CHATEAUBRIAND. L'EXIL ET LA GLOIRE. DU ROMAN FAMILIAL A L'IDENTITE LITTERAIRE
ROULIN JEAN-MARIE
CHAMPION
52,00 €
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EAN :9782852033733
Qui suis-je ? et que viens-je annoncer de nouveau aux hommes ? " Cette question qui ouvre l'Essai sur les Révolutions inaugure l'oeuvre de Chateaubriand et la hante tout entière. La quête d'identité menée à travers les personnages romanesques (de René à Aben-Hamet) ou historiques (Rancé) et dans les prises de positions esthétiques ou religieuses du Génie du Christianisme trouve son aboutissement dans le magistral autoportrait des Mémoires d'Outre-Tombe, épitaphe au tombeau muet et solitaire du Grand-Bé. Dans un jeu subtil de miroirs, Chateaubriand projette son image dans ses créations d'où émerge, dans un reflet magnifié, la figure mythique d'un écrivain. Cette figure, vacillant entre la déréliction et l'amour, se construit au sein même de l'antithèse de l'exil et de la gloire. Noble provincial, relégué à un ordre de valeurs et à un temps que la Révolution a rendus caducs, à la fois puissant et défaillant, le père occupe le centre de gravité de cette quête identitaire. Par la grâce de la métaphore, il étend son ombre à l'appréhension du social, de l'Histoire et, surtout, de l'esthétique sous l'avatar du "modèle littéraire" . Aussi cet essai remonte-t-il aux origines fantasmatiques de l'identité pour dépasser dans un second temps le plan psychanalytique et en suivre le déploiement dans le parcours d'une oeuvre, conquête de la Plume aux dépens de l'Epée et du Crucifix.
Date de parution
27/09/1994
Poids
720g
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EAN
9782852033733
Titre
CHATEAUBRIAND. L'EXIL ET LA GLOIRE. DU ROMAN FAMILIAL A L'IDENTITE LITTERAIRE
ISBN
2852033739
Auteur
ROULIN JEAN-MARIE
Editeur
CHAMPION
Largeur
0
Poids
720
Date de parution
19940927
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Le dix-neuvième siècle a une mère auguste, la Révolution française. Il a ce sang énorme dans les veines", écrit Victor Hugo. De 1789 à la première guerre mondiale, les écrivains ont continûment pensé la Révolution au présent. Ils s'en sont emparés dans tous les genres et sur tous les modes : portés par la puissance évocatoire de l'imaginaire, le roman noir ou le conte, le drame ou le poème, le récit réaliste comme le mythe et la légende ont concurrencé les savoirs historiographiques. La Révolution, avant de devenir lieu de mémoire républicaine, cristallise les polémiques sur le sens de l'histoire, le rapport de l'individu au devenir de la nation, la nécessité de la violence à l'oeuvre dans le développement des civilisations. A travers les romans, pièces de théâtre ou poèmes d'auteurs de premier plan (Chateaubriand, Balzac, Hugo, Lamartine, les Goncourt, Anatole France) et d'écrivains méconnus, cet ouvrage analyse comment la mise en fiction permet de problématiser et de modéliser ces questions décisives, et qui ne cessent de resurgir jusque dans notre présent.
De la Révolution à la Grande Guerre, la littérature en France a reconfiguré le désir pour le même sexe. Elle a doté les personnages d'homosexuel(le)s d'une histoire, en a dessiné le portrait moral et physique. L'écriture contrainte et allusive, qui travaille dans les interstices de la langue et, le plus souvent, aux marges des intrigues, est prise entre deux écueils : celui de la censure, qui vise à anéantir une réalité en lui déniant un nom, et celui d'un vocabulaire qui nomme celle ou celui qui aime un être de son sexe par les mots de la damnation (sodomite) ou de l'opprobre (gouine, gougnotte), puis de la pathologie (l'inverti). Balzac, Dumas, Lamartine, Sand, Flaubert, le jeune Mauriac et d'autres encore jouent avec les poncifs en suggérant d'autres sexualités que l'hétérosexualité, d'autres affinités que l'entente conjugale. Ce numéro examine les stratégies par lesquelles, au XIXe siècle, le roman, le théâtre, la poésie ou les correspondances ont nommé l'innommable et donné, par la fiction, une existence à l'homosexuel(l)e.