1789 a doté le citoyen d'un nouveau corps juridique, politique et social. Dans la littérature postrévolutionnaire, écrire le corps, c'est scruter les marques inscrites dans les chairs par la loi, les signes tracés par la société, les cicatrices laissées par l'Histoire. Les études réunies dans ce volume interrogent ces nouveaux paradigmes de la représentation littéraire du corps dans quatre perspectives : en premier lieu est explorée la signification politique qu'il prend chez Sade, Balzac ou dans le théâtre révolutionnaire ; est développée ensuite une analyse du difficile transfert du corps du roi, dégradé chez Michelet, au corps du peuple chez Dumas ou à celui d'un nouveau Christ chez les saint-simoniens ; en troisième lieu, l'interrogation porte sur les modalités de l'incarnation de l'Histoire chez les personnages de Chateaubriand, de Balzac ou de Barbey d'Aurevilly ; enfin est étudiée la relation entre corps et création, dans la poésie de Baudelaire ou dans l'écriture autobiographique de George Sand. Du théâtre comme espace où l'acteur incarne les rôles sociaux au roman où la corporéité ancre le personnage dans l'Histoire, ce volume montre comment la littérature du XIXe siècle a recouru au corps pour figurer les rapports, souvent conflictuels, de l'individu à la société, au politique et à l'Histoire.
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Nombre de pages
309
Date de parution
09/11/2005
Poids
505g
Largeur
160mm
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EAN
9782862723846
Titre
Corps, littérature, société (1789-1900)
Auteur
Roulin Jean-Marie ; Frantz Pierre ; Mombert Sarah
Editeur
PU SAINT ETIENN
Largeur
160
Poids
505
Date de parution
20051109
Nombre de pages
309,00 €
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Qui suis-je ? et que viens-je annoncer de nouveau aux hommes ? " Cette question qui ouvre l'Essai sur les Révolutions inaugure l'œuvre de Chateaubriand et la hante tout entière. La quête d'identité menée à travers les personnages romanesques (de René à Aben-Hamet) ou historiques (Rancé) et dans les prises de positions esthétiques ou religieuses du Génie du Christianisme trouve son aboutissement dans le magistral autoportrait des Mémoires d'Outre-Tombe, épitaphe au tombeau muet et solitaire du Grand-Bé. Dans un jeu subtil de miroirs, Chateaubriand projette son image dans ses créations d'où émerge, dans un reflet magnifié, la figure mythique d'un écrivain. Cette figure, vacillant entre la déréliction et l'amour, se construit au sein même de l'antithèse de l'exil et de la gloire. Noble provincial, relégué à un ordre de valeurs et à un temps que la Révolution a rendus caducs, à la fois puissant et défaillant, le père occupe le centre de gravité de cette quête identitaire. Par la grâce de la métaphore, il étend son ombre à l'appréhension du social, de l'Histoire et, surtout, de l'esthétique sous l'avatar du " modèle littéraire ". Aussi cet essai remonte-t-il aux origines fantasmatiques de l'identité pour dépasser dans un second temps le plan psychanalytique et en suivre le déploiement dans le parcours d'une oeuvre, conquête de la Plume aux dépens de l'Epée et du Crucifix.
Le dix-neuvième siècle a une mère auguste, la Révolution française. Il a ce sang énorme dans les veines", écrit Victor Hugo. De 1789 à la première guerre mondiale, les écrivains ont continûment pensé la Révolution au présent. Ils s'en sont emparés dans tous les genres et sur tous les modes : portés par la puissance évocatoire de l'imaginaire, le roman noir ou le conte, le drame ou le poème, le récit réaliste comme le mythe et la légende ont concurrencé les savoirs historiographiques. La Révolution, avant de devenir lieu de mémoire républicaine, cristallise les polémiques sur le sens de l'histoire, le rapport de l'individu au devenir de la nation, la nécessité de la violence à l'oeuvre dans le développement des civilisations. A travers les romans, pièces de théâtre ou poèmes d'auteurs de premier plan (Chateaubriand, Balzac, Hugo, Lamartine, les Goncourt, Anatole France) et d'écrivains méconnus, cet ouvrage analyse comment la mise en fiction permet de problématiser et de modéliser ces questions décisives, et qui ne cessent de resurgir jusque dans notre présent.
L a Société d'Etudes Anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles a été créée en 1975 par les professeurs J. Béranger, J. Dulck et R. Ellrodt. Son champ de recherche s'étend de la naissance de Shakespeare aux Lyrical Ballads de Wordsworth et Coleridge ou, si l'on veut, de la fin de la Renaissance au début du Romantisme. Cette tranche d'histoire, qui va jusqu'aux années 1830 en ce qui concerne les études américaines, forme un tout cohérent particulièrement riche dans les domaines de la littérature (roman, théâtre, etc.), de l'histoire des idées politiques, économiques, scientifiques, esthétiques, et tout ce qui concerne les grands enjeux sociaux de la civilisation occidentale moderne et contemporaine. La Société publie deux fois par an sa Revue (RSEAA XVII-XVIII) centrée sur des thèmes de recherche explorés lors de colloques annuels ou à l'occasion d'une réflexion collective dans le cadre de la préparation aux concours de recrutement de l'enseignement français (Agrégation. Capes). Ce volume porte sur Tristram Shandy de Laurence Sterne, Pride and Prejudice de Jane Austen, Some Thoughts Concerning Education de Locke, la philosophie politique de Thomas Jefferson et la Royal Academy of Arts. sous les signatures de Peter de Voogd, Jens Gurr. Anne Bandry-Scubbi, Brigitte Friant-Kessler, Pierre Goubert, Marie-Laure Massei-Chamayou, Pierre Lurbe, Jean-François Baillon, Elise Marienstras et Thierry Labica.