tout est similaire ; c'est aussi introduire une négativité : « Quand rien ne manque, il manque quelque chose qui est rien ». Les cinq autres dialogues revisitent en crescendo les concepts d'identification, d'hystérie, de forclusion, de schizophrénie et de polyphonie à la lumière des effets institutionnels.
Nous sommes en 1690. Pour le Roi Soleil, le sucre est une denrée précieuse. Il faut intensifier le commerce triangulaire, et encourager plus de travailleurs à aller aux îles. C'est dans ce contexte que débarquent en Martinique Jean Rouen, fils d'un drapier normand, et le Père Labat pour y vivre la grande aventure du Rhum... Le scénariste Tristan Roulot (Hedge Fund) et le dessinateur dessinateur Mateo Guerrero (Gloria Victis) combinent leur talent pour mettre en scène cette nouvelle fresque épique en bande dessinée. Une épopée familiale dense et ambitieuse, dans la lignée des Maître de l'Orge, où l'histoire du rhum et de l'esclavage sont intimement liés.