Que se serait-il passé si Adam n'avait pas péché ? Le récit de la Chute ne raconte pas seulement comment le premier homme et la première femme ont désobéi et ont été chassés du jardin de l'Eden. C'est en même temps un instrument formidable pour penser philosophiquement la nature humaine, ses potentialités et ses limites, pour dessiner les différents plans d'une anthropologie complexe et diversifiée. La rupture du péché originel, qui instaure un Avant et un Après de la nature humaine, a représenté un défi intellectuel, une provocation pour la philosophie que la pensée médiévale (et moderne) a voulu recueillir et affronter. Cette nécessité s'est faite d'autant plus pressante que d'autres modèles anthropologiques devenaient disponibles, au premier rang desquels le modèle aristotélicien, où l'idée d'une rupture dans l'histoire humaine ou d'une naturalité scindée n'avait pas sa place. Les réflexions sur la Chute ont donné lieu à des débats importants sur le langage, la liberté et le mal, le bonheur, les passions, le corps, la vie et le pouvoir politique, le droit, le travail, qui sont l'objet des chapitres du présent livre, rédigés par des spécialistes reconnus du Moyen Age, philosophes et historiens. Prises ainsi dans leur dimension anthropologique, ces questions autour de la Chute deviennent un véritable modèle épistémologique pour penser la naturalité de l'homme et son histoire, en termes de dégradation ou de progrès, ce qui donne à l'ouvrage un intérêt qui dépasse l'époque médiévale, et rejoint des questionnements que l'on retrouvera notamment à l'âge classique.
Date de parution
23/06/2016
Poids
606g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782859449582
Titre
ADAM LA NATURE HUMAINE
ISBN
2859449582
Auteur
ROSIER
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
160
Poids
606
Date de parution
20160623
Disponibilité
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Le Dic'Autre, ou Dictionnaire des Savoirs Autres, nous entraîne dans une vertigineuse spirale de connaissances au sein de mondes, de lieux et d'époques plus divers les uns que les autres (histoire, ésotérisme, philosophie, symbolique, géobiologie, art sacré, religions, mythologies, légendes, astronomie, celtisme, science, thérapies...). Grâce à la sagesse de l'auteur, Louis Rosier, qui manipule cette variété de données avec fidélité tout en y introduisant une pâte personnelle, le lecteur traverse ces vastes domaines avec intérêt car, même lorsqu'il les connaît, le narrateur y aura diffusé un éclairage totalement... Autre ! En effet, les informations, extrêmement variées, que recèle l'ouvrage ont été patiemment récoltées par Louis Rosier depuis de longues années ; au fur et à mesure de sa quête, ce " chercheur " a inlassablement ordonné ses découvertes, ses transcriptions et ses notes, avec le souci essentiel de pouvoir les partager avec le plus grand nombre. On réalise vite que cet ouvrage ne constitue pas une simple compilation de données éparses. Et s'il fait l'intérêt du simple curieux autant que de l'initié, c'est bien aussi pour toutes ces qualités inhérentes à l'esprit de son créateur : celles d'un " éclectisme éclairé ", d'une curiosité fondamentale, d'un sens " encyclopédique "... et d'un goût pour le voyage dans toutes les dimensions possibles, du temps comme de l'espace.
La vision hiérarchisée du phénomène littéraire n'est pas neutre. Elle entraîne et disqualifie le plus souvent les auteurs, les modes de lecture et les lecteurs familiers des genres non légitimés par les élites : bande dessinée, roman policier, sentimental, d'espionnage... Ces classements n'ont plus guère de sens alors que la lecture est elle-même une compétence en recul.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.