Extrait Extrait de l'avant-propos (Le pays réel) Nous avions rapproché amoureusement nos chaises au bord du bassin de Marie de Médicis, dans le jardin du Luxembourg, et nous étions si parfaitement seuls au monde sous le soleil de mai, que cet ami peintre qui nous aperçut - et il n'en fit la confidence que bien plus tard -évita délicatement de nous saluer. On ne dérange pas le bonheur. Mains entrelacées, nous poursuivions notre conversation infinie qui souvent se penche sur cette longue histoire, née il y a plusieurs milliers d'années, et dont nous procédons tous deux : elle en ligne directe, moi par un rameau enté. Elle, elle est ma fiancée juive pour qui j'ai écrit et chanté un long blues de douze minutes, un chant d'amour courtois comme au Moyen-Âge - et peu importe ce qu'on pouvait en dire («Car la honte l'indiffère / Puisqu'Amour le commande et veut» - il s'agit ici de Lancelot, mais je fais miens ces deux vers de Chrétien de Troyes) - où il est question également d'un voyage à Jérusalem, plus précisément d'une visite au Mur des lamentations, enfin au Mur de l'ouest, dernier vestige du second temple détruit par les Romains.
Nombre de pages
128
Date de parution
08/04/2010
Poids
166g
Largeur
112mm
Plus d'informations
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EAN
9782361660024
Titre
Evangile (selon moi)
Auteur
Rouaud Jean
Editeur
BUSCLATS
Largeur
112
Poids
166
Date de parution
20100408
Nombre de pages
128,00 €
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En 1871, une Constance Monastier, jeune épouse d'un maître soyeux des Cévennes, n'a a priori rien à partager avec un Octave Keller, proscrit de la Commune de Paris, réchappé de la semaine sanglante et de ses 30 000 morts. Tout les oppose, leur milieu, leurs convictions, et pourtant c'est bien cette Constance qui profitera d'un incident de parcours pour fausser compagnie aux autres voyageurs, et fuir à travers les monts cévenols avec ce vagabond fiévreux trouvé blessé sur le chemin. Octave aura trois jours pour donner à la jeune femme une autre image de ceux qu'on appelle les communeux. De quoi évoquer la haute figure de l'Admirable, autrement dit d'Eugène Varlin, de quoi la convaincre que la justice et la générosité font un très honnête programme, de quoi le réconcilier, lui, hanté par les visions du massacre, avec le meilleur de la vie, de quoi découvrir ensemble que l'amour n'a pas déserté, alors que tout autour le monde ancien bascule dans la modernité, que le cheval cède devant le train, que le cinéma s'annonce, et que le roman en aura bientôt fini avec ce genre d'histoires...
Ils sont morts à quelques semaines d'intervalle : d'abord le père, puis la vieille tante de celui-ci, enfin le grand-père maternel. Mais cette série funèbre semble n'avoir fait qu'un seul disparu : le narrateur, dont le vide occupe le centre du récit. C'est à la périphérie et à partir d'infimes indices (un dentier, quelques photos, une image pieuse) que se constitue peu à peu une histoire, qui finira par atteindre, par strates successives, l'horizon de l'Histoire majuscule avec sa Grande Guerre, berceau de tous les mystères.
Kiosquier de la rue de Flandres, de 1983 à 1990, Jean Rouaud a disposé d'une fenêtre sur le Paris populaire, cosmopolite. Défilent les figures pittoresques du quartier, galerie d'éclopés, de vaincus, de ratés, de rêveurs, dont le destin inquiète l'apprenti-écrivain engagé dans sa quête littéraire encore obscure, et qui se voit vieillir comme eux. Au-delà, on retrouve l'aventure d'un homme qui se fait l'archéologue de sa propre venue aux mots.
