Une esthétique du laid ? Et pourquoi pas ? L'esthétique est aujourd'hui un terme collectif qui recouvre un large groupe de concepts, qui à son tour se divise en trois classes distinctes. La première concerne l'idée du beau, la deuxième le concept de sa production, c'est-à-dire l'art, la troisième le système des arts, la représentation du beau au moyen de l'art dans un medium déterminé. Nous avons l'habitude de regrouper les concepts qui appartiennent à la première de ces classes sous le titre de métaphysique du beau. Mais quand on analyse l'idée du beau, on ne saurait en dissocier l'étude du laid. Le concept du laid, le beau négatif, constitue donc une partie de l'esthétique. Il n'y a pas d'autre science à laquelle on pourrait le rattacher, et par conséquent c'est à juste titre qu'on parle de l'esthétique du laid. Personne ne s'étonne de ce que la biologie traite du concept de maladie, ou l'éthique du concept du mal, les sciences juridiques du concept d'injustice, les sciences religieuses du concept de péché. Parler de théorie du laid, ce serait exprimer avec moins de précision la généalogie scientifique de ce concept. Du reste j'aurai à justifier ce terme en exposant cette généalogie... "
Nombre de pages
404
Date de parution
27/10/2004
Poids
504g
Largeur
140mm
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EAN
9782842421786
Titre
Esthétique du laid
Auteur
Rosenkranz Karl ; Muller Sibylle ; Raulet Gérard
Editeur
CIRCE
Largeur
140
Poids
504
Date de parution
20041027
Nombre de pages
404,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Voici enfin mise à la disposition du public français la Vie de Hegel par Karl Rosenkranz. Publiée en 1844, treize ans après la mort de Hegel, citée dans d'innombrables commentaires de l'?uvre hégélienne, cette première biographie du philosophe par un de ses disciples est un classique de la biographie philosophique, soucieuse de restituer le sens des ?uvres autant que celui d'une vie, en les reliant en outre au contexte historique. Au-delà des éclairages qu'elle apporte, à la faveur d'une irremplaçable proximité chronologique et spirituelle, sur la genèse de la pensée hégélienne, elle fournit un précieux tableau de la vie universitaire dans l'Allemagne du premier tiers du XIXe siècle, mais surtout du bouillonnement intellectuel qui a marqué cette époque. L'Apologie de Hegel contre le docteur Haym, qui lui fait suite, permet de faire le point, quatorze ans après, sur la réception contrastée de l'hégélianisme en Allemagne, au moment où la montée du nationalisme modifie la perception des aspects les plus marquants de la philosophie de Hegel. Réponse à Rudolf Haym, l'auteur de Hegel et son temps, la deuxième grande biographie consacrée à Hegel (parue en 1857), ce texte de combat prend place dans les vicissitudes du post-hégélianisme qui parvient au terme de sa décomposition. A quelque distance l'une de l'autre, la Vie et l'Apologie forment un tout, instructif par ce qu'il montre de la puissance d'une pensée aux prises avec le temps qui s'en nourrit et qui l'attaque.
Einstein Albert ; Rosenkranz Ze'ev ; Zékian Stépha
Octobre 1922 : Albert Einstein s'embarque à Marseille pour un voyage de six mois qui le conduira en Extrême-Orient, à Hong Kong, à Shanghai et au Japon, puis en Palestine et en Espagne. L'auteur de la théorie de la relativité est alors l'homme le plus célèbre au monde, parlant d'égal à égal avec les souverains et les chefs d'Etat, accueilli partout par des foules enthousiastes. Et pendant ce temps, en Allemagne, sa tête est mise à prix par les milices d'extrême droite. Or, pour la première fois Einstein tient un journal, un journal de bord, où il note ses impressions, raconte avec humour les menus incidents du voyage, décrit les paysages de l'Orient et les personnages pittoresques qu'il rencontre. Il découvre des mondes nouveaux, des mondes rêvés Il se confronte à la réalité coloniale et fait l'expérience, plus difficile qu'il ne pensait, d'une autre relativité : celle des cultures. Une conscience esthétique et politique s'exprime et s'affirme. L'un des plus grands génies de tous les temps se révèle sans pudeur et sans aucune censure dans sa vie quotidienne et dans son intimité. C'est ce journal qui est maintenant publié pour la première fois en français.
Colwell Guy ; Rosenkranz Patrick ; Bertrand Nicola
Tu t'es déjà tapé un type sous acide qui n'a pas vu une chatte depuis trois ans et demi ? " Ainsi débute Inner City Romance, le chef-d'oeuvre de Guy Colwell. Des histoires d'amour, de sexe et de drogue, mais pas seulement. Toute l'oeuvre de Colwell transpire les idéaux du flower power apparu aux Etats-Unis à la fin des années 1960. Guy Colwell est un dessinateur de bande dessinée underground et un peintre américain. En 1964, il refuse de s'engager dans l'armée et connaît la prison. Il fait partie de ces artistes qui, de Robert Crumb à Art Spiegelman, ont révolutionné la BD occidentale. Les 5 numéros d'Inner City Romance ont été publiés par l'éditeur Last Gasp, de 1972 à 1978. Ils n'avaient jamais été recueillis en album ni intégralement traduits en français. Préface de Patrick Rosenkranz
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.