Pour un écrivain comme Philip Roth, réputé nourrir ses romans de sa propre substance, en revenir aux faits permet de faire le point, de démêler le vrai du faux, de se rendre, finalement, visible à soi-même. Car, si la fiction personnalise l'expérience, l'autobiographie la personnifie. Mais il ne s'agit pas, chez Roth, d'autobiographie candide : l'imagination est encore et toujours au pouvoir, qui préside au choix des faits et à la perspective où ils sont vus. La question pourrait bien être, ici : comment devient-on l'auteur de Portnoy, le créateur de Kepesh, Tarnopol et autres Zuckerman ? Les épisodes choisis sont en effet ceux mêmes qui ont façonné l'écrivain, l'écrivain qui offre à ses personnages, à son personnage essentiel, ces éléments d'autobiographie, et qui en reçoit, pour finir, une volée de bois vert. Car, si d'en revenir aux faits marque une révolte de l'écrivain contre ses personnages, les personnages aussi se révoltent contre l'écrivain : "Qui sommes-nous d'ailleurs ? questionne Zuckerman. Ton autobiographie ne nous apprend rien de ce qui, dans ta vie, nous a fait surgir de toi." Pourtant, c'est là tout le sujet des Faits : ce qui, dans la vie de Roth, conduit à Portnoy et à Zuckerman ; ce qui, dans l'ordinaire d'une vie, conduit à l'extraordinaire de la création.
Nombre de pages
228
Date de parution
22/11/1990
Poids
300g
Largeur
140mm
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EAN
9782070721450
Titre
Faits
Auteur
Roth Philip ; Waldberg Michel
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
19901122
Nombre de pages
228,00 €
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Along with Saul Bellow's Herzog, Philip Roth's Portnoy's Complaint defined Jewish American literature in the 1960s. Roth's masterpiece takes place on the couch of a psychoanalyst, an appropriate jumping-off place for an insanely comical novel about the Jewish American experience. Roth has written several great books--Goodbye, Columbus and When She Was Good among them, but it is perhaps Portnoy's Complaint for which he is best known.
Le sergent Marx, de retour d'Europe en 1945, est affecté dans une compagnie d'instruction où il a sous ses ordres un jeune soldat juif, Sheldon Grossbart. À sa demande, Marx intervient pour que les juifs de la Compagnie puissent se rendre à la synagogue le vendredi soir. Peu à peu, il se rend compte que le jeune soldat le manipule... Dans la banlieue de New York, un jeune garçon en première année de « high school » se lie d'amitié avec deux fils d'immigrants italiens, Albie Pelagutti et Duke Scarpa, promis à un brillant avenir de gangsters. Quinze ans plus tard, il se souvient... Deux nouvelles pétillantes d'intelligence et d'humour qui démontent les rapports ambigus de la société américaine et du monde juif.
Ce roman est un apologue de l'aliénation. Un professeur de littérature comparée, spécialiste de Gogol et de Kafka, s'est métamorphosé en une sorte de "glande mammaire" comme on en voit parfois en rêve ou sur les peintures de Dali. De cette situation, Philip Roth tire des effets du plus haut comique et de la plus franche obscénité. Mais au-delà du scandale, de tous les rapprochements kafkaïens, le lecteur découvre à travers cette allégorie surréalisante un déchirant appel, une étrange méditation sur la vie et sur ce qui fait l'identité d'un homme.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.