Dans son acception courante, le mot " fiction " renvoie à deux champs sémantiques bien distincts. L'un définit un espace de représentation avec sa réserve de figures équilibrées, construites sur des situations, des événements dont le modèle vraisemblable correspond à ce qu'on nomme communément la " réalité ". Par ailleurs, le registre du fictif caractérise un manque, un déficit ontologique au coeur de notre expérience du réel : est fictif ce qui n'existe pas. On peut faire résonner cette absence de consistance avec la notion d'" imaginaire " et l'on notera avec raison qu'il existe des points de rencontre entre ces deux champs. C'est à cette zone commune que l'auteur de Double feinte — Territoire des fictions secondes s'attache en choisissant de courtes séquences qui montrent des actions fictives incrustées comme des pierres précieuses à l'intérieur d'oeuvres fictionnelles. Par exemple : boire un verre sans verre, jouer aux cartes sans cartes, etc. Ces gestes exécutés pour de faux sont issus de l'histoire de l'art lointaine ou rapprochée : du monde de l'image (photo, cinéma) et de l'écrit (littérature, théâtre) considéré dans ses relation avec la théâtralité, matrice de tous les simulacres, lieu privilégié du " comme si ".
Nombre de pages
192
Date de parution
28/05/2019
Poids
250g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9791096415212
Titre
Double feinte. Territoire des fictions secondes
Auteur
Rondepierre Eric
Editeur
TINBAD
Largeur
140
Poids
250
Date de parution
20190528
Nombre de pages
192,00 €
Disponibilité
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Eric Rondepierre travaille à partir d'un corpus cinématographique dont il exploite les ressources insoupçonnées. Contrebande retrace l'histoire d'une de ces recherches menée dans les Balkans. Dans l'atmosphère sordide d'un cinéma porno, il découvre une " nouvelle image " dont il décrit abondamment les variations, les procédures, les conditions concrètes d'apparition et qu'il résume en une équation " moins x sur deux égal un ". Narration, souvenirs, réflexions et descriptions se mêlent pour donner à Contrebande toute la saveur concrète d'un témoignage.
Cela se passe dans les Balkans, sur fond de guerre en ex-Yougoslavie. Enfermé dans un sous-sol, un homme se souvient et se raconte: l'expérience du théâtre; sa fascination pour le cinéma; un divorce qui le conduit à vivre dans une cave. Jusqu'au jour où il rencontre R.V., le chef énigmatique d'une organisation (le CIRC) dévolue à la préservation du patrimoine filmique menacé de disparition dans cette région. Il va se laisser recruter, pour mener en guerrier halluciné les opérations de sauvegarde et de catalogage qui lui sont confiées. Semblable à ces espions "dormeurs" placés en terre ennemie, il se fond d'abord avec ce qu'il y a autour de lui comme un photogramme suivant aveuglément le peuple des images d'un film. Il y a donc des caves, des sous-sols, une guerre, des frontières, tout un va-et-vient d'activités et de réfugiés. Des personnages passent, disparaissent, dont l'insaisissable Eva, l'aventurière, l'amante. Mais en se mettant à découper des photogrammes dans les pellicules qui passent entre ses mains, le narrateur se place bientôt en rupture avec les missions du CIRC. L'issue ne peut être que fatale... Avec La Nuit Cinéma, Éric Rondepierre nous dévoile les coulisses de son ?uvre photographique. Récit initiatique, autofiction et réflexions esthétiques se mêlent dans un roman épuré où la guerre - conjurée par le jeu, la fantaisie et l'humour - est le décor d'une traversée de la nuit suivie d'un hypothétique retour à la lumière: celle d'après le cinéma...
Dans ce nouveau numéro plus expérimental et transdisciplinaire que jamais, on trouvera : un dossier sur le poète Jacques Sicard ; un ensemble de textes sur l'un des livres les plus radicaux de l'année 2016, (L)ivre de papier ; des journaux intimes (Jacques Cauda) ou extimes (Marc Pierret) ; des premiers textes (Quentin Rouchet) ; des écritures sur le cinéma (Jean Durançon, Jacques Sicard et Guillaume Basquin) ; de la poésie pure, voire expérimentale (Pascal Boulanger, Lionel Fondeville, Perrine Le Querrec, Philippe Jaffeux) ; et enfin un texte théorique d'Éric Rondepierre sur Jeff Wall. « Dans ces pages on semble vouloir appliquer à la lecture - toute lecture : de films, de livres, de photos, etc. - le voeu de Godard à une époque (d'ailleurs rappelé au détour d'un texte de Basquin, l'animateur de la revue) : "Ne pas écrire sur les choses ; mais à partir des choses". Ce qui suppose immersion plutôt que position en aplomb, et davantage dialogue que jugement » (A. Dufraisse in Ent'revues).
Jacques Henric publie son premier livre, Archées, en 1969 dans la collection d'avant-garde littéraire fondée par Philippe Sollers, « Tel Quel », au Seuil. À la fois romancier, essayiste et critique, il a publié vingt-sept livres inclassables à ce jour. Il participe, avec sa femme Catherine Millet, à la fondation de la revue Artpress, dont il est le directeur littéraire depuis plus de quarante ans. Cet essai, qui est le premier à lui être consacré, interroge plus particulièrement l'un des grands thèmes de sa pensée : que peuvent les images ? Au début était-il le Verbe ou l'image ? Pourquoi tant d'iconoclasmes à travers les âges ? De quoi cela est-il le symptôme ? Doit-on adorer les images ou les haïr ? Personne, en France, n'a autant ni mieux creusé ces questions qu'on pourrait presque qualifier de théologiques. Deux chapitres de son essai Le Roman et le sacré, « L'image entraîneuse » - « Le texte vaurien », commençaient de répondre à ces interrogations.
L'Italie. Le matin. La couleur rose des pierres et du ciel. Le bruit d'ailes des pigeons. Après une nuit d'un intense vacarme intérieur. Vous émergez d'un état de fatigue tenace et ancienne. Harassé et pourtant doué étrangement d'une énergie neuve. Carrousels s'ouvre sur ce réveil-là, sur cette manière de naissance-là. Un de ces moments de lucidité aiguë qu'on connaît après dépression ou usage abusif de toxiques, au cours duquel l'histoire du monde et votre histoire singulière vous apparaissent soudain dans un fantastique télescopage de formes, couleurs, de sons et de mots. Aux souvenirs personnels, aux images de votre débâcle intime se mêlent visages et événements de l'histoire ancienne ou contemporaine. Le roman - à la fois autobiographie, essai, carnet de voyage, poème, récit historique, journal intime... - est construit autour de trois axes : trois voyages, effectués à un court intervalle l'un de l'autre, en Grèce, à Jérusalem, en Italie.