La maison imaginaire, celle dont nous avons hérité, procède d'un Livre : la Bible, présente à chaque instant de nos vies, avec la part visible de son héritage - l'exubérance des cathédrales, les innombrables marques qu'elle a laissées dans notre langage et dans nos modes de pensée, les milliards de représentations que les artistes en ont tirées. De son éducation religieuse, Jean Rouaud a appris à lire les images : ce Christ glorieux qui au fil des siècles se fait de plus en plus souffrant, de plus en plus humain, rendant de moins en moins crédible sa sortie de la mort. Mais il faut compter aussi avec la part invisible, à savoir la dette contractée envers le judaïsme qui a fait de nous ce que nous sommes. L'impossibilité de rembourser cette dette, nous dit l'auteur, a nourri de siècle en siècle, de bûchers en pogroms et jusqu'à sa mise en oeuvre par les nazis, une volonté d'extinction du monde juif. La méditation philosophique et religieuse s'entrelace avec le récit autobiographique. Il s'agit pour l'auteur de retrouver les sources de son imaginaire, qu'il localise clairement dans les textes sacrés de la chrétienté, où puise la culture juive, mais aussi au-delà dans les profondeurs du temps qu'on nomme injustement la préhistoire. L'écriture de Jean Rouaud, fluide et pénétrante, joue avec divers niveaux de langue, mélangeant la complexité érudite et un ton parfois amusé, reliant des informations éparses, cherchant à donner peu à peu une cohérence aux matériaux accumulés au cours d'une vie, pour édifier, pierre à pierre, son palais poétique.
Les cinq récits de ce recueil nous entraînent avec humour et fantaisie dans des villes qu'Eduardo Manet revisite avec sa verve d'écrivain et son regard de cinéaste. Boston, Agadir, Londres, Irun et Hendaye ou ce village indien, perdu dans la jungle, sont plus que le décor d'histoires d'amour, de rupture, de jalousie, de meurtre ou d'initiation. Violence dans le Boston chic; révélation mystique au-dessus de la Tamise; passion aux portes du désert; aventure trouble aux frontières du Pays-basque; naïveté salutaire des terres indiennes encore vierges. Après un demi-siècle de théâtre et de romans, Eduardo Manet revient aux récits: un pur plaisir.
Devant les choses, il y a les mots. Derrière certains mots, il n'y a pas grand'chose. C'est ce qui fait toute leur importance. La vie ne vaut d'être vécue que dans l'exacte mesure où elle est remplie jusqu'à ras bord d'objets nuls, de faits inexistants et de verbes défectifs. De longues et futiles recherches ont été nécessaires pour définir ces territoires qui bordaillent le néant, présentées ici dans le seul ordre justifié à régir l'univers: l'ordre alphabétique.
Une très longue amitié unissait Chantal Pelletier et Kriss, la Kriss, inoubliable voix de Fip et de France inter, morte un jeudi gris de novembre 2009. Pour apprivoiser sa peine et poursuivre le dialogue avec celle qui demeure, pour elle, Doguina la voyageuse, la bosseuse, l'amoureuse du bleu de l'eau, du bleu du ciel, de tous les bleus qui font la lumière, l'écrivaine a rédigé un journal dont elle a écrit quelques pages tous les jeudis pendant vingt quatre semaines. Partant du terrible jeudi de son enterrement et remontant le temps au fil des souvenirs, Chantal Pelletier trace un portrait lumineux, sensuel, drôle de Kriss et partage avec nous leur folie douce, leurs horizons, leurs rêves et leurs fous rires. L'écriture souple et sensuelle de Chantal Pelletier est soie et griffe, noire et bleue. Comme la vie.
Pour la première fois dans sa déjà longue carrière de nouvelliste, GO Chateaureynaud compose ici un recueil thématique. Résidence dernière nous offre 3 nouvelles autour du thème des résidences d'écrivain. Tonalité fantastique pour l'évocation d'un univers d'un troublant réalisme. La solitude de l'écrivain en résidence, ses effrois, ses rencontres, ce à quoi l'exposent ses hôtes..., Chateaureynaud décrit par le menu le quotidien improbable et si bien observé et juste des auteurs pris au piège de ces résidences qui leur promettent du temps pour écrire dans des lieux éloignés. Il s'amuse à se faire peur et à nous faire peur. Frissons d'horreur, d'angoisse, de passion, les trois nouvelles ont chacune leur tempo, leur séduction propre. Mais toutes trois ironiques et parfaites suscitent le rire, le trouble, la fascination.