La cochenille, de la teinture à la peinture. Une histoire matérielle de la couleur
Roque Georges
GALLIMARD
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EAN :9782072852312
L'ouvrage de Georges Roque, l'un des plus grands spécialistes mondiaux de la couleur en art, est consacré au pigment rouge tiré de la cochenille, insecte hémiptère que les peintres ont utilisé à partir de la seconde moitié du XVIe siècle. Il entreprend de remonter à la création de cette couleur qui, comme d'autres dès le Moyen Age, était obtenue par la préparation, le broyage d'insectes, de plantes, de minéraux ou de mollusques. La méthode proposée rompt avec la façon commune d'approcher les couleurs, généralement analysées avant tout sous l'angle esthétique. Il s'agit, à partir du cas particulier de la cochenille, d'aborder la couleur comme la partie d'un tout complexe dans lequel la valeur esthétique est certes présente, mais corrélée à la valeur économique et à la valeur socio-politique. Originale et plurielle, la démarche de Georges Roque convoque aussi bien l'histoire économique et l'industrie textile que les disciplines scientifiques de pointe. De Séville à Venise et à Amsterdam, il invite ainsi à porter un regard neuf sur les chefs-d'oeuvre de Velàzquez, Titien, Véronèse, Rembrandt, Renoir ou Van Gogh.
Nombre de pages
325
Date de parution
29/04/2021
Poids
622g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782072852312
Titre
La cochenille, de la teinture à la peinture. Une histoire matérielle de la couleur
Auteur
Roque Georges
Editeur
GALLIMARD
Largeur
160
Poids
622
Date de parution
20210429
Nombre de pages
325,00 €
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Qu'est-ce que l'art abstrait? On connaît, croit-on, la réponse c'est le non-figuratif et il naît du côté de Kandinsky vers 1913. La réalité, pourtant, est autre. D'abord, parce que le débat sur l'abstraction est antérieur à l'émergence de l'art abstrait. Nourri par de multiples discussions, le terme circule dans les ateliers d'artistes avec des acceptions très diverses, de Courbet à Cézanne, de Van Gogh à Matisse, et sera au coeur des arguments pour et contre le fauvisme, puis le cubisme. Ensuite, parce que l'idée d'art abstrait a souvent changé de sens, parfois chez les mêmes artistes. Etudier, au plus près des oeuvres et des écrits de peintres comme de la réception critique, la migration du terme et les significations nouvelles dont il se charge permet à Georges Roque de saisir l'art abstrait sous une lumière tout à fait autre. Dépassant les deux écoles très historiques dans leur approche (l'esthétique ou formaliste: en épurant les couleurs, les peintres ont atteint l'abstraction; la spiritualiste ou absolutiste: en devenant visionnaires, les peintres ont atteint l'essence), il révèle l'abstraction comme une grammaire de la ligne et de la couleur, dont il nous permet de redécouvrir la fraîcheur des signes
La couleur? Longtemps elle a semblé échapper à toute appréhension, son caractère "accidentel" a découragé toute science. Sur elle on ne pouvait fonder un art. D'où la prééminence du dessin. Puis Newton établit que la lumière blanche n'est pas homogène mais composée. À sa suite, Buffon puis Goethe font leur place aux couleurs d'origine physiologique qu'ils rapportaient à l'oeil percevant. Les années 1840 marquent, elles, le grand tournant dont nous demeurons les héritiers: Chevreul, savant chimiste, remet en question les rapports admis de l'oeil avec l'objet perçu. Il établit la loi générale qui régit la perception des rapports entre couleurs contiguës. Une revalorisation de la couleur s'ensuivit qui a exercé une influence considérable sur plusieurs générations de peintres: Delacroix, les impressionnistes, Van Gogh, Gauguin, Seurat, Signac, les symbolistes, les futuristes et Delaunay. Le changement de paradigme ouvre sur la conquête des voies propres de la couleur qui conduiront la peinture jusqu'à l'abstraction.
Cet ouvrage étudie les rapports complexes entre couleur et lumière. Ces rapports n'avaient pas encore été étudiés sous l'angle de la dépendance de la couleur à l'égard de la lumière, puis son difficile affranchissement. La question est abordée sous différents angles. D'abord interroger les rapports entre les deux premiers parmi les trois critères qui définissent d'ordinaire une couleur donnée (teinte, clarté et saturation). Puis questionner l'opposition classique faite entre le Nord coloré et le Sud lumineux. Enfin réfuter l'idée selon laquelle l'aventure de la couleur dans l'art moderne à partir de l'impressionnisme aurait consisté à se focaliser sur les couleurs "spectrales" en éliminant le noir.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.