Garwolin, un shetl, au sud de Varsovie, début du XXe siècle. Wulf observait son petit-fils Yankel s'absorber dans la contemplation du ruissellement de la pluie sur la vitre de la fenêtre. Chaque jour, celui-ci reprenait son voyage secret, muet et solitaire. Pour Wulf, Yankel était un Luftmentsh, un "homme de l'air". Il ne se lançait dans aucune entreprise hasardeuse. C'était lui-même qu'il lançait en l'air pour flotter, là-haut. Il était un regardeur de vents, un contemplateur de nuages. Enfant arrêté au seuil du langage, resté à jamais illettré et peu enclin à la parole, il devient ouvrier tailleur grâce aux soins attentifs de Moyshe, héritier des Lumières et membre du Bund, le parti socialiste révolutionnaire juif. Yankel est témoin de l'effervescence d'une jeunesse assoiffée de culture et de modernité qui s'arrache au traditionalisme hassidique pour les promesses d'un monde nouveau, celles du sionisme et du Bund, face aux nationalistes antisémites polonais.
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Nombre de pages
333
Date de parution
18/03/2021
Poids
364g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782491526085
Titre
Yankel. Celui qui parlait peu
Auteur
Rotfus Michel
Editeur
ELAN DES MOTS
Largeur
130
Poids
364
Date de parution
20210318
Nombre de pages
333,00 €
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Longtemps j'ai espéré trouver plus que des traces - des témoignages - sur ceux des membres de ma famille paternelle disparus quelque part en Galicie, entre 1941 et 1943. De leur vie avant la Catastrophe, je n'ai trouvé que très peu de fragments, allant d'un télégramme reçu en 1926 à quelques lettres évoquant d'heureux moments en Galicie et à Vienne. Je les ai insérés dans des récits de diverses sortes : romans, articles de journaux, travaux d'historiens, témoignages directs, documents officiels. Pour comprendre qui étaient mes parents, parmi des dizaines de milliers de juifs "assimilés" comme eux, j'ai parcouru des dizaines d'années au sein de l'Empire austro-hongrois et des nations qui lui ont succédé. En définitive, j'ai renoncé à expliquer, pour évoquer des événements dont les enchaînements dépassent ma compréhension.
Cet ouvrage présente une suite de quinze récits, qui illustrent les parcours d'une génération - la plupart nés entre 1860 et 1875 - fréquentant la Revue Blanche (1891-1903). Cette génération s'est révélée au tournant du XXe siècle, jusqu'à la Grande guerre, parfois bien au-delà. Elle manifeste l'originalité et l'intensité de la "Belle Epoque" en trois domaines : l'organisation de la paix face à la mondialisation ; l'exercice de la justice dans le respect de son indépendance, bafouée dans l'affaire Dreyfus ; une littérature et des arts engagés dans des voies d'une audace sans précédent. Au fil de ces récits, on rencontre, entre autres, Léon Blum, alors écrivain, militant - comme Péguy - aux côtés de Jaurès ; Félix Fénéon, anarchiste, "celui qui silence" (selon Jarry) ; Jules Renard, socialiste et dreyfusard véhément ; Pierre Bonnard metteur en images des épopées d'Ubu ; Thadée Natanson complice d'Octave Mirbeau ; enfin Misia, "reine de Paris", provocatrice et inspiratrice de grands créateurs, écrivains, peintres, musiciens, chorégraphes et stylistes.
Heidegger a prétendu "dépasser" Nietzsche, qui, selon lui, est le dernier des métaphysiciens. En réalité, sous couleur d'une philosophie radicalement nouvelle - et qui ne se réclame que de Parménide et d'Hölderlin -, Heidegger transforme celle-ci en une pseudo- méditation sur l'Etre et sur l'Humain (le Dasein, l'être-là). Or, ce n'est qu'un retour à une théologie raciale, intolérante, clivante, dont son antisémitisme n'est qu'une facette. Nietzsche, se libérant d'une pesante tradition, qui entraîne au mépris de la vie et conduit à l'autodestruction, montre la médiocrité de la "pensé Heidegger" et la fausseté de son interprétation de l'oeuvre nietzschéenne. En particulier, il montre que la conception du temps chez Heidegger est une apologie de la "mortalité" d'où la "vitalité" - qu'il juge animale - est absente ou dépréciée. Nietzsche, réduisant Heidegger à un piètre penseur, fait oeuvre de salubrité publique.
Quand nous voyons une vaste étendue de gazon, nous devrions nous rappeler que sa douceur - et sa beauté dépend avant tout de cela -, est surtout due à ce que les inégalités ont été lentement nivelées par les vers. Il est merveilleux de songer que la terre végétale de toute surface a passé par le corps des vers, et y repassera encore, au bout d'un même petit nombre d'années. La charrue est une des inventions les plus anciennes et les plus précieuses de l'homme, mais longtemps avant qu'elle existât, le sol était de fait labouré régulièrement par les vers de terre et ne cessera jamais de l'être. Il est permis de douter qu'il y ait beaucoup d'autres animaux qui aient joué dans l'histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d'une organisation aussi humble". Charles Darwin