Elle a été socratique, rhétorique ou tragique. On en a fait un trait d'esprit, une forme de sarcasme ou de cynisme. On l'a dite douce ou mordante. On lui a donné des vertus politiques (jusqu'aux sombres utilisations berlusconiennes). Elle a revêtu l'ombre du sort avant de devenir une posture mondaine. Tout est ironique. Tout peut le devenir à peu de frais. Tel livre, tel film, telle ?uvre d'art, tel (bon) mot entouré d'?illades appuyées, tel rictus contenu mais tremblant à la commissure des lèvres, tout devient, ou est devenu ironie. C'est la posture de l'époque, l'estampillage facile qui désigne les nouvelles futilités du sens, l'alibi ou le vernis culturel d'une vacuité bientôt revendiquée. Souvenons-nous de Socrate, premier écart d'une pensée qui déroute nos certitudes... Mais Platon veillait au grain et la philosophie a vite oublié cette forme de complexité. Dès lors le malentendu s'est installé... pour longtemps. Ces avatars historiques et philosophiques n'ont pourtant pas épuisé toute l'énergie de l'ironie. L'ambition de ce livre est de retracer l'aventure philosophique de ce concept en reconsidérant ses enjeux critiques à partir de traits essentiels : l'invention d'un retard, un esprit de déplacement et de claudication, une certaine idée de l'écart et de la modernité, une inconciliation. L'auteur porte ici le débat esthétique sur les images et le cinéma. En confrontant la dynamique ironique à la question du remake, il étend la critique aux industries culturelles. Contre les programmations du regard, l'ironie ouvre un chemin critique, à l'écart des habitudes.
Nombre de pages
236
Date de parution
17/03/2007
Poids
394g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782252036204
Titre
De l'ironie. Enjeux critiques pour la modernité
Auteur
Rongier Sébastien
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
394
Date de parution
20070317
Nombre de pages
236,00 €
Disponibilité
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Les fantômes sont partout : dans la littérature comme dans le cinéma, la photographie, la peinture, la philosophie, les sciences, la technologie et même dans notre vie psychique. Mais qu'est-ce qu'un fantôme ? L'essai Théorie des fantômes tente d'offrir une réponse à cette question. Le fantôme est certes une figure de la peur, mais se pencher sur les formes de la revenance, c'est apprendre à penser les images et les formes artistiques. Envisager le fantôme comme mode de définition de l'image, c'est revenir aux sources culturelles de l'image (étymologies, formes artistiques, questions esthétiques et philosophiques). Ce parcours permet de penser le fantôme comme enjeu esthétique mais aussi question anthropologique puisque le fantôme nous place devant une représentation de la mort et un dispositif de mémoire. Qu'est-ce qu'un fantôme ? Réponse qui, de Pline à Derrida, de Platon à Spinoza, de Poussin à Hippolyte Bayard, de Homère à Shakespeare, de Hitchcock à M. Night Shyamalan, de Botticelli à Mankiewicz, de Kubrick à Benjamin, d'Aristote à Boccace, de Dante à Oliveira, de Barthes à Alain Cavalier, de Mesmer à Billy Wilder, de Proust au Général Instin, cherche à donner les contours esthétiques du fantomatique et des images en s'appuyant sur de nombreuses analyses d'oeuvres littéraires, artistiques et cinématographiques. Cette hantise de la mort qui traverse les oeuvres et la pensée nous permet d'envisager le fantôme comme un acte esthétique fondamental.
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